| |
|
Cinéma . Le
Caire accueille du 29 mars au 4 avril la première édition du
Festival Caravane des films euro-arabes organisé par la société
égyptienne de production Semat et financé par le programme Euromed
Audiovisuel II. Coup de projecteur. |
|
La halte
du Caire |
72
films de plusieurs pays arabes et européens sont projetés à
partir du 29 mars, et jusqu'au 4 avril, au Caire, dans le cadre
de la première édition du Festival Caravane des films euro-arabes.
Lancé à l'initiative de la société de production cinématographique
égyptienne Semat et financé par le programme Euromed Audiovisuel
II, ce festival se déroule sous les auspices du ministère égyptien
de la Culture.
« Ce festival constituera une semaine magique
pour les cinéphiles, leur permettant de découvrir des films
européens de qualité, que l’on ne trouve pas souvent dans les
salles. De même, il présente les films arabes à un public différent,
en Egypte, en Jordanie, au Liban et en France », précise la
réalisatrice Hala Galal, présidente du Festival Caravane des
films euro-arabes et fondatrice de la société Semat.
Créée il y a 5 ans, cette société de production
s'était donné pour objectif de promouvoir le cinéma indépendant,
en produisant des films loin des exigences du marché. Ce qui
lui a valu 61 films et 14 prix internationaux.
« Cette manifestation est le résultat d’environ
14 mois de préparation, dit Hala Galal. Nous étions à la recherche
d’un moyen permettant de nous ouvrir sur les cinémas du monde
et de présenter nos films arabes au public européen. Le programme
Euromed Audiovisuel II nous aide en quelque sorte à atteindre
ce but ».
Pour cette première édition, toute la ville
du Caire s'est mise à la disposition du cinéma, afin de favoriser
un meilleur contact entre les cinéphiles arabes et européens.
Car durant le festival, se rencontreront artistes, cinéastes,
cinéphiles et critiques, d'ici et d'ailleurs. Chacun des jeunes
cinéastes égyptiens et européens projettera ainsi sa vision
cinématographique. « C'est la première manifestation du genre
en Egypte. Il suffit de savoir que tous les films projetés seront
de 35 mm, à l'instar des grands festivals internationaux »,
fait remarquer le critique Youssef Chérif Rizqallah, conseiller
du festival et président du comité de sélection.
Le festival propose un certain nombre de sections
et de programmes, plus intéressants les uns que les autres.
On retrouve la section Longs métrages européens, regroupant
14 films parmi les nouvelles créations européennes. Six d’entre
eux sont représentatifs des diverses tendances du cinéma français
et sont projetés au cinéma Good News, sous le titre de Journées
du cinéma français, tels : Caché de Michaël Haneke, et L'Enfant
des frères Dardennes, lauréats du Festival de Cannes 2005. D'autres
grandes productions européennes telles que Paradise Now, prix
Golden Globe 2006, et Le Grand Voyage, prix du Festival du film
de Venise 2004, seront également au programme. Ces films seront
projetés au Centre de la créativité (Ibdaa), dans l’enceinte
de l'Opéra du Caire.
L'Institut Goethe participe également à l’événement
en organisant un autre panorama de Films allemands, lequel propose
une sélection de courts et longs métrages allemands, déjà présentés
dans des festivals internationaux. Citons, entre autres, One
Day in Europe et Sophie Scholl, prix des meilleurs réalisateur
et actrice du Festival de Berlin 2006. De plus, le programme
comporte neuf documentaires produits par des Allemands mais
tournés dans des pays étrangers. « C’est une manière de présenter
ces autres pays du monde d’après la vision de cinéastes allemands
», souligne Hala Galal.
|
La Tunisie à l'honneur
|
|
Par ailleurs, un panorama exclusif sera consacré
aux longs et courts métrages tunisiens sous le titre de Visions
tunisiennes, renfermant 31 films projetés à l'Université américaine
du Caire (AUC), à la galerie Townhouse et au Centre da la culture
cinématographique, dont La Saison des hommes de Moufida Tlatli
et Bab'Aziz de Nacer Khemir. Ce dernier sera d’ailleurs l'un
des invités du festival, ainsi que les réalisateurs tunisiens
Abdel-Latif Ben Ammar, Ibrahim Latayef, la réalisatrice palestinienne
Azza Hassan, les cinéastes allemands Knud Becker, Klaus Vetten
et Jorg Witte.
Par ailleurs, le cinéma égyptien indépendant
s'affiche avec deux films projetés pour la première fois, à
savoir Leil wé nahar (Jour et nuit), de Islam Al-Azzazi, et
Makan youssamma al-watan (Un Endroit nommé patrie), de Tamer
Ezzat, au Centre de la créativité (Ibdaa).
En marge du festival, des tables rondes seront
tenues au Centre d'études et de documentation économiques, juridiques
et sociales du Caire (CEDEJ), en vue de discuter les thèmes
suivants : l'état actuel de la coproduction cinématographique
entre les pays arabes, le cinéma d'auteur dans le monde arabe
et en Europe et les études cinématographiques dans les pays
arabes et européens.
« L'un des objectifs de ce festival est de
disséquer les maux du septième art dans le monde arabe. Nous
espérons aboutir à des solutions ou des recommandations au profit
de l’industrie du cinéma », indique Hala Galal, ajoutant que
le festival organisé au Caire n'est qu'une première étape parmi
sept autres, car la caravane doit également passer par Alexandrie
(du 5 au 11 avril), par la ville d’Ismaïliya (durant son Festival
de documentaires et de courts métrages), par Beyrouth, par Amman,
par Paris (à l'Institut du monde arabe), par le Festival de
Rotterdam et enfin par Marseille. Ainsi, la Caravane déambulera
dans les villes arabes et européennes, investissant des lieux
différents comme les salles de cinéma, les galeries, les centres
culturels, les festivals et les instituts. Projections, performances,
rencontres insolites, discussions et expositions miroitent l’image
des deux cinémas, arabe et européen.
|
Yasser Moheb |
|
Retour
au Sommaire |
|
|