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 Semaine du 26 avril au 2 mai 2006, numéro 607

 

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Sahara Occidental . Kofi Annan recommande une nouvelle fois le Maroc et le Polisario à engager des négociations directes pour parvenir à une solution au sujet de ce territoire disputé entre les deux parties.

Appel au dialogue

Le statu quo qui dure depuis des années dans le Sahara Occidental n’est pas près de prendre fin. Cette ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc en 1975, et dont le Front Polisario, soutenu par l’Algérie voisine, réclame l’indépendance, doit semble-t-il encore attendre pour que son sort soit déterminé. Dans son dernier rapport sur la question du Sahara Occidental présenté vendredi dernier, le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, n’a pratiquement rien apporté de nouveau. Kofi Annan a suggéré une prolongation de la mission de l’Onu au Sahara (Minurso) — qui s’achève le 30 avril — pour six mois. Il s’est aussi simplement contenté de recommander que le Maroc s’engage, sans conditions préalables, dans des négociations directes avec le mouvement indépendantiste du Front Polisario pour parvenir à une solution au Sahara Occidental. Selon M. Annan, le but des négociations « devrait être quelque chose qu’aucun plan ne saurait régler, à savoir mettre sur pied un compromis entre la loi internationale et la réalité politique pour parvenir à une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable qui garantirait l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental ». Une déclaration qui ne manque pas de sous-entendre à quel point la situation reste bloquée et toute solution hors de portée, pour l’instant du moins. En effet, c’est depuis 1992 que les Nations-Unies tentent sans succès depuis 1992 d’organiser un référendum d’autodétermination auprès du peuple sahraoui. Depuis cette date, un premier désaccord sur le corps électoral a opposé le Maroc au Polisario, Rabat voulant y inclure des populations sahraouies vivant en territoire marocain et dont la participation au référendum est refusée par le Polisario car elle ferait pencher la balance au profit de l’intégration au Maroc. Plus tard, le Maroc a carrément rejeté le projet de référendum, du référendum, toujours défendu par le Polisario et l’Algérie.

Jusque-là, l’Onu a donc échoué à mettre en application ce projet, tout comme le plan Baker II, du nom de l’ancien secrétaire d’Etat américain James Baker, qui prévoyait d’accorder une large autonomie au Sahara Occidental durant une période de cinq ans avant l’organisation d’un référendum d’autodétermination en vue d’un statut définitif. Après ces échecs, l’organisation internationale joue désormais la carte des négociations directes entre les différentes parties, qui intégreraient également l’Algérie, selon une suggestion de l’envoyé personnel de Kofi Annan au Sahara Occidental, le diplomate néerlandais Peter van Walsum.

Mais il semble d’ores et déjà que cette option soit difficilement réalisable. La proposition du secrétaire général de l’Onu a été différemment reçue de part et d’autre. Ainsi, le secrétaire général du Polisario, Mohamed Abdelaziz, a critiqué le fait que M. Annan n’ait pas insisté pour que des sanctions soient adoptées contre le Maroc malgré sa « non application réitérée des résolutions » de l’Onu sur le Sahara Occidental. M. Annan « a confirmé le diagnostic, mais est resté muet sur les moyens de remédier au problème », a déploré M. Abdelaziz dans un communiqué du mouvement indépendantiste sahraoui diffusé à Madrid. Selon M. Abdelaziz, « les négociations ne sont pas le problème puisque le Maroc n’applique pas ce qui est décidé dans la négociation, le véritable problème est de faire que le Maroc respecte et applique les accords ». Il a également ajouté que « le Polisario a toujours été disposé à négocier sur les modalités d’organisation du référendum », en avertissant que l’absence de solution satisfaisante risquait d’augmenter la tension entre le Maroc et le Polisario.

Côté marocain, il n’y a pas eu de réaction officielle mais le Conseil royal des notables sahraouis (pro-marocain) a salué le nouveau rapport de Kofi Annan, qui « enterre définitivement le plan Baker, qui ne tient pas compte des conditions de toutes les parties ». Il s’agit pour le rapport d’une « solution politique qui soit acceptée par toutes les parties », a déclaré le président du Conseil consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), Khalli Henna Ould Errachid. Ce dernier a également estimé que le rapport souligne que « toutes les voies empruntées par l’Onu pour régler la question du Sahara, notamment le référendum, se sont avérées inappropriées ». Il a en outre appelé le Polisario à « accepter sans délai à entrer dans des négociations » avec le Maroc pour mettre fin à ce conflit, soulignant que l’application immédiate d’une autonomie élargie, à laquelle a appelé le roi Mohammed VI est de nature à « mettre fin à la tension dans la région ». Une divergence de vues qui n’augure rien de bon.

Abir Taleb

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