Omar
effendi . La vente prochaine
de la chaîne de grands magasins égyptiens soulève une
vive controverse. Ses détracteurs estiment que le prix
de cession est considérablement sous-évalué. Explications.
|
| La
querelle des chiffres |
|
450
millions de dollars. C’est la valeur de la chaîne Omar
Effendi, dont la cession est actuellement en négociation,
selon une évaluation de l’Organisme Central des Comptes
(OCC). Stipulée par la loi régulant le processus de privatisation,
cette évaluation réalisée il y a un an fait problème chez
certains experts, qui la considèrent trop basse. Et cela
même si l’OCC a avancé le chiffre de 650 millions, au
cas où l’acheteur voudrait acquérir les actifs de l’entreprise.
Le débat a en fait éclaté lorsque la
presse a dévoilé, fin février, l'existence d'une offre
d’achat présentée par la chaîne saoudienne Anwal (Voir
encadré). Cette offre est de 530 millions de L.E., soit
80 millions de plus que l’évaluation de l’OCC. « C’est
pourtant l’offre la plus élevée qu’on ait jamais reçue
pour Omar Effendi », commente Mohamad Hassouna, expert
en évaluation au bureau technique du ministère de l'Investissement,
qui rappelle que la performance de l'entreprise est «
lamentable » : les profits nets de Omar Effendi représentent
en effet seulement 0,45 % de son chiffre d’affaires de
2005. Un an auparavant, l’entreprise enregistrait même
un chiffre négatif avec des pertes à hauteur de 821 000
L.E. Sans compter que, comme l'explique Hassouna, l’acheteur
devra procéder à des investissements pour restructurer
la société, soulignant de plus que l’offre d’Anwal implique
que cette dernière gardera en poste les 5 870 employés
de l'entreprise même si certains refusent une mise à la
retraite anticipée.
Pour embellir le tout, le ministre de
l'Investissement, Mahmoud Mohieddine, a annoncé le 2 mars
que des représentants des employés auraient le droit de
participer à la formulation du contrat de vente de Omar
Effendi, pour y garantir leurs droits et revendications,
notamment en ce qui concerne le fonds d’assurance. Mohieddine
a d'autre part déclaré que si la transaction était conclue,
les employés recevraient un bonus équivalent à 6 mois
de salaire, en deux versements. De quoi avoir poussé l’Union
des employés de Omar Effendi à approuver la transaction.
|
|
Le pire des scénarios
|
|
Autant d'arguments qui ne suffisent pas
à convaincre l’organe d’expression du parti d'opposition
Al-Wafd, lequel mène une campagne contre la future transaction.
Un autre organe indépendant, Al-Alam Al-Yom, lui a emboîté
le pas en publiant l'information selon laquelle un comité
non officiel — formé des présidents de 18 autres entreprises
publiques — a estimé Omar Effendi à 1,1 milliard de L.E.
Cette récente évaluation a été présentée au président
de la société Holding de commerce intérieur, Hadi Fahmi.
Ce dernier explique, à Al-Ahram Hebdo, que cette évaluation
est le fruit d'une recommandation de la banque promotrice
de la vente, Al-Ahli. « Le pire des scénarios évoqués
: la liquidation, au cas où aucun acheteur ne serait intéressé
par la chaîne dans sa globalité. Cela entraînerait la
vente des succursales de Omar Effendi une par une. Tout
cela conduit à une augmentation de la valeur totale, notamment
parce que deux de succursales de Omar Effendi sont des
immeubles classés », estime Fahmi.
Par ailleurs, ce qui a vraiment mis de
l’huile sur le feu dans le débat est le mémorandum de
Yéhia Hussein Abdel-Hadi, directeur de la chaîne publique
Benzayon, qui croule sous les dettes, déposé au Parquet
le 5 mars dernier. Ce que déplore le PDG de Omar Effendi.
« Ce coup dur intervient à un moment où nous étions sur
le point d'obtenir des avantages très importants de la
part de l'acheteur ». Abdel-Hadi a de surcroît accusé
le ministre de l’Investissement et Hadi Fahmi de brader
Omar Effendi. Ce que Mohieddine a immédiatement réfuté,
en déclarant que la nouvelle évaluation n'émane pas du
comité officiel et donc ne mérite pas d'être prise en
compte. Le gouvernement se contentant de s'accrocher bec
et ongles au travail de l’OCC, comme le stipule la clause
19 de la loi 203.
En cas de besoin, et toujours selon la
même loi, il peut néanmoins avoir recours à un autre comité
d'évaluation tripartite, officiel celui-là, qui regroupe
avec le représentant de l’OCC un représentant du ministère
des Finances et un autre du Conseil d'Etat. Mais Fahmi
souligne qu'une troisième évaluation, effectuée en décembre
2005 par un bureau d'expertise, a approuvé le prix de
450 millions de L.E. Elle a ensuite été présentée au comité
tripartite. L'affaire n'est pour autant pas tranchée,
puisque le comité en question n'a pas fait connaître son
opinion.
|
| Dahlia
Réda |
|
| Retour
au Sommaire |
|
| Qui
est Anwal ? |
|
La compagnie saoudienne Anwal, spécialiste
du prêt-à-porter, est basée à Riyad. Avec plus de 70 succursales
dans le Royaume, sa stratégie est d'étendre son activité
aux pays du Moyen-Orient. La société possède son propre
centre de formation du personnel, ce qui représente un
atout considérable pour le PDG actuel d'Omar Effendi.
Anwal a obtenu les franchises de 38 grandes marques étrangères
de prêt-à-porter, dont Etam S.A., Origem, Orchestra, et
Jacadi. Anwal devrait aussi devenir prochainement l'agent
de la chaîne américaine Oshkoshb Gosh en Arabie saoudite.
|
|
Offres d'achats
précédentes
|
Société |
Date |
Valeur
(millions de L.E.) |
|
Americana (Egypte) |
1999 |
300 |
|
Groupe des industriels Misr(Egypte) |
1999 |
350 |
|
Groupe Mohaïdeb, (Arabie saoudite) |
200 |
300 |
|
Groupe Soltan, (Koweït) |
2005 |
250 |
|
|