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 Semaine du 26 avril au 2 mai 2006, numéro 607

 

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Palestine . Les appels au calme peinent à se concrétiser au vu des affrontements entre les sympathisants respectifs du Fatah et du Hamas qui échangeaient les accusations.

Au bord d’une guerre fratricide

Les tensions entre le mouvement islamiste Hamas au pouvoir et le parti Fatah du leader palestinien Mahmoud Abbass ont provoqué de nouvelles violences dimanche malgré les appels au calme des responsables des deux bords. Deux partisans du Fatah, ainsi qu’un policier et un quatrième individu ont été blessés dans des échanges de tirs au ministère de la Santé, à Gaza, avec des membres du Hamas chargés de la sécurité de l’immeuble.

Les tirs ont éclaté à la suite d’une querelle entre des membres armés des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, partisans du Fatah, venus présenter des récriminations au ministère, et les gardes qui exigeaient qu’ils quittent les lieux. A Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, une vingtaine de partisans en armes du mouvement Fatah ont occupé brièvement dimanche le bâtiment de la mairie.

Ces nouvelles violences sont intervenues au lendemain de nombreuses manifestations à travers les territoires palestiniens et des heurts entre partisans des deux mouvements qui ont fait une trentaine de blessés légers. Elles se sont déroulées malgré les appels au calme lancés par les responsables du Hamas et du Fatah. Les deux mouvements ont publié dans la nuit un communiqué commun à l’issue d’une « réunion d’urgence », affirmant qu’ils œuvreraient « en coopération afin de consolider l’unité nationale ».

Soucieux d’apaiser les esprits après des affrontements qui ont fait une trentaine de blessés, le président palestinien Mahmoud Abbass a annulé un rassemblement de protestation prévu contre le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, qui a mis le feu aux poudres en accusant M. Abbass de comploter avec les Etats-Unis et Israël pour provoquer la chute du gouvernement du Hamas, dirigé par Ismaïl Haniyeh. Des propos qui ont été qualifiés par le Fatah d’« hystériques » et jugés « remplis de complots, de calomnies, de mensonges et de tromperies ».

Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, a affirmé que des discussions étaient en cours « au plus haut niveau entre les deux parties pour trouver une issue à la situation actuelle ». « Une délégation égyptienne met actuellement en œuvre tous ses efforts avec le Hamas et le Fatah pour ramener le calme dans les territoires occupés », a-t-il ajouté.

Face aux répercussions virulentes de ses déclarations, M. Mechaal a affirmé samedi que ses propos avaient été « mal interprétés ». Il a ajouté que le Hamas « respecte » la présidence de l’Autorité palestinienne, tout en insistant sur le fait que les « prérogatives » du cabinet ne doivent pas être violées. Il a plaidé pour « la coopération » entre la présidence et le cabinet dirigé par le Hamas « dans l’intérêt national ».

Tout a commencé quand M. Abbass a décidé d’annuler les décisions du cabinet Hamas créant une nouvelle force de sécurité et nommant à un poste-clé un activiste. La nouvelle force devait rassembler des activistes de diverses factions et avoir pour mission de soutenir les forces de sécurité existantes, contrôlées par M. Abbass.

Qualifiant ces décisions d’« illégales et anticonstitutionnelles », Mahmoud Abbass a adressé une lettre en ce sens au premier ministre, Ismaïl Haniyeh.

Le gouvernement du Hamas a cependant réfuté que sa décision soit illégale, ce qui a aggravé la crise du pouvoir entre les deux instances dirigeantes de l’Autorité palestinienne.

Le Hamas avait en outre annoncé la nomination de Jamal Abou-Samhadana, chef des Comités de la résistance populaire, au poste de « superviseur général » des divers services du ministère de l’Intérieur, y compris la nouvelle force de sécurité. Sa nomination a été dénoncée par le département d’Etat américain, qui y a vu la preuve de « la vraie nature » du cabinet dirigé par le Hamas et par Israël, qui a déclaré avoir « un long compte à régler avec lui ».

Jamal Abou-Samhadana a affirmé que ces menaces ne l’impressionnaient pas. « Nous n’avons pas peur de l’entité sioniste. Tout le peuple palestinien est visé et nous allons recourir à tous les moyens pour protéger les résistants et les fils de notre peuple », a-t-il déclaré.

M. Samhadana a échappé à deux raids ciblés d’Israël, qui le tient pour responsable de nombreuses attaques anti-israéliennes.

Déclarations « graves »

A la diatribe du chef du Hamas en exil Khaled Mechaal, s’ajoute une autre affaire, à savoir les armes saisies en Jordanie appartenant, selon Amman, au mouvement islamiste. Le Hamas s’est déclaré « surpris » dimanche par les déclarations du président de l’Autorité palestinienne, qui a qualifié samedi de « graves » les informations jordaniennes sur cette saisie. « Nous préférons régler cette question par les canaux politiques, calmement », a déclaré M. Abbass à Amman, à l’issue d’un entretien avec le premier ministre jordanien, Maarouf Bakhit. « Il est important que les choses ne s’enveniment pas plus sur la scène palestinienne car elle ne supportera pas de plus grandes tensions ». « Nous sommes en désaccord politiquement, sur notre perception des choses et des engagements internationaux, c’est pourquoi nous devons trouver des solutions », a déclaré M. Abbass. « Nous ne permettrons pas une guerre civile ni des confrontations armées », a-t-il ajouté.

La Jordanie avait annoncé avoir découvert des armes et des explosifs chez un groupe du Hamas, et décidé en conséquence de reporter sine die la visite que devait effectuer le ministre des Affaires étrangères palestinien, Mahmoud Zahar, dans le royaume.

Le Hamas a démenti ces informations et qualifié de « sans fondement » les accusations jordaniennes.

« La décision de la Jordanie de s’éloigner du gouvernement palestinien et les moyens utilisés pour annuler la visite du ministre des Affaires étrangères, ont provoqué un fort mécontentement dans la rue palestinienne », a indiqué le Hamas dans son communiqué.

« Nous refusons d’exonérer le gouvernement jordanien pour la grosse erreur qu’il a commise aux dépens du gouvernement et du peuple palestiniens », a poursuivi M. Zahar.

Rania Adel

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Abbass en quête de soutien international

Le leader palestinien Mahmoud Abbass a entamé lundi des discussions avec les dirigeants turcs dont il est venu solliciter l’aide pour débloquer les négociations avec Israël et alléger la crise financière à laquelle est confrontée son administration. La Turquie constitue la première étape d’une tournée qui le conduira aussi en Norvège, en Finlande et en France.

A Ankara, M. Abbass a exhorté la Turquie à mettre à profit ses bons rapports avec Israël, les Etats-Unis et l’Europe pour tenter de débloquer le processus de paix israélo-palestinien mais surtout pour trouver un compromis permettant la reprise de l’aide financière aux Palestiniens.

L’Autorité palestinienne fait face en effet à une crise financière aiguë qui s’est aggravée après l’entrée en fonction, en mars dernier, du gouvernement issu du mouvement radical Hamas, boycotté et privé d’aide financière par l’Europe, principal donateur du peuple palestinien avec quelque 500 millions d’euros par an, ainsi que par les Etats-Unis.

Les donateurs exigent que le Hamas renonce à la lutte armée et reconnaisse les droits d’Israël à l’existence.

Dans un entretien, M. Abbass a mis en garde contre « le danger d’une possible famine » dans son pays si cette crise n’était pas rapidement surmontée.

Mettant en garde contre une « catastrophe » si la crise financière persistait, M. Abbass a affirmé vendredi avoir proposé aux donateurs de verser leurs aides directement à son bureau pour contourner le gouvernement Hamas qu’ils boycottent. Cette proposition doit être au centre de ses discussions lors de sa tournée.

Par ailleurs, M. Abbass doit aussi tenter de rallier des soutiens pour une reprise des négociations de paix avec Israël, au point mort depuis plusieurs années, et empêcher ainsi la mise en œuvre de mesures unilatérales israéliennes en Cisjordanie.

Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, a affirmé lors d’un entretien télévisé diffusé lundi qu’il disposait de pouvoirs pour destituer le gouvernement issu du mouvement radical Hamas, l’enjoignant à dialoguer avec Israël. « Le Hamas doit confronter les réalités et établir des liens avec Israël pour les besoins des affaires quotidiennes », a-t-il ajouté.

Le Hamas avait remporté en janvier dernier les élections législatives palestiniennes par un raz-de-marée aux dépens du Fatah, le mouvement de M. Abbass. Depuis, les parties sont engagées dans une épreuve de force. La communauté internationale exige que le Hamas renonce à la lutte armée et reconnaisse les droits d’Israël à l’existence.

 




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