Al-Ahram Hebdo, Opinion |  La crise de la magistrature
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 avril au 2 mai 2006, numéro 607

 

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Opinion

 La crise de la magistrature

Salama A. Salama

A mon avis, l’implication de la magistrature dans le processus électoral était un acte qui présageait de dangers politiques difficiles à gérer. Le gouvernement devra déployer d’énormes efforts, autant au niveau intérieur qu’extérieur. Il s’agira de convaincre de nouveau le peuple que l’Etat a du respect pour l’indépendance de la magistrature, son honneur et son prestige. Il est fort probable que la confiance que les gens accordent au pouvoir judiciaire bascule si les tentatives acharnées de disperser le rang des magistrats continuent. Outre l’ingérence déclarée ou secrète qui vise à soulever des tempêtes autour de ce corps prestigieux.

Ces craintes n’émanent pas du vide surtout après la décision promulguée par une autorité administrative de présenter 2 vice-présidents de la Cour de cassation devant un conseil disciplinaire. Ce qui signifie presque une procédure qui prépare la démission, ou la retraite anticipée ou le transfert vers un autre emploi loin du corps judiciaire. Avant cette démission, 7 autres juges avaient été traduits devant ce même conseil. Cette procédure sans précédent a provoqué un choc dans l’opinion publique qui s’était habituée à ce que l’Etat soit plus prudent en ce qui concerne le pouvoir judiciaire, considéré comme le facteur d’équilibre entre les 3 pouvoirs. Le régime dans son entité est menacé d’effondrement. Situation que nous n’avions plus connue depuis la fin des années soixante, quand il y a eu ce qui a été appelé la boucherie de la magistrature. Ces événements avaient constitué une tache dans l’histoire du régime de l’époque et un mauvais présage pour son avenir.

Il semble alors que le problème soit la charge accordée aux juges de superviser les élections, qui s’est transformée en fardeau que leur conscience n’a pu supporter. Les juges ont été convaincus que l’Etat les a exploités pour faire passer sous silence les violations et les fraudes relatives au processus électoral. Ce qui a fortement nui à leur réputation et a mis l’indépendance de la magistrature dans une position difficile. Cette situation a aussi introduit le corps judiciaire dans des compromis qui ne sont pas innocents. C’est de là qu’a émergé la nécessité de promulguer une loi qui garantit l’indépendance de la magistrature et sauvegarde leur honneur. Ainsi, quand ils seront chargés d’une responsabilité nationale telle que les élections, ils pourront la gérer par l’intermédiaire de la conscience du juge juste, loin de toute suspicion ou séduction.

Il est sûr que l’opinion publique de façon générale sympathise avec les juges et leurs réclamations. Nombreux sont ceux qui n’ont pas compris pourquoi l’Assemblée du peuple refusait de discuter ce dossier qui menace l’avenir de l’indépendance de la magistrature, alors que les aspects de déséquilibre et de corruption se font de plus en plus grands dans la société égyptienne. Maintenant, le pouvoir judiciaire est le plus proche des intérêts du peuple et c’est ce pouvoir qui peut garantir la stabilité intérieure alors que l’impression qui domine actuellement est que le pouvoir exécutif tente de le soumettre aux nécessités de l’époque actuelle.

Quand la situation atteint un stade aussi dangereux, la société a besoin de savoir ce qui ce passe et vers où nous allons. Et quand l’Union internationale des juges intervient pour exprimer son inquiétude, nous devons nous aussi nous inquiéter. Surtout que nous avons de plus en plus besoin d’une magistrature juste et d’une loi tranchante, aptes à faire face à la propagation de la violence, de la corruption et de l’aberration.

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