Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Arts

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Femmes
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Cinéma . Des projets de films sur la vie du fondateur de la confrérie des Frères musulmans, Hassan Al-Banna, a provoqué une polémique entre sa famille et les cinéastes.

Al-Banna est-il intouchable ?

La famille d'Al-Banna, guide fondateur de la confrérie des Frères musulmans, a affiché son refus d'entamer tout projet cinématographique sur la vie de ce dernier sans son autorisation. En fait, un scénario écrit par le journaliste Mohamad Al-Baz et quatre autre projets en cours d'élaboration sur la carrière du défunt ont attisé la colère et l'inquiétude des adeptes de la confrérie et de sa famille.

« La vie de Hassan Al-Banna est unique et ne se prête pas à une dissection selon les visions des scénaristes d'appartenances idéologiques et politiques diverses », s'insurge Sami Rachad, l'un des dirigeants politiques de la confrérie. Et d'ajouter : « Al-Banna est une éminente figure de proue politique et religieuse. Le scénario qui aborde sa vie doit tenir compte objectivement de son impact et de son parcours singuliers. Eléments qui manquent aux composantes des scénarios actuels ».

Hassan Al-Banna a fondé la confrérie des Frères musulmans le 11 avril 1929 au Caire, sur l'idée que le seul moyen de libérer son pays de la colonisation culturelle britannique est le recours à un islam social, d’une approche politique, d'où le prestige qui a rehaussé sa renommée de leader jusqu'à son assassinat en 1949.

La semaine dernière, le scénario Hassan Al-Banna wal lazina maahou (Hassan Al-Banna et ses adeptes), écrit par le journaliste Mohamad Al-Baz, connu pour ses tendances et ses écrits antagonistes à la confrérie, vient d'être rejeté par celle-ci, selon un communiqué public. « Ce scénario manque malheureusement d'objectivité, l'écrivain y est allé jusqu'à mettre en doute l'idéologie de notre mouvement, les objectifs de Hassan Al-Banna et même les vrais motifs du djihad des membres de la confrérie, d'où notre refus unanime », ajoute Rachad.

Le scénario mentionne que la confrérie des Frères musulmans a vu le jour grâce aux subventions avancées par l'occupation anglaise, et que ses moudjahidines s'exerçaient à la lutte en Palestine pour acquérir la force nécessaire pour tourner les armes contre le régime égyptien et répandre la violence en Egypte. Ce qui a avivé la grogne d'Ahmad Seiffel-Islam, fils d'Al-Banna, et l'a conduit à déclarer que sa famille est en voie de préparer un film sur le guide avec le concours de scénaristes koweïtiens et de grands comédiens tel Nour Al-Chérif, dans le rôle du guide. Le tournage du film aura lieu en Syrie puisque, selon ses dires, l'Etat égyptien a refusé son tournage sur son territoire. Quant à Gamal Al-Banna, frère du guide, il s'est montré prêt à se montrer favorable aux projets de films de cinéastes qui tiennent compte du rôle d'envergure du guide. Cependant, un grand nombre de cinéastes a manifesté son refus de toute tutelle imposée par la famille de l'islamiste à ses projets. Le scénariste Wahid Hamed, qui prépare un autre scénario sur Al-Banna, a insisté sur l'idée que le traitement de la vie de toute personne publique devient possible et autorisé par la loi, après 50 ans de sa mort. Pour sa part, l'écrivain Mahfouz Abdel-Rahmane trouve ce différend assez alarmant.

« Il faut supprimer tout tabou interdisant les projets cinématographiques concernant les célébrités et les personnes publiques sans toutefois négliger le droit de regard de leurs héritiers sur ces projets, visant à les rendre crédibles et objectifs et non à engranger des recettes de leur mise en place ou à contrecarrer la liberté d'expression », rétorque-t-il. Toutefois, certains cinéastes optent pour l'idée de soumettre le débat sur le traitement de la vie d'une personne publique au Parlement. En effet, beaucoup craignent l'émergence d'un nouveau type de censure, de quoi nuire encore plus à la créativité et à la liberté d'expression.

Yasser Moheb

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631