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Somalie . De violents combats ont eu lieu cette semaine dans la capitale, Mogadiscio, opposant deux de ses milices rivales.

Dangereuse escalade

Toujours au bord du précipice, des combats à l’arme lourde entre milices rivales se sont poursuivis tout au long du week-end et en début de semaine dans la capitale de la Somalie, Mogadiscio, faisant plus de 52 morts et des centaines de blessés. Il s’agit des affrontements les plus meurtriers depuis près de deux ans dans cette ville contrôlée par des chefs de guerre ennemis et théâtre quasi quotidien de heurts armés. Après une sorte de normalité dans la journée de vendredi, les combats, qui avaient commencé mercredi 23 mars, ont repris samedi de plus belle avec de forts bombardements et l’utilisation de mitrailleuses.

Les violences opposent les hommes alliés à Bashir Raghe Shiral, membre du Parti de l’Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), et des miliciens loyaux à Abukar Omar Adan, un haut responsable des tribunaux islamiques. L’enjeu des combats actuels est de contrôler un terrain doublement stratégique : d’une part, il jouxte le seul aéroport encore en service dans le nord de la capitale, Aisaley, à environ 30 km de la ville, et d’autre part il est situé au bord d’une route menant au port d’El-Maan, situé à quelques kilomètres plus au nord. L’aéroport d’Aisaley est la propriété de Bashir Raghe Shiral et il est contrôlé par ses miliciens. Récemment, Abukar Omar Adan a annoncé avoir acheté le terrain, officiellement pour y construire des lotissements. Bashir Raghe Shiral conteste la validité de cette vente et y voit surtout une menace directe contre ses intérêts.

De l’autre côté, des miliciens des tribunaux islamiques installés sur ce terrain pourraient, à tout moment, empêcher tout trafic sur l’aéroport avec de simples armes légères. En outre, ces mêmes miliciens pourraient également à terme bloquer l’accès au port d’El-Maan — essentiel pour le ravitaillement en armes — des miliciens de Bashir Raghe Shiral. Un porte-parole d’Abukar Omar Adan a affirmé samedi sous couvert d’anonymat que « nous contrôlons totalement l’aéroport. Les habitants du quartier peuvent retourner chez eux », a-t-il déclaré. De sa part, Bashir Raghe Shiral a aussitôt démenti ces affirmations infondées : « L’aéroport n’a pas changé de mains ».

En février, les deux milices s’étaient affrontées pour le contrôle d’une route importante dans le sud de Mogadiscio. Les combats avaient cessé au bout de quatre jours, grâce à la médiation des chefs coutumiers. L’ARPCT, coalition de chefs de guerre et de ministres du gouvernement de transition créée le mois dernier, affirme s’opposer au terrorisme et à l’extrémisme islamique. Elle serait soutenue par les Etats-Unis, selon des sources diplomatiques.

On compte à Mogadiscio une demi-douzaine de tribunaux islamiques, qui veulent faire appliquer la charia et utilisent des miliciens pour imposer leur loi, alors qu’il n’existe pas d’autre système juridique dans la capitale. La Somalie, dévastée par une guerre civile depuis la chute de Mohamed Siad Barre en 1991, est sans gouvernement central effectif. Ce conflit a fait entre 300 000 et 500 000 morts. Elle s’est dotée il y a un an et demi d’institutions de transition, mais leurs membres sont profondément divisés et incapables de mettre fin à ces violences.

Maha Salem
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