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Haltérophilie .
Nahla Ramadan, championne du
monde 2003 dans la catégorie 75 kg, a été exclue de la sélection
nationale par la Fédération dans des conditions obscures.
Nahla répond absent
Une
atmosphère morose règne au sein de l’équipe nationale
d’haltérophilie. Et pour cause. Pour la première fois depuis
2000, la championne du monde 2003 catégorie 75 kg, Nahla
Ramadan, est absente de l’entraînement qui se déroule au Centre
olympique de Maadi. Blessure ? Congé ? Rien de tout cela, la
raison est tout autre : la meilleure sportive égyptienne a été
tout simplement exclue de la sélection nationale.
Tout a commencé après les entraînements de
l’équipe nationale, le 15 mars dernier à Ras Al-Bar, destinés à
évaluer les records des haltérophiles. Lors de ces essais, Nahla
a réalisé une excellente performance, 118 kg à l’arraché et 148
kg à l’épaulé-jeté, soit 266 kg au total, battant ses records
personnels (117,5 kg à l’arraché et 145 kg à l’épaulé-jeté, soit
262,5 kg au total), réalisés lors des Championnats du monde 2003
qui ont eu lieu au Canada. Grâce à ces résultats, Nahla redore
un blason terni depuis son échec aux Jeux olympiques d’Athènes
2004 et aux Championnats du monde qui ont eu lieu en novembre
2005 au Qatar.
Ces bons résultats en poche, Nahla quitte le
camp de la sélection nationale pour un congé de quelques jours
afin de rendre visite à sa mère qui subissait une opération
chirurgicale à Alexandrie. « Nous avons accepté le départ de
Nahla pour qu’elle reste quelques jours avec sa mère. Mais Nahla
n’est pas retournée au camp d’entraînement. Tous les membres du
cadre technique de la sélection et les responsables de la
Fédération égyptienne ont essayé de la contacter, mais elle n’a
répondu à aucun coup de fil », déclare Mohamad Osmane,
entraîneur de l’équipe nationale. Après une absence de 10 jours,
le conseil d’administration de la Fédération égyptienne décide
d’envoyer à la Fédération internationale la liste des athlètes
de l’équipe nationale, où le nom de Nahla ne figure pas. « La
Fédération internationale doit être avertie de l’absence de
Nahla pour éviter les problèmes au cas où l’Agence Mondiale
Antidopage (AMA ou WADA) enverrait des analystes pour récolter
des échantillons chez les athlètes de l’équipe nationale »,
affirme Mohamad Mahmoud, président de la Fédération égyptienne.
Le 2 avril en effet, l’AMA avait effectué un contrôle antidopage
aux haltérophiles égyptiens.
Après cette visite de l’AMA, la Fédération
égyptienne prend la décision d’exclure Nahla Ramadan de l’équipe
nationale et de confier la responsabilité de son entraînement à
son père, jusqu’aux prochains entraînements de la sélection
nationale. Il est à noter que c’est Ramadan Abdel-Moeti, le père
de Nahla, qui a commencé à entraîner sa fille depuis son plus
jeune âge dans les rues du quartier populaire d’Al-Wardiyane, où
elle doit s’entraîner aujourd’hui. Son absence du camp
d’entraînement de la sélection nationale a également poussé la
Fédération égyptienne à bloquer son salaire mensuel. En tant que
membre du projet du champion olympique fondé par le ministère de
la Jeunesse, Nahla touche 2 000 L.E. par mois du ministère. Elle
devra dorénavant dépendre d’elle-même durant cette période. «
Cette décision est une sorte de punition pour dire à Nahla
qu’elle doit respecter l’entraînement et la Fédération
égyptienne », souligne Mohamad Mahmoud.
Une affaire personnelle
Dans
les coulisses, le départ et le silence de Nahla révèlent un
autre problème. Son départ coïncide en effet avec la décision de
la Fédération égyptienne d’exclure aussi Hussein Fathi, le
fiancé de Nahla, de la sélection nationale. Et cela après avoir
réalisé lors des derniers essais 150 kg à l’arraché et 190 kg à
l’épaulé-jeté, soit 340 au total. « Durant les essais, un jeune
haltérophile de l’équipe juniors a battu Hussein Fathi. C’est
pourquoi nous avons décidé de l’exclure de l’équipe nationale
pour donner la chance aux plus jeunes athlètes », confie Mohamad
Osmane. C’est ainsi qu’au sein de l’équipe, on dit volontiers
que Nahla n’est pas retournée à l’entraînement en réponse à
l’exclusion de son fiancé. Jusqu’à présent, personne n’a pu
contacter la jeune championne, y compris les journalistes. Elle
ne répond à personne pour justifier les raisons de son absence.
Ce n’est qu’après avoir lu, cette semaine, dans les journaux, la
nouvelle de son exclusion de l’équipe nationale qu’elle a réagi.
Elle a envoyé un message à la Fédération égyptienne par le biais
de sa coéquipière Esmat Mansour, s'élevant contre son exclusion.
Il était prévu que Nahla dispute en octobre 2006 les
Championnats du monde, avec comme objectif de compenser ses
défaites aux JO 2004 et aux Mondiaux 2005.
Mais quelles que soient les raisons de son
absence, le niveau de celle qui a réalisé pour l’Egypte la
meilleure performance féminine risque de s’en ressentir.
Doaa Badr |
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3 QUESTIONS À
Mohamad Mahmoud,
président de la Fédération
égyptienne d’haltérophilie.
Al-Ahram Hebdo : Quelle est la raison
principale derrière votre décision d’exclure Nahla Ramadan de la
sélection nationale ?
Mohamad Mahmoud :
Nous avons décidé d’exclure Nahla
Ramadan de l’équipe nationale tout simplement parce qu’elle
s’est absentée du camp d’entraînement de la sélection sans
permission. Au début, elle est partie avec notre autorisation
pour être avec sa mère pendant quelques jours, à Alexandrie.
Elle y est restée 10 jours sans donner aucune nouvelle. Elle n’a
même pas répondu à nos appels. Personne ne fait pression sur la
Fédération pour prendre n’importe quelle décision. Nahla devra
s’entraîner chez elle jusqu’aux prochains essais et elle pourra
rejoindre la sélection si elle réalise ses propres records lors
de ces essais.
— Pourquoi avez-vous décidé de ne pas
permettre à Nahla de rejoindre la sélection avant d’effectuer un
test antidopage ?
— Durant son absence du camp de préparation,
ses coéquipiers ont effectué un test antidopage par l’Agence
Mondiale Antidopage (AMA). Donc, avant qu’elle ne rejoigne la
sélection, la Fédération égyptienne doit s’assurer qu’elle n’a
pris aucune sorte de dopage durant son absence. En effet, la
Fédération égyptienne déclare maintenant une sorte de guerre.
Les anciens membres de la Fédération égyptienne essayent de
détruire notre travail. Ils contactent les athlètes à tout bout
de champ, et essayent de les convaincre de se doper. Résultat,
l’AMA a détecté 2 cas de dopage au sein de la sélection
égyptienne lors d’un test effectué le 6 août 2005. Si l’AMA
retrouve un 3e cas, la Fédération sera suspendue pour 2 ans.
Voilà pourquoi j’insiste sur les tests antidopage.
— Pensez-vous que l’absence de Nahla puisse
affecter la sélection nationale ?
— Nahla est une bonne athlète, talentueuse, à
mon avis. J’espère qu’elle reprendra sa place au sein de la
sélection nationale et qu’elle retrouvera son niveau. Elle
pourra réaliser d’autres exploits. Mais personne ne peut faire
pression sur la Fédération égyptienne. Raison pour laquelle il
était très important de mettre fin à cet essai. L’haltérophilie
égyptienne ne se limite pas à Nahla Ramadan. Il y aura d’autres
athlètes qui pourront réaliser d’excellentes performances sur la
scène internationale. Notamment la jeune star-espoir Esmat
Mansour (58 kg), qui prépare les Championnats du monde juniors
qui auront lieu le 23 mai en Chine. Et chez les hommes, la
sélection nationale compte plusieurs figures tel Mohamad Ihsane
Attiya, champion du monde juniors 2003. |
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