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Politique.
Un de nos lecteurs dénonce la
prorogation pour deux ans de la loi sur l’état d’urgence. Il
dénonce une manœuvre destinée à empêcher les citoyens d’exercer
leur rôle politique.
Non à l’état d’urgence
J’ai été choqué quand j’ai lu dans les
journaux que la loi d’urgence serait prolongée de deux ans
supplémentaires. Ceci a eu lieu la semaine dernière, lorsque
l’Assemblée du peuple a accepté à la majorité la demande du
gouvernement de prolonger l’état d’urgence. Le gouvernement a
renforcé sa demande en exploitant des incidents qui ont eu lieu
récemment. Notamment les récents heurts sanglants entre coptes
et musulmans à Alexandrie, qui ont fait suite à des attaques
contre des églises de la ville, le 14 avril dernier. Mais aussi
les attentats terroristes de Dahab (sud-est du Sinaï), qui ont
fait 18 morts le 24 avril et ceux du nord de la péninsule, deux
jours plus tard.
Il y a maintenant 25 ans que l’état d’urgence
nous est imposé. Cette loi est en vigueur depuis l’assassinat de
l’ex-président Anouar Al-Sadate par des islamistes en octobre
1981. On a eu des lueurs d’espoir lorsque le chef de l’Etat,
Hosni Moubarak, avait promis aux Egyptiens, avant sa réélection
en septembre 2005, de l’abroger. Pourtant, le gouvernement a
exploité ces incidents comme des prétextes qui lui accordent une
période durant laquelle il aurait le temps d’élaborer une
nouvelle loi. Il s’agit de la loi contre le terrorisme que tous
les Egyptiens savent plus rigoureuse encore que celle sur l’état
d’urgence. Peut-être le pouvoir ne cherche-t-il que ses intérêts.
Et ce sont nous les pauvres citoyens qui devons payer le prix,
c’est-à-dire ne pas pouvoir exercer des activités politiques
alors que le président nous promet la démocratie chaque année
dans son discours.
Hassanein Mégahed, avocat, Alexandrie.
Notre boîte de Pandore
Pandore, dans la mythologie grecque, est la
première femme qu’Héphaïstos façonna avec de la terre et de
l’eau pour en faire l’instrument de la vengeance divine, selon
la mythologie grecque. Lorsque Pandore ouvrit la jarre que Zeus
lui avait confiée après y avoir enfermé les misères humaines,
celles-ci se répandirent sur la terre et seule l’espérance resta
au fond. A chaque fois que je regarde la télévision ou lis les
journaux, je me rappelle toujours cette légende. Pour la simple
raison que le gouvernement égyptien ressemble beaucoup à Pandore
! Chaque jour, on entend parler de catastrophes. A commencer par
le naufrage du ferry Al-Salam 98, où tout le monde veut
connaître le vrai criminel. Comme à chaque catastrophe, on
laisse fuir le criminel sans aucun châtiment.
Ensuite, ce fut au tour de la grippe aviaire
de se propager partout dans le monde où plusieurs pays ont été
touchés par cette épidémie. Mais ils ont cependant réussi à
affronter cette crise. Sauf en Egypte, où nous sommes incapables
de prendre nos précautions, et faire face avec fermeté.
Enfin, l’ignoble dernier acte terroriste qui
a eu lieu au Sinaï. Idem, les réactions du gouvernement n’ont
pas été à la hauteur : ignorance, incapacité, laisser-aller ...
C’est pourquoi je dis que le gouvernement
ressemble à Pandore : il ouvre la boîte et plus de maux et de
catastrophes se répandent sur l’Egypte, mais la vraie
catastrophe c’est la façon d’agir envers ces différentes crises.
Et puis n’oublions pas l’humiliation avec
laquelle nos juges ont été traités dernièrement à cause de leurs
contestations. Alors, Pandore, que caches-tu encore dans ta
boîte ?!
Sarah Mohamad Chéhata,Le Caire.
L'affaire des pubs
« Ce produit fait beaucoup de choses, il fait
le ménage, il aide les enfants à faire leurs devoirs, il apporte
le bonheur à ta vie ». Ce n’est pas un magicien qui parle, mais
ce sont là les paroles que nous trouvons dans une publicité. Les
médias exagèrent pour attirer les gens.
On trouve beaucoup de publicités à la
télévision, à la radio, dans la rue aussi, dans le train, le
bus, le métro, dans les journaux, sur toutes les places, c’est
comme l’eau, et l’espoir de vie pour les grands vendeurs.
Moi, j’ai peur de dormir et de trouver les
publicités dans mes rêves aussi, car c’est un cauchemar. Comment
ces publicités arrivent-elles à toucher les gens, et
spécialement les enfants pour vendre quelque chose de mauvais,
d'inutile ou même de pas hygiénique pour la santé ? Depuis
longtemps dans le monde communiste, et aussi au Japon, les gens
n'étaient pas influencés par les publicités. Aujourd’hui,
celles-ci touchent tout le monde. A mon avis, c’est un sabotage
idéologique destiné à changer des cultures par les médias.
Samah Zaghloul, Port-Saïd.
Le choc de Dahab
Comme beaucoup d'Egyptiens, les attentats de
Dahab m'ont profondément touchée. Ce drame arrive alors que nous
avions commencé à croire que la paix et le calme règnent
maintenant à Charm Al-Cheikh après les derniers attentats de
l'année dernière. Cet événement est réellement un choc. Le
tourisme est notre vie, il faudrait donc être plus sévère face
au danger qui s'approche de nous qu'est le terrorisme.
Ce qui est certain, c'est que cet attentat a
montré de quoi le terrorisme est capable de faire et pour nous
prouver l'importance de lutter contre cet ennemi très dangereux
qui menace notre vie. La guerre contre le terrorisme n'est pas
facile et c'est un sujet très important. Cette lutte a aussi
besoin d'une véritable coopération au niveau international afin
de mettre fin à ce danger dont les pertes et le malheur sont
énormes.
Rim Mohamed Fathalla, Ismaïliya.
Attention, le français disparaît !
Professeur de français dans une école de
Zagazig, je suis abonné à votre journal. Je m'adresse à vous
pour vous dire qu'il y a quelques jours, un groupe de
responsables d'enseignement de la langue allemande a fait une
tournée dans quelques villes d'Egypte. Il a visité des écoles
secondaires à Tanta, à Mansoura, à Zagazig et en Haute-Egypte où
on apprend la langue allemande comme 2e langue étrangère au lieu
du français.
A Zagazig, ce groupe a passé quelques heures
avec des élèves et leurs professeurs. Ils ont discuté ensemble
les difficultés de l'enseignement des langues dans le programme
scolaire. Des cadeaux ont été distribués. J'ai été vraiment
surpris par ce comportement, parce qu'on n'a jamais vu aucun
responsable français dans nos écoles. Les Allemands cherchent à
encourager l'apprentissage de leur langue, attirer un grand
nombre d'élèves, promettre un voyage en Allemagne aux meilleurs.
Tout ça avec des méthodes scolaires équilibrées qui ne
compliquent pas l'information et reflètent la simplicité de
cette langue qui permet à tous les élèves d'avoir une très bonne
note à l'examen final.
Par contre, pour le français, le programme
scolaire est surchargé, plein d'explications grammaticales
compliquées. Les livres scolaires sont ennuyeux, sans créativité.
Alors je me demande : Où sont les responsables français ?
Pourquoi ne font-ils pas de courtes visites dans notre pays
telles celles des Allemands pour rencontrer les élèves, les
professeurs et discuter des problèmes. Cela devient urgent car
malheureusement, le français commence à disparaître des écoles
pour être remplacé par l'italien et l'allemand.
Mohamed Elmansy, professeur de
français à Zagazig. |