Depuis
que le mouvement Hamas a obtenu la majorité des sièges au
Parlement et depuis qu’il a été chargé de former le nouveau
gouvernement, les campagnes israéliennes de diffamation contre
le mouvement islamiste n’ont pas cessé. Ces campagnes ne se
sont pas limitées au Hamas, mais ont touché le peuple palestinien
en entier et ceci par l’intermédiaire de pressions dans l’objectif
d’interrompre les aides financières accordées aux Palestiniens.
En effet, l’Union Européenne (UE) et les Etats-Unis ont menacé
de supprimer ces aides. De plus, Israël menace de ne pas donner
aux Palestiniens les sommes qui lui sont dues et qui ont pour
source les taxes douanières sur les articles importés par
l’intermédiaire d’Israël.
Nombreux
sont ceux qui pensent que ces menaces constituent une punition
collective pour le peuple palestinien. Or, l’UE est revenue
sur ces menaces et a décidé d’octroyer 143 millions de dollars
en tant qu’aides urgentes à l’Autorité palestinienne toujours
présidée par Mahmoud Abbass. Et ce avant la formation du nouveau
gouvernement et avant que l’Administration américaine ne remette
en question ses aides aux Palestiniens de façon à ce qu’elles
restent loin des mains du Hamas. Cependant, le monde entier
ignore la punition réelle dans laquelle se trouve actuellement
le peuple palestinien. Jeudi dernier, Israël a informé l’Autorité
palestinienne qu’il n’allait pas rouvrir le passage Al-Mintar
qui est l’unique point de passage pour l’exportation des marchandises
de la bande de Gaza vers Israël et l’étranger. Et ce conformément
à des ordres donnés par le ministre israélien de la Défense.
Cette décision est en contradiction avec une autre adoptée
le jour d’avant et qui prévoyait la réouverture du passage.
Selon les déclarations des responsables palestiniens, cette
décision nuit au peuple palestinien sur le plan économique
et humain et menace de provoquer une pénurie alimentaire.
La Compagnie palestinienne du développement économique a assuré
que le secteur de l’agriculture à Gaza était sur le point
de s’effondrer à cause de la fermeture des passages. Le problème
n’est donc pas la victoire du Hamas mais la poursuite de la
politique d’oppression du peuple palestinien. L’affaire est
donc beaucoup plus importante que les aides qui préoccupent
actuellement l’Occident. Si le peuple palestinien n’a pas
la chance de vivre de façon décente, il devient impossible
de parler de paix et de stabilité au Proche-Orient. Un peuple
qui souffre d’une pauvreté aiguë et du chômage ne peut croire
que les parties qui interdisent les subventions sont les mêmes
qui veulent l’aider à parvenir à un règlement politique. Ce
sont ces mêmes parties qui ne font que regarder de loin le
blocus imposé à ce peuple.