L’Egypte participe actuellement à une grande
manifestation sur la diversité biologique qui a commencé le
13 mars et dure jusqu’au 31 mars, dans la ville de Curitiba
au Brésil. Cette manifestation qui adopte le slogan « Réalisons
ensemble l’Objectif de 2010 » comprendra en clôture, comme point
fort, la huitième réunion de la conférence des parties à la
Convention sur la diversité biologique (CdP8). Objectif : savoir
jusqu’à quel point sont arrivés les pays membres dans la réalisation
de l’Objectif fixé en 2002 lors du Sommet de la Terre à Johannesburg
et visant à assurer d’ici 2010 une forte réduction du rythme
actuel de perte de diversité biologique aux niveaux mondial,
régional et national à titre de contribution à l’atténuation
de la pauvreté et au profit de toutes les formes de vie sur
la planète.
En effet, le programme des petits crédits dépendant
du Fonds mondial de l’environnement a décidé de financer des
projets dans ce contexte dans 10 pays du monde, y compris l’Egypte.
C’est pourquoi le coordinateur national de ce programme en Egypte,
le Dr Emadeddine Adli, a tenu une réunion la semaine dernière
qui a regroupé toutes les parties concernées, que ce soient
les responsables gouvernementaux, les professeurs de l’université,
les représentants de la société civile ou les représentants
des Organisations non gouvernementales dans l’objectif de sélectionner
de 3 à 5 priorités que la délégation égyptienne présentera au
Brésil.
« Il faut savoir que la réalisation de l’Objectif
de 2010 pour la diversité biologique, qui est essentielle pour
assurer l’avenir de la planète, exigera un effort sans précédent.
Elle nécessitera l’engagement, non seulement des gouvernements,
mais aussi de toutes les parties prenantes et, par conséquent,
de tous les citoyens du monde », assure le Dr Adli. Dr Moustapha
Fouda, chef du secteur de la protection de la nature au sein
de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement
(AEAE), a partagé l’opinion de Adli, tout en ajoutant que l’Objectif
de 2010 n’est pas facile à réaliser, car il comporte un très
grand nombre de ces objectifs.
« Nous sommes réunis pour fixer nos priorités
de travail durant les 4 années suivantes », explique-t-il.
L’expert international, le Dr Mohamad Abdel-Fattah
Al-Qassas, lui, avait un point de vue bien ciblé. « Je vois
que les priorités de l’Egypte doivent aller de pair avec la
stratégie nationale de la diversité biologique (1997-2017) qui
a été ajoutée au plan national de l’Etat au ministère de la
Planification comme base pour le développement durable des ressources
naturelles en Egypte. Quand nos priorités viennent compléter
notre stratégie nationale, cela donnera aux initiatives égyptiennes
un aspect de crédibilité et elles seront ainsi appréciées par
la société internationale », pensait Al-Qassas.
En effet, le partenariat est un mot-clé dans
les initiatives qui seront présentées par l’Egypte. Le Dr Emadeddine
Adli a assuré qu’un partenariat fort pourra frayer la voie à
une assistance internationale, d’autant plus que l’Egypte a
connu beaucoup de cas de partenariats réussis comme celui du
plan de protection de la zone humide de Borollos dans le Delta
du Nil.
« Cet exemple de partenariat à Borollos n’est
pas le seul, mais il vient montrer comment les simples pêcheurs,
une fois entraînés, peuvent préparer un projet de protection
et sont capables ensuite de négocier le financement avec le
coordinateur général du FME », a déclaré Al-Qassas.
Vers la fin de la réunion, les participants
se sont mis d’accord pour classer leurs priorités de façon qu’elles
couvrent les défis affrontés par le Nil, la mer Rouge, la Méditerranée,
la diversité biologique ainsi que les législations les concernant.