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 Semaine du 26 avril au 2 mai 2006, numéro 607

 

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Arts

Théâtre . La reprise de la pièce Al-Malek howa al-malek (Le Roi est le roi) sur les planches du théâtre Al-Salam est un succès. Le texte politisé du Syrien Saadallah Wannous, les poèmes dialectaux de Negm et les chansons de Mounir en sont les raisons.

Jeux de pouvoir

Il est 21h. Une foule dense fait la queue devant le guichet du théâtre Al-Salam, à la rue Qasr Al-Aïni. Le théâtre affiche complet. Le texte de Saadallah Wannous et la mise en scène de Mourad Mounir ne sont pas sans encourager le public. La pièce attire un aussi large public que lors de sa première représentation en 1988, regroupant les mêmes stars d’alors : Mohamad Mounir, Salah Al-Saadani, Fayza Kamal, Loutfi Labib et autres. L’œuvre de Wannous, écrite en 1977, est basée sur un jeu de narration, d’après un conte des Mille et Une Nuits.

Il s’agit d’un roi qui souffre de sa vie routinière et monotone. Il cherche à se lancer dans une aventure plaisante. Il décide d’adopter la vie d’un homme ordinaire et de céder à celui-ci son royaume pour un seul jour. Et choisit, avec l’aide de son ministre, un pauvre ivrogne (Abou-Azza) afin d’opérer ce jeu de rôles. En effet, Abou-Azza n’est qu’un marchand ayant fait faillite après avoir subi les machinations de ses collègues du souk. Il rêvait d’être un jour à la tête du pouvoir pour instaurer la justice dans le pays. Et avec le jeu de rôles, cela s’avère enfin possible.

Abou-Azza (interprété par Salah Al-Saadani) se prend vraiment pour un roi, et oublie toute sa vie passée. Il devient même plus royaliste que le roi. Un vrai monarque. Le jeu théâtral se dévoile, dès le début, grâce aux narrateurs. Le déguisement et l’échange des rôles accentuent la forme du théâtre dans le théâtre. Le metteur en scène, Mourad Mounir, manipule bien cette structure par le biais des chansons interprétées par Mohamad Mounir, écrites par Ahmad Fouad Negm et composées par Hamdi Raouf. En fait, il a réussi à créer une comédie musicale qui baigne dans une ambiance égyptienne et populaire.

La voix du chanteur Mohamad Mounir, lequel se présente en héros et narrateur, attire de plus en plus de public. Les fans du chanteur se plaisent à voir leur star adulée sur scène et à écouter ses chansons en direct. « J’ai vu ce spectacle en 1988. En sortant du théâtre, j’avais acheté la cassette. Aujourd’hui, j’ai voulu revoir la pièce, tellement je l’avais aimée », dit un spectateur durant l’entracte.

Le public chante avec Mounir. Les paroles du poète dialectal Ahmad Fouad Negm déclenchent ses applaudissements. Il se sent impliqué dans la pièce qui le concerne, car s’attaquant au rapport entre gouvernant et gouverné.

Mounir chante environ 11 chansons assez significatives, servant de charnières et liant les intrigues. Souvent, la chanson introduit la scène, commente les événements ou résume une séquence dramatique importante. Chorom borom (Mal prémédité) explique toute la tyrannie de la relation entre peuple et hommes au pouvoir. La chanson d’Al-Seboue (fête qui se déroule une semaine après la naissance d’un enfant) raconte la montée du pauvre Abou-Azza au pouvoir. Les acteurs narrateurs chantent parfois avec Mounir comme dans un chœur.

Ainsi, le présent du narrateur et de ses compagnons se mêle au passé du conte. Un va-et-vient s’effectue entre les chansons dialectales, sarcastiques de Negm et le texte classique de Wannous. Les insinuations politiques se multiplient et dénoncent les abus du pouvoir.

La star Salah Al-Saadani profite du contexte politique, abordé dans la pièce, pour déclarer ses opinions politiques. Sur les planches, il fait plus office d’humoriste que de comédien, évoquant à travers les blagues et les anecdotes des sujets sociopolitiques d’actualité. Ainsi, sont traités des dossiers brûlants, tels : les élections présidentielles, les législatives, le pouvoir héréditaire, la grippe aviaire, les chansons en vogue, etc. D’autres comédiens participent à cette improvisation, à la légère mais dans un cadre plus limité. Les effets humoristiques, les blagues, les anecdotes constituent une astuce qui garantit d’arracher les rires du public. Pourtant, ce dernier consacre exclusivement ses acclamations aux chansons de Mounir.

May Sélim

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Al-Malek howa al-malek, une mise en scène de Mourad Mounir, tous les jours à 21h30 (relâche le mardi), au théâtre Al-Salam, rue Qasr Al-Aïni. Tél. : 795 24 84

 




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