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Visite . Le séjour en Egypte du prince Charles et de son épouse Camilla a été placé sous le signe du rapprochement entre les religions.
Gestes de tolérance

A l’issue d’une visite officielle de 5 jours, la deuxième à l’étranger depuis leur mariage en avril 2005, le prince Charles et son épouse Camilla ont quitté l’Egypte vendredi pour l’Arabie saoudite, poursuivant une tournée de deux semaines qui les emmènera également en Inde.

Le couple princier a d’abord passé trois jours au Caire où il a dîné avec le président Hosni Moubarak. Charles et Camilla ont visité le parc d’Al-Azhar et assisté à l’inauguration de l’Université britannique du Caire, avant de se rendre dans l’oasis de Siwa, à l’ouest du pays. Le couple s’est rendu également sur le site de la célèbre bataille de la seconde guerre mondiale Al-Alamein. Un lieu hautement symbolique pour Camilla, car c’est là que son père fut blessé et capturé. Ce voyage officiel mais aussi touristique a été placé sous le signe de la tolérance religieuse et du « respect mutuel entre les religions ».

C’est dans le grand hall de l’Université islamique d’Al-Azhar du Caire, la plus importante de l’islam sunnite, que le prince Charles a longuement prôné la tolérance et le respect entre les religions.

Accompagné de son épouse Camilla, Charles a prononcé un discours devant près d’un millier de dignitaires religieux et laïques ainsi que des étudiants islamiques. L’héritier du trône britannique a critiqué les caricatures du prophète Mohamad parues au Danemark, ainsi que les violences survenues après leurs parutions. « Le mouvement de colère contre les caricatures danoises montre le danger qu’il y a à ne pas s’écouter et à ne pas respecter ce qui est précieux et sacré chez les autres », a-t-il dit.

Douze dessins satiriques du prophète Mohamad avaient été publiés en septembre 2005 par le plus grand quotidien danois, Jyllands-Posten, avant d’être reproduits par d’autres journaux dans le monde, essentiellement en Europe. Leur publication a provoqué la colère de nombreux musulmans qui y ont vu une offense à l’islam.

« Les images de communautés déchirées par des conflits religieux — de la Bosnie à Bagdad, de la Tchétchénie à la Palestine — sont la preuve que les malentendus ont continué et se sont amplifiés », a poursuivi le prince Charles, appelant les dirigeants religieux à mettre l’accent sur l’héritage des valeurs partagées par les différentes religions.

« Je crois de tout mon cœur que les hommes et les femmes responsables doivent restaurer le respect mutuel entre les religions », a ajouté le prince Charles dans une allocution de 30 minutes sur le thème « Unité dans la croyance ». A la fin du discours, le directeur de l’Université d’Al-Azhar, Ahmad Mohamad Al-Tayeb, a remis au prince Charles un doctorat honoris causa, pour saluer ses positions « proches de l’islam et des musulmans », notamment dans l’affaire des caricatures.

La remise de ce doctorat, rare pour un non musulman, a suscité de nombreuses critiques au sein d’Al-Azhar,0 dont certains membres contestent au prince Charles le mérite d’une telle récompense. De son côté, Abdel-Sabour Chahine, membre de l’Institut des recherches islamiques à Al-Azhar, estime que le prince Charles a adopté des positions proches de l’islam et des musulmans, « ce qu’aucune autre personnalité de son importance n’a fait ». Chahine explique que la remise du doctorat au prince avait pour but de l’encourager à défendre les musulmans qui vivent une situation difficile en Grande-Bretagne et en Europe en général. « L’islam fait face à une campagne hostile très féroce, c’est pourquoi il faut soutenir et encourager les personnalités occidentales modérées qui peuvent relayer notre message au reste du monde », conclut-il. Et bien que le Dr Ahmad Omar Hachem, ex-président de l’Université d’Al-Azhar, estime « inadmissible » d’octroyer un tel doctorat à un non musulman, il espère toutefois que ce geste montrera à l’Occident la tolérance de l’islam et des musulmans ... .

May Al-Maghrabi

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