La Citoyenneté et le changement est divisé en
deux parties. Dans la première, l'auteur analyse l'expérience
égyptienne pour la citoyenneté à travers les deux derniers
siècles. Samir Morcos définit comme suit les facteurs pouvant
activer la citoyenneté : l'intégration du citoyen dans la
société politique, son évolution d'une simple personne qui ne
fait qu'habiter un lieu donné à une personne qui participe et
qui a une part de responsabilité.
L'auteur consacre la deuxième partie du livre
à l'établissement d'un Etat civil moderne, à travers
l'approfondissement de la citoyenneté.
La nouveauté de l'ouvrage est que l'auteur
affirme que la citoyenneté est le premier pas vers un Etat
laïque moderne. Selon Morcos, « la citoyenneté », « l'économie
productive (meilleure capacité d'exportation pour les industries
nationales) » et le « fonctionnement de la loi (garantissant
l'égalité pour tout) » sont un triangle nécessaire pour refonder
l'Etat moderne. En parlant d'évolution politique, chacun doit
chercher à savoir comment fonder un Etat moderne contemporain
pouvant allier modernisation et modernité.
L'année 2005, qui a connu de nombreux
événements politiques, de mouvements sociaux, les élections
présidentielles et parlementaires, a provoqué une volonté
profonde de changement, de transformation et de rénovation. Or
pour Samir Morcos, la voie indispensable pour réaliser ce
changement est la « citoyenneté » qui ne signifie rien de plus
que « le mouvement des personnes ». Pas de changement sans ce
mouvement, permettant à chacun d'exercer librement sa
citoyenneté. Et lorsque ces personnes pourront exercer
complètement leur citoyenneté, nous pourrons alors parler de «
changement ».
Mais l'année 2006 a été marquée, selon
l'auteur, par un ralentissement profond de ce mouvement. La
raison : un état de rigidité ou dogmatisme appelé dans ce livre
Système qui entrave la citoyenneté. L'auteur appelle à l'union
de tous les citoyens pour mettre fin à ce système et s'engager
sur la bonne voie.
Une citoyenneté en crise oui, mais le livre
en question propose les moyens d'y remédier. En premier lieu, il
faut faire revenir le « bloc absent », et réaliser la
citoyenneté de base, c'est-à-dire intégrer le citoyen ordinaire
dans la vie politique. Avec le mouvement et la participation, la
citoyenneté deviendra réalité. Pour cela, l'Etat devra
renouveler la confiance dans la vie politique. C'est-à-dire que
l'Etat doit regagner la confiance des citoyens et les inciter à
une plus forte participation dans la vie politique.
Ce livre a la particularité de vouloir
chercher une formule rapprochant le slogan de l'élite d'une
part, (réforme politique) et les exigences du public, d'autre
part (la justice sociale).
Par ailleurs, et sur un plan plus économique,
le livre expose la problématique de la démocratie et la
citoyenneté, dans le cadre d'une économie de marché.
Les partisans de l'économie de marché optent
pour le mouvement et la libéralisation. Alors que d'après Samir
Morcos, la démocratie impose certains contrôles pouvant parfois
entraver cette libéralisation. De plus, elle permet une
participation nationale au niveau des contrôles, ce que certains
voient comme une entrave au lancement du marché. L'auteur pose
alors la question suivante : la citoyenneté, noyau du processus
démocratique, n'est-elle pas fondamentalement contradictoire
avec l'économie de marché ? .
Hoda Ghali