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Palestine. Des
dirigeants du Hamas se sont rendus en Russie, profitant du fait
que Moscou cherche à réaffirmer son rôle de médiateur au Proche-Orient.
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| Poutine
s'immisce dans le dialogue |
Dans
une première mission occidentale, des dirigeants du mouvement
islamiste palestinien Hamas ont terminé dimanche une visite
sans précédent à Moscou en renvoyant la balle dans le camp des
Israéliens pour toute relance du processus de paix. Même si
la visite n'a pas mené à des résultats concrets, la délégation
a qualifié de « très réussie » cette première grande sortie
internationale depuis la victoire du Hamas aux législatives
palestiniennes de janvier dernier. « Nous considérons cette
visite comme une très importante percée », a déclaré Mohammed
Nazzal, membre de la délégation du Hamas conduite par le chef
du département politique, Khaled Mechaal. « L'Administration
américaine cherche à isoler le Hamas, elle cherche à nous assiéger
politiquement. Cette visite en Russie est notre première et
nous espérons établir de bonnes relations entre la Russie et
le Hamas dans l'avenir », a ajouté M. Nazzal. Le mouvement radical
a vu dans sa visite à Moscou un début de légitimité internationale.
« Elle constitue un tournant, elle encouragera beaucoup de pays
à prendre contact avec le Hamas et à l'inviter », a estimé M.
Nazzal.
Toutefois, cette visite de bon augure n'est
pas synonyme d'une disposition du mouvement à se plier aux
exigences du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne,
Onu), réaffirmées par Moscou au cours des discussions de ces
trois journées, en particulier la reconnaissance du droit
d'exister d'Israël.
« Si les Israéliens sont prêts à reconnaître
les droits des Palestiniens et un Etat palestinien complètement
indépendant, dans ce cas, nous serons prêts à annoncer notre
position concernant Israël », a déclaré un membre de la délégation,
Mohammed Nazzal. « Nous ne disons pas non à tout. Nous savons
que nous sommes dans une nouvelle phase et que le Hamas doit
changer mais si vous voulez que le Hamas change de politique,
vous devez aussi demander aux Israéliens de changer la leur
», a-t-il déclaré. M. Nazzal a même démenti que la Russie
ait demandé au Hamas de reconnaître Israël. « Nous n'avons
pas rejeté les appels russes. Ils ne nous ont pas appelés
à reconnaître Israël », a-t-il affirmé.
De son côté, le leader du Hamas, Khaled Mechaal,
a réitéré la position de son mouvement en soulignant qu'Israël
devait d'abord se retirer de « tous les territoires occupés
depuis 1967 », « permettre le retour des réfugiés » et « libérer
tous les prisonniers ».
Toutefois, la visite a été marquée par un
changement du ton du discours du Hamas, les déclarations étant
devenues moins radicales. MM. Mechaal et Nazzal n'ont cependant
pas exclu publiquement toute reconnaissance du droit à l'existence
d'Israël, alors que des membres de la délégation s'étaient
exprimés en ce sens auprès des médias. « Ce ne sont que des
informations de presse », a commenté M. Nazzal.
Le président de la commission des affaires
internationales de la chambre haute du Parlement russe, Mikhaïl
Marguelov, a souligné à l'issue d'une rencontre avec M. Mechaal
que « le Hamas fait preuve de pragmatisme pour construire
une vie pacifique dans les territoires palestiniens et il
sera pragmatique dans ses rapports avec Israël ».
Le président russe, Vladimir Poutine, qui
avait pris de court la communauté internationale et déclenché
l'ire d'Israël en invitant le Hamas à Moscou, a multiplié
les contacts afin de maintenir la dynamique ainsi créée. Il
a rendu compte de la visite du Hamas au premier ministre israélien
par intérim, Ehud Olmert, à ses homologues américain George
W. Bush, et français Jacques Chirac, à la chancelière allemande
Angela Merkel et au président du Conseil italien Silvio Berlusconi.
Il a de même téléphoné au président égyptien Hosni Moubarak.
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Visite utile
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La Russie, dont l'influence au Moyen-Orient
avait été éclipsée par l'effondrement de l'URSS, entend également
ainsi retrouver toute sa place dans la région et dans le processus
de paix. En invitant le mouvement radical palestinien à Moscou,
le président Vladimir Poutine a clairement manifesté ses ambitions
alors que les Occidentaux s'interrogent encore sur l'attitude
à adopter face au Hamas.
« Pour Poutine, c'est une chance de revenir
au Moyen-Orient. Peut-être pourra-t-il trouver une voie entre
les pragmatiques et les radicaux du Hamas, une plate-forme pour
une base de négociations plus large », estime Alexeï Malachenko,
au Centre Carnegie de Moscou.
En accueillant prudemment l'invitation du Hamas
à Moscou, les Etats-Unis et l'Union européenne ont concédé de
fait que la Russie avait peut-être une carte à jouer et que
ces entretiens permettraient d'y voir plus clair sur les intentions
du mouvement, toujours considéré comme terroriste à l'Ouest.
« Personne d'autre ne pouvait se permettre
d'inviter le Hamas. Poutine n'a guère d'opposition en Russie,
c'était plus facile pour lui », relève Victor Kremeniouk, de
l'Institut d'études des Etats-Unis et du Canada à Moscou. «
Il essaie peut-être aussi d'envoyer un signal à sa propre communauté
islamique. Cela change l'image de la Russie, qui refuse par
ailleurs de négocier avec les Tchétchènes », ajoute M. Kremeniouk.
Washington a également jugé « utile » la rencontre
du Hamas avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov,
et s'est félicité du fait que Moscou ait rappelé « clairement
» au mouvement palestinien les demandes du Quartette de médiateurs
pour le Proche-Orient. « C'est utile car il est important que
le Hamas entende de tout un chacun les attentes de la communauté
internationale, qui sont qu'il reconnaisse Israël et qu'il accepte
les obligations et les engagements pris par l'Autorité palestinienne
», a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Adam Ereli.
« C'est un choix que nous souhaitons tous voir le Hamas faire.
Si l'entendre directement et nettement des Russes peut servir
cet objectif, tout est très bien », a-t-il poursuivi .
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| Rania Adel |
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