Al-Ahram
Hebdo : Le Forum national sur le développement du Bassin du Nil
est le complément de l’Initiative du Bassin du Nil (IBN) créée
en 1999. Pourquoi cette période de 6 ans entre les deux ?
Emadeddine Adli
: Il était indispensable,
pour obtenir de meilleurs résultats, de faire participer la
société civile à l’IBN créée par les gouvernements, et financée
par la Banque mondiale et le Canada. D’où la nécessité de former
au niveau des ONG le Forum international du Bassin du Nil (Nile
Basin Discourse, NBD) représentant des pays riverains du Nil.
Selon celui-ci, il fallait que chacun des 10 pays riverains
du Nil forme un Forum national sur le développement du Bassin
du Nil (National Discourse Forum, NDF). Il a été décidé que
trois membres de ce forum représenteraient leurs pays dans les
réunions du NBD. Puis, en 2003, le Bureau Arabe des Jeunes et
de l’Environnement (BAJE), dont je suis aussi le président,
a tenu trois réunions régionales regroupant les ONG des gouvernorats
d’Egypte dans le bassin du Nil afin de déterminer leurs besoins
les plus importants. Quelque 474 participants ont été présents
à ces réunions en Egypte. Jusqu’à présent, 30 ONG ont adhéré
au Forum.
— Des réunions
du NDF se sont pourtant déroulées en 2003 ...
— Oui, malheureusement
le projet a été suspendu à cause de l’absence de financement.
Mais l’agence d’aide anglaise, Department For International
Developement-UK (DFID-UK), vient de nous octroyer un financement
de deux ans (début 2006-fin 2007). Durant les 6 premiers mois,
nous allons fixer nos objectifs puis pendant les 18 autres mois,
aura lieu la phase d’exécution des projets.
— Quels sont
les objectifs du NDF ?
— Ce Forum a plusieurs
objectifs, dont le plus important à mon avis est de sensibiliser
à la protection du Nil. Créer un partenariat réel entre les
organisations de la société civile et les gouvernements figure
également parmi nos objectifs. En outre, nous voulons installer
des réseaux de communication entre les différents forums nationaux
des autres pays riverains pour un échange de points de vue et
d’expériences. Ce qui est vraiment intéressant, c’est que le
Forum a reçu 15 demandes d’ONG pour former des Forums au niveau
des gouvernorats.
— Quels défis
le NDF devra-t-il relever pour atteindre ses objectifs ?
— Avant de répondre
à cette question, je veux dire que le Nil, c’est l’Egypte et
que l’Egypte, c’est le Nil. Sans ce fleuve, les pharaons n’auraient
pas pu créer leur civilisation. Contrairement à l’Egypte, les
autres pays du Bassin du Nil ont d’autres ressources d’eau douce
comme l’eau des pluies. Malgré l’importance que représente aujourd’hui
le Nil dans la vie des Egyptiens, le fleuve souffre de nombreux
maux. Les usines y déversent leurs déchets, plus de 500 villes
y jettent leurs égouts. Plus de 250 bateaux de croisières y
versent leurs déchets. En plus de l’établissement des deux plus
grandes régions industrielles au commencement et à la fin du
Nil, à Hélouan et à Choubra Al-Kheima.
En fait, les défis
sont innombrables, nos efforts continus sont nécessaires. Si
le pessimisme nous gagne, nous serons incapables d’avancer.
— Comment comptez-vous
alors procéder ?
— Nous avons tenu
une conférence d’inauguration la semaine dernière au Caire pour
lancer officiellement le Forum. Les représentants des ONG sont
venus de 15 gouvernorats pour participer à la conférence. Des
représentants du ministère de l’Irrigation et des Ressources
hydrauliques, des professeurs d’université et des représentants
des médias étaient également présents. Cette conférence avait
comme objectif d’exposer le plan de travail et d’attribuer les
responsabilités. Nous commencerons à agir avec ce qu’on a appelé
« la première étape pratique ». Parmi les objectifs de cette
étape : fournir le support logistique et technique nécessaire
pour rendre le NDF actif et influent, établir un secrétariat
et renforcer les forums locaux dans les différents gouvernorats
égyptiens dans le bassin du Nil. Au cours de cette période,
nous produirons du matériel d’informations comme des brochures
et des cédéroms ainsi qu’un film sur les menaces qui pèsent
sur le Nil.
A la fin de la
conférence, les ONG se sont mises d’accord pour organiser chacune
un atelier dans leurs gouvernorats respectifs afin de mettre
en place un plan de travail jusqu’à la fin 2007.
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