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RD Congo . La communauté internationale intensifie ses efforts pour venir à bout des rivalités politiques et garantir la sécurité, en vue des élections de juin prochain qui doivent marquer la fin de la transition politique.

Réussir le pari coûte que coûte

Près de trois mois nous séparent du lancement du processus électoral en République Démocratique du Congo (RDC). Pourtant, les préparatifs ont déjà commencé et les acteurs internes et externes semblent déterminés à œuvrer pour la réussite des différents scrutins, qui doivent marquer la fin de la transition politique en RDC. Le processus électoral doit débuter le 18 juin prochain par le premier tour des présidentielles et des législatives, les premières élections démocratiques congolaises depuis 45 ans.

L’actuel président, Joseph Kabila, s’est officiellement porté candidat à sa propre succession jeudi dernier. M. Kabila, 34 ans, a succédé à son père Laurent-Désiré Kabila, assassiné le 16 janvier 2001. Il a été reconduit à ce poste en 2003, quand a débuté une période de transition politique en RDC, après une guerre régionale de près de cinq ans. Malgré une transition émaillée de crises politiques et de violences dans l’est du pays, Joseph Kabila avait déclaré, en février dernier après la promulgation de la nouvelle Constitution du pays, qu’il estimait avoir rempli sa mission, en parvenant à réunifier le pays et en amenant le peuple aux élections.

La tâche ne s’annonce pourtant pas facile. Les rivalités politiques sont en effet profondes. Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, en visite le week-end dernier à Kinshasa, a appelé les acteurs politiques congolais à « dépasser les intérêts à court terme » et a mis l’accent sur la nécessité pour les acteurs politiques congolais de « se rencontrer et travailler ensemble pour l’unité et la stabilité du pays ». Kofi Annan a rencontré lors de sa visite le chef de l’Etat Joseph Kabila, les quatre vice-présidents de la République issus de différents mouvements hostiles, le président de la Commission électorale indépendante, l’abbé Apollinaire Malu Malu, ainsi que le chef de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS, principal parti d’opposition), Etienne Tshisekedi. « Tenir des élections inclusives, équitables, libres et sécurisées, donc crédibles, est dans l’intérêt de tout le monde », a dit M. Annan, et d’ajouter que « des élections sont une étape importante pour la RDC sortant de conflits, mais ne constituent pas la fin du processus ». Les Nations-Unies s’apprêtent ainsi à assister le gouvernement congolais « pour accomplir les objectifs de la Transition » et « poser la fondation de la stabilité et du développement durable pour la RDC », a également promis M. Annan.


Fin de mandat de la Monuc

Mais venir à bout des rivalités et outrepasser les difficultés techniques pour garantir un bon déroulement du scrutin ne sont que quelques-uns des défis à relever. Le problème majeur reste le défi sécuritaire. A ce sujet, la communauté internationale entend déployer d’importants efforts pour éviter tout déraillement. M. Annan a dit souhaiter que la Mission de l’Onu en RDC, la Monuc, « ne se retire pas tout de suite », après les élections générales. L’objectif étant de garantir la sécurité pendant et après les scrutins. Annan a toutefois reconnu qu’il y aurait beaucoup de travail à faire, tout en espérant que « le Conseil de sécurité permettra à la Monuc de continuer son travail pour quelque temps », alors que la Monuc arrivera à la fin de son actuel mandat dans quelques mois. Si son mandat n’est pas reconduit, la situation risque d’échapper à tout contrôle. En effet, le problème de l’insécurité n’est pas totalement déraciné dans ce troisième grand pays en Afrique. Toutes les troupes ne sont pas encore brassées et intégrées, des groupes armés étrangers ne s’engagent pas encore dans le programme 2D3R (désarmement, démobilisation, rapatriement, réinsertion et réinstallation), des milices continuent d’intimider des populations civiles.

Selon certaines informations, la Monuc pourrait être remplacée par des troupes de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), qui seraient déployées pour la sécurisation d’élections en RDC. A ce sujet, M. Annan a souligné que les autres qui veulent envoyer des troupes en RDC doivent « coordonner très étroitement avec les Nations-Unies », parce qu’on « doit partager du terrain » avec la Monuc qui est déjà sur place.

L’Union Européenne (UE) y met aussi du sien. Ainsi, l’UE a entériné jeudi dernier les plans pour la future mission militaire européenne en RDC, qui prévoient l’envoi de 400 à 450 hommes à Kinshasa et 800 en réserve à l’extérieur du pays. Le lieu précis où sera basée la force de réserve qui doit correspondre à un bataillon n’est pas défini pour l’instant. Le communiqué de l’UE précise simplement qu’elle sera stationnée dans un autre pays, depuis lequel elle pourra être facilement déployée. Le ministre allemand de la Défense, Franz Josef Jung, avait levé lundi l’un des principaux obstacles à cette mission — demandée par l’Onu pour appuyer les Casques bleus lors des élections de juin prochain — en annonçant que l’Allemagne assumerait le commandement général de la force européenne depuis son quartier général de Potsdam. L’UE ne précise pas non plus la durée de cette mission, même si certaines sources évoquent une période de quatre mois : la mission partirait un mois avant la date du premier tour des élections le 18 juin, resterait toute la durée du processus électoral, plus la durée du dépouillement et de la proclamation des résultats.

Abir Taleb
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