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 Semaine du 26 avril au 2 mai 2006, numéro 607

 

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Dossier

Religion. Essam Al-Eriane, porte-parole des Frères musulmans, considère que tous les Egyptiens sont égaux face à l’injustice.

« C’est une crise générale qui explose sous différentes formes »

Al-Ahram Hebdo : Comment voyez-vous les derniers événements d’Alexandrie ?

Essam Al-Eriane : A mon avis, la crise est celle de l’Etat en tant que tel et ne vise pas une catégorie précise. On a dernièrement pu assister à des aspects de cette crise qui explose sous différentes formes, que ce soit avec les coptes, les journalistes, les juges ou les partis. C’est une crise générale qui s’élargit et touche de plus en plus de catégories. Même si l’auteur de ces événements d’Alexandrie est vraiment un malade mental, comme nous entendons dire, cela ouvre aussi le dossier des malades mentaux. Pourquoi en sont-ils arrivés là ? L’Egypte vit une période grave pleine de tensions. Dans cette dernière affaire, deux personnes sont mortes alors que peu avant, plus de 1 200 personnes chrétiennes et musulmanes se sont noyées dans le naufrage du ferry Al-Salam 98. Il ne faut pas, à mon avis, voir les problèmes d’une manière superficielle mais plutôt dans leur profondeur et reconnaître que nous avons besoin d’une vraie réforme pour faire face à ces problèmes.

— Comment en tant que membre des Frères, voyez-vous les coptes en Egypte ? Jouissent-ils de leurs droits selon vous ?

— Ce sont des citoyens égyptiens qui ont le droit de citoyenneté. Ce sont des Egyptiens normaux comme tout autre citoyen, ni plus, ni moins. Et il faut savoir qu’on souffre tous des mêmes problèmes. On paye les impôts et on ne reçoit pas de services. Tous les Egyptiens dans tous les domaines n’arrivent pas à obtenir leurs droits que ce soit les journalistes, les juges, les paysans, les membres des partis et mêmes si on va demander aux hommes de la police égyptienne on va trouver qu’ils n’obtiennent pas leurs droits. Les coptes en Egypte souffrent et n’obtiennent pas leurs droits dans presque tous les domaines, car tous les Egyptiens sont pareils.

— Quelles sont les solutions que vous suggérez pour faire face à ce problème ?

— Je le redis encore comme je l’ai toujours dit. La seule solution à tous les problèmes que nous vivons en Egypte est la réforme et rien que la réforme. Nous avons besoin d’un changement radical de toutes ces lois qui nous étranglent et surtout l’abolition de la loi d’urgence qui est à la base de tous nos problèmes. Il ne faut surtout pas la remplacer par une autre. Je voudrais ajouter que si les Frères étaient au pouvoir, ils ne feraient jamais de différence entre musulman et chrétien, ni riche, ni pauvre. Il n’y aura pas de préférence entre les citoyens. Les services seront distribués de façon plus juste et équitable. C’est ce qui nous manque en tant qu’Egyptiens et c’est de quoi on rêve.

Chaïmaa Abdel-Hamid

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