Sur le plan de la musique, le compositeur
met en place des éléments contrastés brefs ou élaborés,
puis les alterne d’une manière extrêmement irrégulière.
Quant à la danse, le chorégraphe mêle danse folklorique
primitive et danse moderne, se basant sur le rapport
de l’homme avec son corps ainsi que le rapport entre
le corps et le reste de l’univers.
La version 2006, qui sera présentée
au Caire, est toute neuve. Présenté pour la première
fois par la troupe du ballet de l’Opéra du Caire, et
chorégraphié par Joseph Russillo, ce ballet s’inscrit
dans le programme triennal de coopération soutenu par
le Centre Français de Culture et de Coopération (CFCC)
du Caire et le Conservatoire national supérieur de musique
et de danse de Paris.
Comment justifier le choix de donner
ce ballet sur les planches de l’Opéra du Caire pour
la première fois, selon la chorégraphie de Joseph Rusillo
? « D’abord, la musique de ce ballet est un chef-d’œuvre
au vrai sens du terme. C’est le joyau du spectacle.
Cette musique a incité beaucoup de chorégraphes de par
le monde à élaborer des chorégraphies à la même hauteur
», souligne Arménia Kamel, responsable de la direction
artistique de la troupe de ballet de l’Opéra du Caire,
en ajoutant : « Joseph Rusillo est l’un des chorégraphes
les plus importants du monde. Dans ce ballet, il a recours
à la danse contemporaine, en s’inspirant des styles
classiques. Je pense qu’il a réussi à faire une reconstruction
moderne très expressive, allant de pair avec la musique
».
Dans ce ballet, il s’agit d’un groupe
de filles et de garçons qui attendent, au pied d’une
colline, le signal d’un vieux sage pour entamer des
danses sacrées, et choisir l’une des filles pour être
sacrifiée à la terre. Un climat primitif dominé par
les forces naturelles, et des danses frénétiques. Les
danseurs portent la défunte jusqu’à la pierre sacrée
afin que le rite s’accomplisse. Ceci dit, l’idée du
ballet s’avère très proche de la légende attribuée aux
pharaons sur une fiancée du Nil, une jeune fille très
belle que l’on présentait comme une offrande au fleuve.
Ainsi, Le Sacre du printemps aura comme
prélude, pour la première fois, un autre ballet intitulé
Les Fiancées du Nil, chorégraphié également par Joseph
Russillo et composé par le maestro égyptien Nader Abbassi.
La danseuse étoile Arménia Kamel retourne sur les planches,
après une longue absence, afin d’interpréter le rôle
de la fiancée du Nil.
En effet, Les Fiancées du Nil et Le
Sacre du printemps constituent la deuxième partie du
programme. Car la première partie de la soirée est consacrée
au spectacle Danses qu’on croise, d’après les danses
hongroises de Johannes Brahms et une chorégraphie de
Thierry Malandin. Un choix bien varié qui assure la
délectation du public cairote.