| |
| Football
. Les fédérations européennes
se mobilisent pour mettre fin aux agissements racistes dont
les joueurs africains sont victimes lors des matchs de championnat
du Vieux Continent. |
| Carton
rouge au racisme |
|
Samedi
25 février, l’attaquant camerounais de la FC Barcelone, Samuel
Eto’o, est sifflé sur fond de chants racistes par les fans de
la Real Saragosse, pour la deuxième fois. Le numéro neuf de
la FC Barcelone, qui avait en réponse imité le singe la première
fois, s’apprête à quitter le terrain, rattrapé par ses coéquipiers
qui le persuadent de rester sur la pelouse pour terminer le
match qu’ils remportent finalement 2-0 à l’occasion de la 25e
journée de la Liga. L’affaire prend de l’ampleur, Eto’o étant
un grand joueur participant à un grand championnat, en l’occurrence
dans un grand club. Et elle n’est pas anodine.
En effet, ces dernières années, plus d’un joueur
africain ont été victimes de quolibets racistes de la part du
public européen. L’Egyptien Ahmad Hossam, dit « Mido », attaquant
de Tottenham (Ang), a dû subir lui aussi les chants racistes
orchestrés par les supporters de West Ham en raison de sa religion
musulmane ; l’Ivoirien Marc Zoro, défenseur de Messine (Ita),
est traité de la même manière par les fans de l’Inter Milan
en raison de sa couleur, etc. « C’est horrible ce qui se passe.
Certaines personnes n’ont pas encore compris que nous sommes
tous pareils », a simplement rétorqué Zoro.
Mais l’affaire Eto’o a montré aussi l’insuffisance
des mesures prises à l’encontre de ces agissements. La Fédération
d’Espagne s’est contentée d’infliger une amende de 9 000 euros
au club de Real Saragosse, qui n’en est d’ailleurs pas à sa
première pénalité, puisque déjà condamné pour agissement antisportif
à l’encontre d’Eto’o la saison dernière. 600 euros et 600 autres
en février dernier en raison d’une attitude similaire contre
Robert, l’attaquant brésilien de Real Betis . « A mon avis,
les sanctions prises par la fédération espagnole sont ridicules
», a déploré Joseph Blatter, le président de la Fédération internationale
de football (FIFA). Remarque que partage d’ailleurs Le Lion
camerounais : « Il faut avoir la main lourde et ne pas sanctionner
seulement avec l’argent. La fédération espagnole n’a pas fait
preuve d’une grande détermination. Et pourtant, une suspension
de stade, une obligation de jouer des matchs à huis clos, une
annulation de points au classement du championnat national,
de lourdes pénalités financières, la panoplie des sanctions
potentielles est très large. Il s’agit d’une volonté politique
et rien d’autre », fait-il remarquer.
Outre des actes de solidarité observés par
les fédérations espagnole et italienne, en retardant notamment
tous les coups d’envoi des matchs pendant cinq minutes, la communauté
internationale a décidé de se mobiliser.
|
|
Nouvelle législation
|
|
En effet, le comité exécutif de la FIFA a lancé
une campagne antiraciste. Une réunion aura lieu les 16 et 17
mars prochains afin de mettre en place une nouvelle législation.
« Nous allons imposer de lourdes sanctions afin de combattre
cette discrimination. Nous allons l’insérer dans le code disciplinaire
de la FIFA et demander aux associations affiliées de l’intégrer
dans leurs codes nationaux », martèle Blatter. Le pape Benoît
XVI a de son côté lancé un appel contre les discriminations
raciales lors du match amical Italie-Allemagne, qui a eu lieu
à Florence le 1er mars. En Espagne, le ministre des Sports,
Jaime Lissavetzky, a annoncé que des mesures strictes seront
prises contre les supporters qui tiendront des propos racistes.
Une amende individuelle de 7 000 dollars sera appliquée, outre
des recommandations faites à la fédération d’alourdir les sanctions
contre les clubs.
En France, un projet de loi est en cours, appuyé
par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui devrait
entrer en vigueur fin mars, début avril, pour empêcher l’entrée
des supporters condamnés.
Les choses semblent bouger, une vraie volonté
politique pour mettre fin à cette discrimination qui entache
le football se fait sentir, et ceci après une longue pratique
d’excuses circonstancielles qui n’ont pas empêché les insultes
ou les gestes racistes de se renouveler dans certains stades,
souvent les mêmes et mettant en cause les mêmes clubs. Il s’agit
maintenant de protéger le professionnalisme mais surtout les
joueurs africains, souvent la crème des clubs d’Europe et qui
pour cela déploient d’énormes efforts d’intégration pour animer
et faire le spectacle dans le Vieux Continent.
|
|
Karim Farouk
|
|
| Retour
au sommaire |
|
|