Le Conseil de sécurité des Nations-Unies doit
discuter ce mercredi 26 avril le 3e rapport semestriel de son
émissaire Terje Roed-Larsen, chargé du suivi de l’application de
la résolution 1 559 sur le Liban et la Syrie.
Ce rapport appelle, comme l’exige la
résolution, au démantèlement et au désarmement de toutes les
milices libanaises et étrangères opérant au Liban, notamment des
combattants palestiniens et du mouvement chiite Hezbollah
libanais. Mais le Hezbollah estime que cette résolution avait
déjà été appliquée avec le retrait des troupes syriennes du
Liban et que la clause relative au désarmement de son mouvement
est une affaire intérieure libanaise dans laquelle l’Onu n’a pas
à s’ingérer. Damas partage ce point de vue.
Epousant le point de vue du premier ministre
libanais Fouad Siniora, en visite la semaine dernière aux
Etats-Unis pour obtenir le soutien du président George W. Bush,
le rapport de M. Roed-Larsen appelle aussi la Syrie à délimiter
la frontière entre elle et le Liban et à établir des ambassades.
Là aussi, l’appel de Roed-Larsen à la Syrie
risque de rester lettre morte, Damas et son allié libanais le
Hezbollah considérant que l’émissaire de l’Onu outrepasse ses
prérogatives. Le président syrien Bachar Al-Assad estime en
effet que l’exigence d’une délimitation des frontières
syro-libanaises, notamment dans le secteur controversé des
Fermes de Chebaa, aux confins d’Israël, du Liban et de la Syrie,
« profite à Israël et nuit à la résistance » du Hezbollah. Ce
dernier juge, lui aussi, que le rapport de l’émissaire
international est « conforme aux exigences israéliennes ».
Lors de sa visite aux Etats-Unis, M. Siniora
a demandé l’appui de Washington en faveur du retrait d’Israël
des Fermes de Chebaa, nécessaire, selon lui, pour obtenir le
désarmement du Hezbollah. L’occupation par Israël des Fermes de
Chebaa justifie en effet aux yeux du Hezbollah la poursuite de
ses opérations anti-israéliennes, alors qu’Israël et l’Onu
considèrent que l’Etat hébreu a effectué un retrait total du
Liban en 2000. L’Onu considère que la zone controversée,
conquise par Israël sur la Syrie en 1967, est jusqu’à nouvel
ordre un territoire syrien, sauf si Beyrouth et Damas apportent
la preuve du contraire.
Mais les relations libano-syriennes sont au
plus bas depuis le retrait de l’armée syrienne du Liban en avril
2005, à la suite de l’assassinat de l’ancien premier ministre
Rafiq Hariri, en février. Et la visite projetée de M. Siniora à
Damas pour discuter des problèmes en suspens entre les deux pays
risque d’être renvoyée aux calendes grecques .