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ne fait aucun doute : Chabana est un talent exceptionnel.
Il n’empêche que ce jeune sportif de 26 ans a travaillé
dur pour démontrer qu’il est aussi capable de performances.
Mais cela a payé : avec 2 titres de champion du monde
de squash, Chabana est devenu le premier Egyptien à réaliser
un tel exploit. « Quand j’ai remporté ce titre, le plus
prestigieux du circuit, pour la première fois en 2003,
j’ai réalisé que mon nom serait à jamais inscrit dans
les annales du squash mondial. Mais cela ne m’a pas suffi.
J’ai voulu démontrer que je ne devais rien au hasard et
remporter le titre une deuxième fois », souligne Amr Chabana,
actuel 3e mondial au classement PSA (Association des joueurs
professionnels de squash), qui a remporté le titre de
champion du monde pour la deuxième fois en 2005. Du jamais-vu
dans le monde du squash, faisant de Chabana un véritable
mythe sportif, succédant ainsi aux deux légendes pakistanaises
Jahanguir Khan et Jansher Khan, lesquels se sont retirés
du jeu, il y a une quinzaine d’années.
Chabana ne
se comporte cependant pas en star. D’ailleurs, son exploit
n’a pas eu beaucoup d’échos dans la presse. Le squash
n’est peut-être pas un jeu aussi populaire que le football
mais cela ne le dérange pas. Pour lui, le squash est avant
tout un hobby, un plaisir. « Je ne suis pas un stratège.
Pendant un tournoi, je ne pense qu’au match du jour. Le
titre ne m’obsède pas », dit ce joueur international qui
n’accorde pas souvent d’interviews et lorsqu’il le fait,
c’est sous les pressions de sa famille.
Etre champion
du monde exige un travail assidu tout au long de l’année.
Cela va de soi. Chabana tient à participer à 10 tournois
de première catégorie dans l’année et en terminer au moins
finaliste. C’est le deuxième joueur de squash égyptien
après l’ex-champion Ahmad Barrada à gravir l’échelon du
classement pour atteindre le top 5 mondial. « Figurer
dans le top 5 est un challenge très différent. Quand je
suis devenu champion du monde en 2003, j’ai décidé de
prendre l’affaire au sérieux. J’ai entièrement changé
mon style de jeu et commencé à faire des projets à long
terme. C’est pourquoi je suis passé entre le début 2004
et la fin 2005, de la 18e à la 3e place mondiale ». Depuis
que Chabana a remporté le titre de champion du monde,
son comportement a aussi complètement changé. Avant, il
était un joueur entêté, nerveux et lunatique. Tantôt,
il s’imposait face à n’importe quel adversaire mieux classé
et plus expérimenté que lui. Tantôt, il perdait sa concentration
sans raison apparente, et se faisait battre à plate couture
par un débutant.
Chabana a
l’esprit d’un champion qui rêve de dominer pendant longtemps
le classement mondial PSA et accomplir une autre première
égyptienne. Début mars, il a remporté le Tournoi des champions,
un des plus importants du circuit, lequel lui a offert
suffisamment de points pour décrocher la tête du classement
en avril 2006, notamment grâce au retrait annoncé de Jonathon
Power, l’actuel n°1 mondial. « Aujourd’hui, il est très
difficile de rester n°1. Il faut gagner au moins 6 tournois
par an, observer attentivement tous les joueurs du circuit
pour identifier leurs points faibles et adapter mon jeu
en conséquence », explique-t-il. Mais il y travaille.
Chabana s’entraîne sans cesse pour combler ses lacunes,
passe des heures à courir ou en salle de musculation.
Il a même essayé de vivre à l’étranger et participer aux
championnats locaux, hollandais et allemands, histoire
de faire évoluer son jeu. Très attaché à sa famille, l’expérience
n’a de ce fait duré qu’en temps. Surtout que le champion
est maintenant un jeune marié. Un nouveau statut qui lui
a apporté de la stabilité, comme en témoigne sa mère :
« Tout s’est arrangé pour mon fils après son mariage.
Je crois qu’il était temps qu’il récolte les fruits de
ses efforts passés, durant plus de 10 ans de circuit professionnel
». Ancienne joueuse nationale, elle est bien sûr très
fière de son benjamin. Car Chabana appartient à une famille
de sportifs. Son père est aussi un ancien joueur national
de squash. Et sa sœur, Salma Chabana, a atteint le top
20 mondial. Un autre exploit pour le squash féminin égyptien
!
L’aisance
matérielle de la famille est venue faciliter les choses.
Notamment quand il s’est agi de déplacements à l’étranger
pour des tournois. « Mais j’ai d’abord du talent ! »,
s’exclame-t-il, un grand sourire aux lèvres. Pour le développer,
il a ses exigences : « Ma capacité de concentration est
un élément-clé de ma réussite. Il me faut du calme, j’ai
besoin de m’éloigner des endroits bruyants », précise-t-il.
Contrairement à d’autres champions, il fuit les admiratrices
et toutes les célébrations pouvant le placer sous les
feux des projecteurs. Il préfère la compagnie d’autres
joueurs de squash, à parler des tournois et des diverses
équipes. « J’appréciais beaucoup le jeu de Jansher Khan,
l’ex-légende pakistanaise de squash. Il est rapide et
en même temps ses mouvements sont légers en plein court.
Son expérience faisait de ses matchs un événement spectaculaire.
Il était parfait ». Le jeu est devenu beaucoup plus ouvert,
mais cela lui plaît. « A la fin des années 1990, le jeu
était à sens unique. On avait toujours Jansher Khan et
2 autres joueurs qui trônaient au classement. Maintenant,
les niveaux des joueurs du top 10 sont très proches. Les
pronostics sont devenus plus difficiles. C’est plus intéressant
pour le public et pour le joueur ».
Ceci dit,
il aimerait que les supporters soient plus nombreux pour
que le squash devienne enfin une discipline olympique.
C’est l’un des critères du Comité olympique international.
Pour lui, cela contribuerait à encourager les Egyptiens
puisque, de ce fait, chaque fédération nationale recevrait
un confortable financement. « J’attends avec impatience
une compétition qui se déroulera dans le cadre des Jeux
olympiques. Ce sera l’âge d’or du squash, de ses joueurs
et de ses fans », souligne Chabana. Il est clair pour
Talha Hussein, son préparateur physique, que si ce jour
arrive, le champion saura s’illustrer. « Chabana est le
joueur le plus parfait du circuit. Il est rapide, sait
contrôler le jeu, rusé, prévoyant ... Son style changeant
ne laisse aucune chance à ses adversaires ». Les joueurs
du circuit sont prévenus.
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