Il est question de l’art égyptien
contemporain. Pour une fois, ce n’est pas l’art pharaonique qui
a la cote. Comment faire face aux références figées de ce mot «
art égyptien » ? Comment révéler la nouvelle création égyptienne
? Sur certains sites se trouve, en partie, la réponse.
www.egyptart.org.eg s’est déjà fait connaître,
puisqu’il fut créé en 1997, par la compagnie Shell. Nadine
Fanous, spécialiste de performance sociale auprès de Shell,
explique : « Nous sommes une compagnie pétrolière qui accorde
une grande importance au social. On s’intéresse à l’éducation, à
l’art, etc. ». En effet, l’un des bulletins publiés par la
compagnie à ces sujets a été consacré aux arts plastiques
contemporains en Egypte. « On a remarqué que les lecteurs
accordaient un grand intérêt aux arts plastiques. Raison pour
laquelle on a lancé ensuite notre site sur le web », déclare
Nadine Fanous. Egyptart offre aux utilisateurs d’Internet un
vrai panorama de l’art égyptien contemporain : peintures,
sculptures, calligraphies, etc. Les noms des jeunes et des moins
jeunes se côtoient. Et ce sont souvent les artistes qui
demandent aux responsables du site d’inclure leurs œuvres.
D’ailleurs, un comité de sélection se charge de faire le tri
afin d’assurer une certaine harmonie esthétique. A côté de
chaque œuvre, on trouve les coordonnées de l’artiste ou de son
agent. Car Egyptart expose les œuvres à vendre, gratuitement,
sans toucher de commission. De quoi en faire un tuyau efficace
de vente et de marketing. Mais ce genre de sites peut-il faire
de l’ombre aux galeries traditionnelles ?
« Pas du tout. Pourquoi faut-il que l’un
supplante l’autre ? Plusieurs personnes ne naviguent pas sur
Internet, alors que d’autres n’ont pas l’habitude de fréquenter
les diverses galeries. Pour un artiste les deux moyens de vente
et d’exposition sont complémentaires. Je ne peux pas nier que
l’usage d’Internet est plus rapide », estime Ossama Nached,
dessinateur qui a déjà exposé dans des galeries (Picasso,
Hanaguer, etc.) et sur la Toile (à travers le récent site egy-art).
« Sur le Net , les œuvres sont disponibles
24h sur 24 et sans durée limitée », souligne Ezmeralda Haddad,
artiste qui a participé à la création d’un autre nouveau site
www.egy-art.net, lancé officiellement au début de ce mois-ci. «
Il n’est pas question de faire une comparaison entre egy-art et
une galerie privée ou publique. Avec mes collègues, Sabri Nached
et Carine Maamoun, nous avons choisi de présenter l’évolution du
mouvement artistique égyptien, au long des cent dernières années.
Bref, on présente une panoplie d’artistes égyptiens »,
ajoute-t-elle. 700 œuvres, entre sculptures, peintures, gravures
ou autres sont exposées avec des informations détaillées sur
l’artiste et son style. On retrouve les noms des grands artistes
disparus comme Abdel-Hadi Al-Gazzar et Antoine Haggar, la
génération des maîtres tels Adam Hénein ou Sabri Nached, et
également quelques jeunes artistes dont Omar Abdel-Zaher et Samy
Youssef. Le prix de chaque pièce est signalé en dollar ainsi que
les dispositions de vente. « Egy-art procède comme une galerie
permanente laquelle vise à montrer et vendre les œuvres d’art
contemporain. Le site a des droits financiers que les artistes
doivent respecter comme c’est le cas dans toutes les galeries
privées », souligne Haddad en insistant que chaque pièce exposée
est signée par son créateur et que le site offre aux usagers
tous les documents d’authenticité nécessaires.
Sur l’adresse www.egyptartlink.com, la
question est beaucoup plus simple, gérée par un esprit plus
amateur. Le site ne se limite pas à un domaine artistique
particulier. Théâtre, musique, arts plastiques, danse,
performance et médias y sont présents. Omar Kamel, web designer,
musicien et réalisateur, a décidé de créer ce site pour que les
artistes puissent facilement s’y retrouver et se joindre. « Il y
a environ 3 ou 4 ans, j’étais en train de réaliser un court
métrage de science-fiction, où il devait y avoir une partie en
dessins animés. J’étais à la recherche de spécialistes en la
matière pour me faciliter la tâche. J’ai alors pensé à
construire un site qui regroupe différents artistes ». Ainsi,
Kamel a créé un site ouvert à tous ceux qui veulent s’inscrire :
un étudiant, un artiste, un professionnel, un amateur, etc.
Ensuite, les membres de egyptartlink sont libres d’afficher des
informations personnelles ou leurs coordonnées, pour faciliter
la prise de contact. Car le mot d’ordre de tous ces sites est de
sortir du ghetto.
May Sélim