Publicité abondante, affiches montrant le new
look de la diva, vidéoclip très original, cela fait partie de la
stratégie de marketing ayant précédé la sortie du dernier album
de Magda Al-Roumi. Mais c’est une stratégie à double tranchant
comme le font souligner certains distributeurs comme Sameh
Morcos, propriétaire de la société de production et de
distribution DJ Recording. « La campagne publicitaire a commencé
trop tôt, bien avant la sortie de l’album. De quoi avoir lassé
les fans de la chanteuse et affecté négativement les ventes. Les
gens partaient pour acheter l’album, mais ne le trouvaient pas
sur le marché », dit Morcos, ajoutant que les chiffres de vente
sont beaucoup plus bas que ceux des années précédentes. Cela
provient en effet d’une autre raison : la boîte de production
Good News est encore nouvelle sur la scène musicale et ne
possède pas un catalogue bien garni. « Ceci constitue un
problème pour les vendeurs en gros, qui hésitent à acheter une
grande quantité de l’album, de peur de ne pas pouvoir l’écouler
ou l’échanger contre d’autres albums ».
Toutefois, l’album en lui-même est
remarquable. Les enregistrements ont été effectués dans
plusieurs studios tels le studio de Jean-Marie Riachi, celui
d’Ihsane Al-Monzer, et le « master » a été élaboré à Abbey Road
Studio à Londres. Par ailleurs, la chanteuse a eu recours à deux
noms très à la mode, qui sont le jeune compositeur Marwan Khoury
et l’arrangeur-compositeur Jean-Marie Riachi.
Sur les onze chansons de l’album, quatre sont
vraiment très particulières. D’abord, il y a Eatazalt al-gharam
(J’ai arrêté d’aimer), la chanson phare, écrite par Noha Nejm et
Nizar Francis et composée par Melhem Barakat. L’arrangeur
Jean-Marie Riachi y a employé trois rythmes différents : il a
commencé le premier couplet par le swing, ensuite a passé au
maqsoum oriental et enfin a eu recours au rythme de la « wahda
kébira ». Ce changement rythmique trouve en effet sa
justification dans les paroles : au début ternaire, ensuite
binaire, et enfin un retour au rythme ternaire.
Dans Ohébouka guiddane (Je t’aime beaucoup),
les paroles de Nizar Qabbani ne passent pas inaperçues. On
retrouve à nouveau l’arrangement de Jean-Marie Riachi, réputé
pour son écriture pour les violons. Il actualise les paroles
construites sur des métaphores imagées.
Ya maazeb qalbi (Toi qui fais souffrir mon
cœur) n’est qu’une composition de Halim Al-Roumi, le père de la
chanteuse et l’un des éminents compositeurs arabes. L’arrangeur
Assaad Khoury a pu aisément passer du rythme occidental de
salsa, dominant dans cette chanson, au rythme oriental du
maqsoum. Un passage qui a enrichi la chanson et lui a attribué
une élégance d’antan.
Nachid al-zifaf (La Marche nuptiale) se
distingue de par l’originalité du sujet. Les paroles de Noha
Nejm trahissent les sentiments d’une mère durant les noces de sa
fille. La voix de Magda Al-Roumi dramatise le moment. Celle-ci
se produira prochainement en Egypte, afin d’interpréter toutes
ces chansons sur scène.
Lamiaa Al-Sadaty