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Société Civile. Le secrétaire général de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme, Hafez Abou-Seada, évoque la conférence sur la réforme dans les pays arabes, tenue à Alexandrie du mercredi au vendredi.
« Le gouvernement a peur des ONG »

Al-Ahram Hebdo : Le rôle des ONG dans la réforme politique des pays arabes a fait l’objet d’une conférence organisée dans la Bibliothèque d’Alexandrie. Quelles recommandations ont été adoptées pour promouvoir ce rôle ?

Hafez Abou-Seada : Pour ce qui est du contexte, soulignons d’abord que les lois égyptiennes limitent les activités des partis politiques et des ONG, d’autre part, la lutte antiterroriste impose davantage d’obstacles à ces organisations. Ainsi, les activités des ONG travaillant dans le domaine politique sont étroitement surveillées par le gouvernement. Pour toutes ces raisons, les personnalités réunies ont appelé à l’annulation de l’état d’urgence et ont pris des recommandations favorisant la coopération entre l’Etat et les ONG dans le processus de réforme politique.

— S’agissant de la réforme politique, quel rôle jouent actuellement les ONG égyptiennes, selon vous ?

— Les ONG ont été longtemps confinées dans le domaine de bienfaisance, leurs activités étaient limitées à la distribution de certains services sociaux ou matériels. Mais au fil des années, ces organisations se sont de plus en plus intéressées à la chose publique et ont adopté de nouveaux slogans incitant à la participation populaire à la vie politique. Nous recensons aujourd’hui 26 organisations de défense des droits de l’homme à travers le monde arabe. Rien qu’en Egypte, le nombre des ONG est passé de 14 000 en 1994 à 16 000 aujourd’hui. Cela a aidé à promouvoir la culture politique parmi les populations arabes. Mais il faut dire que leur rôle reste relativement faible dans le domaine de la réforme politique à cause des restrictions imposées. Ceci est valable aussi bien en Egypte que dans les autres pays arabes. En Egypte, le gouvernement a toujours peur des ONG et ne soutient que celles qui défendent sa politique et partagent sa vision. Pour ne prendre qu’un exemple, l’Organisation égyptienne pour les droits de l’homme a dû lutter pendant 18 ans pour obtenir une reconnaissance officielle de la part de l’Etat. Beaucoup d’ONG n’y ont pas réussi et continuent leur combat.

— Le gouvernement égyptien garde toujours une position inflexible en ce qui concerne la question du financement des ONG. Y a-t-il une perspective d’assouplissement à cet égard ?

— Non. L’Etat refuse d’aider financièrement les ONG, notamment celles qui œuvrent dans le domaine des droits de l’homme. Cette situation oblige les ONG à solliciter un financement étranger, il faut le reconnaître. Cela dit, il faut réglementer ce genre de financement à travers un contrôle efficace du ministère des Affaires sociales pour assurer le maximum de transparence.

Samar Zarée

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