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liste des candidats pour l'Oscar du meilleur film étranger a
renfermé cette année un lot assez considérable de surprises,
soulevant de vives controverses. Dont la plus importante est
celle des groupes pro-sionistes qui ont essayé de mettre hors
course le film palestinien Paradise Now (Le Paradis maintenant)
de Hani Abou-Assaad.
Premier long métrage
palestinien nommé aux Oscars du cinéma, ce film raconte l'histoire
de deux amis d'enfance Khaled et Saïd, désignés pour commettre
un attentat suicide à Tel-Aviv. Engagés volontaires depuis plusieurs
années dans une faction, ils sont liés par un contrat moral.
Ils passent une dernière soirée avec leurs familles sans pouvoir
toutefois leur dire adieu. Le lendemain, munis de leurs ceintures
d'explosifs, ils sont conduits à la frontière, mais l'opération
n'a pas lieu comme prévu.
Sensibles à ce
contenu explosif qui invite à réfléchir sur l'occupation israélienne
des territoires palestiniens, les activistes sionistes ont organisé
une grande pétition, réunissant 32 000 signatures de contestataires,
pour stigmatiser la position privilégiée du film dans la catégorie
Meilleur film étranger. Pendant que ceux-ci estiment que le
film glorifie le terrorisme, certains Palestiniens le contre-attaquent,
en revanche, parce qu'il banalise les attentats suicide, en
les présentant en tant que fruit du désespoir et non pas qu’aspect
de la philosophie du djihad religieux.
Ce débat à fond
politique n'est pas sans rappeler la mise à l'écart du film
palestinien Intervention divine, d'Elia Suleiman, du même prix,
en 2003, fondée sur l'argument que la Palestine n'est pas reconnue
comme une nation indépendante. Une décision politique qui a
fait tomber le masque de l'objectivité de ce prix américain,
dont les statuts consistent à « promouvoir l'art sans distinction
de race, de religion ou de conviction politique ».
Cependant, le concours
de Paradise Now à la statuette de prestige cette année n'est
pas le fruit du hasard. Il rime d'une part avec le succès européen
que le film a rencontré par le dénigrement de la philosophie
islamique du martyr, et d'autre part avec la montée du courant
pacifiste et anti-guerre adopté par les Américains à l'encontre
de la politique ultra-conservatrice de l'Administration Bush.
Ce qui redore le blason à ce prix artistique qui avait perdu
un pan de sa crédibilité au gré des changements politiques même
si le film n’a pas été primé.
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