Alors
que Charles, prince héritier d’Angleterre, visitait
l’Egypte invitant à davantage de tolérance et
de respect réciproque entre les religions, la
ministre suédoise des Affaires étrangères s’est
vue obligée de présenter sa démission. Ce à cause
des répercussions de la crise des caricatures
du prophète Mohamad. On lui a reproché d’être
intervenue pour fermer un site Internet du parti
de droite publiant des articles incitant à l’hostilité
envers les musulmans. Ce comportement a été considéré
comme anticonstitutionnel car il s’oppose à la
liberté d’expression.
Il semble que certains ne veulent
pas que cette crise prenne fin. Dans les deux
clans, des forces incitent à l’intransigeance
et l’intolérance, fermant intentionnellement les
portes de la tolérance et du respect de l’autre
et de ses croyances.
L’accueil chaleureux réservé
au prince Charles par Al-Azhar, qui lui a décerné
un doctorat d’honneur, reflète une vision éclairée.
Une vision qui a pour objectif d’attirer les personnalités
et les symboles occidentaux qui sympathisent avec
l’islam et les musulmans, et qui s’opposent aux
campagnes d’hostilité raciste. Ceux qui critiquent
cette orientation et qui mettent en doute son
efficacité se comportent de la même manière que
les communautés musulmanes vivant en Europe. Ces
dernières n’ont pas tiré de leçons de la crise
des caricatures du prophète, ni n’ont étudié leurs
motifs. Elles n’ont pas su se comporter avec les
sociétés européennes dans lesquelles elles vivent.
Elles n’ont pas su se protéger ni protéger leurs
intérêts d’une nouvelle crise proche qui sera
plus violente. Une crise de laquelle ne pourront
les secourir des prêcheurs professionnels, ni
des personnalités équilibrées comme le prince
Charles ou le maire de Londres.
La lecture objective des évolutions
en Europe confirme l’apparition d’une tendance
croissante vers la suspension de l’immigration
des étrangers et notamment ceux provenant des
pays islamiques. Cette tendance ne se limite pas
aux partisans de la droite extrémiste. Elle revendique
l’adoption de critères déterminés dans le choix
des immigrés selon le besoin, le genre et le pays
d’origine. Ces critères sont déjà appliqués au
Danemark, en Allemagne, en Italie et en Espagne.
Aux Pays-Bas se déroulent actuellement des élections
municipales où le sujet des immigrés musulmans
occupe la première place. De plus, on voit dans
les rues de Vienne des tags portant l’image d’une
femme entièrement voilée, sous laquelle est écrit
: Est-ce là notre avenir ?
Ceux qui croient que l’Europe
ne peut se passer de l’immigration provenant des
pays islamiques à cause de son besoin de main-d’œuvre
se trompent. L’Europe comble son besoin de main-d’œuvre
grâce aux pays de l’Europe de l’Est qui ont dernièrement
adhéré à l’Union européenne.
Par conséquent, il est indispensable
que les communautés musulmanes qui se sont installées
dans les pays européens s’adaptent aux critères
et aux habitudes et coutumes de leurs nouvelles
sociétés. Elles doivent apprendre leurs langues
et respecter leurs lois concernant l’égalité des
sexes car elles n’ont d’autre choix que de rester
là où elles sont. Elles doivent être conscientes
qu’elles ont immigré vers ces pays à la recherche
d’un gagne-pain et non pour répandre l’islam ou
pour changer ces sociétés occidentales, si ce
n’est à travers le bon exemple et les comportements
tolérants qui reflètent l’esprit de l’islam. C’est
d’ailleurs ce que font les minorités indiennes
et chinoises, qui par leur intelligence sociale
sont devenues les meilleurs ambassadeurs du bouddhisme
en Occident .