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 Semaine du 26 avril au 2 mai 2006, numéro 607

 

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Arts

Arts plastiques . Quelques sites égyptiens ont pris l’initiative de jeter la lumière sur les artistes contemporains et de promouvoir la vente de leurs œuvres sur le Net.

Les sentiers de la Toile

Il est question de l’art égyptien contemporain. Pour une fois, ce n’est pas l’art pharaonique qui a la cote. Comment faire face aux références figées de ce mot « art égyptien » ? Comment révéler la nouvelle création égyptienne ? Sur certains sites se trouve, en partie, la réponse.

www.egyptart.org.eg s’est déjà fait connaître, puisqu’il fut créé en 1997, par la compagnie Shell. Nadine Fanous, spécialiste de performance sociale auprès de Shell, explique : « Nous sommes une compagnie pétrolière qui accorde une grande importance au social. On s’intéresse à l’éducation, à l’art, etc. ». En effet, l’un des bulletins publiés par la compagnie à ces sujets a été consacré aux arts plastiques contemporains en Egypte. « On a remarqué que les lecteurs accordaient un grand intérêt aux arts plastiques. Raison pour laquelle on a lancé ensuite notre site sur le web », déclare Nadine Fanous. Egyptart offre aux utilisateurs d’Internet un vrai panorama de l’art égyptien contemporain : peintures, sculptures, calligraphies, etc. Les noms des jeunes et des moins jeunes se côtoient. Et ce sont souvent les artistes qui demandent aux responsables du site d’inclure leurs œuvres. D’ailleurs, un comité de sélection se charge de faire le tri afin d’assurer une certaine harmonie esthétique. A côté de chaque œuvre, on trouve les coordonnées de l’artiste ou de son agent. Car Egyptart expose les œuvres à vendre, gratuitement, sans toucher de commission. De quoi en faire un tuyau efficace de vente et de marketing. Mais ce genre de sites peut-il faire de l’ombre aux galeries traditionnelles ?

« Pas du tout. Pourquoi faut-il que l’un supplante l’autre ? Plusieurs personnes ne naviguent pas sur Internet, alors que d’autres n’ont pas l’habitude de fréquenter les diverses galeries. Pour un artiste les deux moyens de vente et d’exposition sont complémentaires. Je ne peux pas nier que l’usage d’Internet est plus rapide », estime Ossama Nached, dessinateur qui a déjà exposé dans des galeries (Picasso, Hanaguer, etc.) et sur la Toile (à travers le récent site egy-art).

« Sur le Net , les œuvres sont disponibles 24h sur 24 et sans durée limitée », souligne Ezmeralda Haddad, artiste qui a participé à la création d’un autre nouveau site www.egy-art.net, lancé officiellement au début de ce mois-ci. « Il n’est pas question de faire une comparaison entre egy-art et une galerie privée ou publique. Avec mes collègues, Sabri Nached et Carine Maamoun, nous avons choisi de présenter l’évolution du mouvement artistique égyptien, au long des cent dernières années. Bref, on présente une panoplie d’artistes égyptiens », ajoute-t-elle. 700 œuvres, entre sculptures, peintures, gravures ou autres sont exposées avec des informations détaillées sur l’artiste et son style. On retrouve les noms des grands artistes disparus comme Abdel-Hadi Al-Gazzar et Antoine Haggar, la génération des maîtres tels Adam Hénein ou Sabri Nached, et également quelques jeunes artistes dont Omar Abdel-Zaher et Samy Youssef. Le prix de chaque pièce est signalé en dollar ainsi que les dispositions de vente. « Egy-art procède comme une galerie permanente laquelle vise à montrer et vendre les œuvres d’art contemporain. Le site a des droits financiers que les artistes doivent respecter comme c’est le cas dans toutes les galeries privées », souligne Haddad en insistant que chaque pièce exposée est signée par son créateur et que le site offre aux usagers tous les documents d’authenticité nécessaires.

Sur l’adresse www.egyptartlink.com, la question est beaucoup plus simple, gérée par un esprit plus amateur. Le site ne se limite pas à un domaine artistique particulier. Théâtre, musique, arts plastiques, danse, performance et médias y sont présents. Omar Kamel, web designer, musicien et réalisateur, a décidé de créer ce site pour que les artistes puissent facilement s’y retrouver et se joindre. « Il y a environ 3 ou 4 ans, j’étais en train de réaliser un court métrage de science-fiction, où il devait y avoir une partie en dessins animés. J’étais à la recherche de spécialistes en la matière pour me faciliter la tâche. J’ai alors pensé à construire un site qui regroupe différents artistes ». Ainsi, Kamel a créé un site ouvert à tous ceux qui veulent s’inscrire : un étudiant, un artiste, un professionnel, un amateur, etc. Ensuite, les membres de egyptartlink sont libres d’afficher des informations personnelles ou leurs coordonnées, pour faciliter la prise de contact. Car le mot d’ordre de tous ces sites est de sortir du ghetto.

May Sélim

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