C’est sous
la présidence du général Omar Hassan Al-Béchir que se
tiendra les 28 et 29 mars, à Khartoum, un sommet arabe
pour examiner les contentieux les plus brûlants, notamment
l’Iraq et le conflit israélo-palestinien.
Les titres
de la presse cette semaine nous laissent cependant sceptiques
quant à l’issue de ce sommet : « Le sommet de Khartoum
: Moussa appelle à la non marginalisation des Arabes
», « Le rôle arabe en Iraq médiocre », « Sauver le Sud
au sommet de Khartoum », « Le sommet des paroles arabes
», « Des efforts égyptiens pour faire réussir le sommet
arabe », « Le sommet des Arabes et les élections israéliennes
le même jour : y a-t-il des points communs ? », « Comment
conserver les intérêts arabes en Iraq et l’unité nationale
au Liban ? », « Le sommet de Khartoum est-il une copie
conforme aux autres sommets arabes ? », « Le sommet
de Khartoum : oui à la réconciliation », « Des défis
sans précédent pour le sommet de Khartoum », « Le sommet
des missions impossibles » ... Autant de titres qui
rappellent l’échec des précédents sommets et qui laissent
prévoir des débats très brûlants.
Ce que
confirme Farouq Goweida dans son éditorial d’Al-Alam
Al-Yom : « Je ne pense pas que les problèmes et les
crises dans le monde arabe aient atteint un jour une
telle gravité : le drame sanguinaire en Iraq et au Darfour
où les Arabes sont complètement absents du cercle des
décisions, ainsi que la victoire du Hamas qui a mis
le monde devant de nouvelles réalités. Malgré d’éventuels
désaccords, les Arabes doivent respecter le choix des
Palestiniens et avoir une position commune avec le Hamas
».
Sur la
question du rôle de la Ligue arabe en Iraq, son secrétaire
général, Amr Moussa, estime dans le magazine hebdomadaire
Al-Moussawar que : « dire que ce sont les Américains
et les Iraniens, qui sont les maîtres du jeu en Iraq,
est une vision trop simpliste, car la situation en Iraq
est beaucoup plus compliquée que cela. Et nous ferons
tout pour conserver l’unité du pays ».
« Le but
du sommet de Khartoum est la réactivation du travail
arabe commun face aux défis très difficiles, aux dossiers
chauds à l’ordre du jour », écrit Ossama Ayoub dans
l’hebdomadaire Al-Osboue.
Les situations
difficiles qui accompagnent le sommet de Khartoum font
d’ailleurs l’unanimité non seulement de la presse d’opposition,
mais aussi gouvernementale. « L’absence d’une position
arabe commune peut entraîner une dégradation de la situation,
amenant à plus de défis et de complications », souligne
l’éditorial d’Al-Ahram. L’éditorial d’Al-Akhbar appelle
pour sa part « les leaders arabes à reconsidérer les
forces arabes pour un travail uni qui s’avère très urgent
».
Sur la
question du Soudan, Abbass Al-Tarabili, dans Al-Wafd,
somme l’Egypte d’« affirmer son rôle primordial dans
les différends intersoudanais. (...) Si nous voulons
vraiment un avenir meilleur, nous devons commencer une
nouvelle période de coopération entre les deux pays
».
Dans la
presse arabe, on déclenche presque le signal d’alarme.
C’est en effet sur un ton pessimiste que l’écrivain
iraqien Salah Al-Nasrawi déclare dans Al-Charq Al-Awssat
: « Le sommet de Khartoum ne répondra pas aux exigences
des peuples arabes, ni à leurs devoirs dans la région
... je crains que les régimes arabes n’attendent seulement
que les tempêtes qui les entourent passent ».
Doutant
des capacités de la Ligue arabe en matière de réforme,
Gaber Habib écrit dans le même organe : « Sur le plan
de la réforme, je doute que la Ligue arabe puisse mener
un véritable processus démocratique dans le monde arabe.
Mais la Ligue arabe peut cependant faire de l’expérience
iraqienne une tentative d’activer une initiative arabe
pouvant adopter la sécurité, la souveraineté de l’Iraq,
son unité nationale et politique ouvrant la voie au
dialogue entre les différentes ethnies ».
« Une fois
de plus, et comme dans les précédents sommets arabes,
les leaders arabes passeront leur temps dans la rédaction
de communiqués, les entretiens et les pièces closes
», affirme pour sa part Salah Al-Kallab dans Al-Charq
Al-Awssat .