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| Ville.
Six photographes allemands
exposent par leurs clichés la vision qu’ils se font de la ville.
Qu’il s’agisse de Berlin ou autre, la métropole est saisie dans
sa diversité humaine et urbaine. |
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Berlin et ailleurs
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Leurs
œuvres ne font aucune place à la tentation des sirènes de la
ville. Il est plutôt question d’un jeu de séduction qu’exercent
les foyers silencieux d’une cité tumultueuse. Ces six photographes
allemands ne s’inscrivent pas dans un registre émotionnel ;
il y a quelque chose de très terre à terre dans leur vision
personnelle. Le rapport de l’urbain à l’humain les préoccupe
tous, et chacun l’exprime à sa manière. Ils ne sont pas tous
d’ailleurs originaires de Berlin mais la plupart y a élu domicile,
se joignant à ses 3,5 millions d’habitants sur qui l’exposition
ne dit pas grand-chose. Car celle-ci met souvent en avant des
aspects de la ville qui ne sont pas forcément propres à Berlin.
C’est comme si les artistes avaient voulu éviter tous les emblèmes
de cette métropole culturelle, fondée en 1237, pour ne présenter
qu’une cité subjective. Il y a ceux qui ne connaissent que cette
pièce étroite de Berlin, semblent-ils dire. Pour eux, la capitale
se résume peut-être à leur espace exigu. C’est pourquoi la Japonaise
vivant à Leipzig, Tomo Yamaguchi, a choisi des décors « intra-muros
». Il n’y a aucune figure humaine sur ses photos qui regorgent
cependant de traces humaines. Et pour plus d’explications, il
faut jeter un regard sur ses œuvres en couleurs, qui se concentrent
sur l’intérieur des maisons, vides mais assez vivantes : des
vêtements partout, un téléphone par terre, un plat en train
de cuire tranquillement sur le feu, les bouteilles d’alcool
vides laissées de côté … Quelqu’un est passé par là. La photographe
fouille dans la ville intime de tout un chacun.
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Est-ce vraiment paradoxal ?
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Zoltan Jokay
aborde lui aussi des inconnus. Dans la rue, il leur demande
de poser pour lui. Enfin, c’est sa manière de pénétrer leur
espace exigu. Refusant l’étiquette de portraitiste, il ne prend
quand même en photo que des gens. Celle-là est péruvienne ?
Qu’en est-il de cette autre vieille dame aux cheveux blancs
épars ? Il semble que c’est à nous de deviner l’histoire. Ses
personnages ont évidemment une attitude très différente à comparer
avec ceux d’Eva Bertram, exposant un peu plus loin dans la même
salle. La vieille femme prise en photo par cette dernière est
beaucoup plus pantouflarde. On la voit en action, avec le visage
caché. Il y a une barrière, une barricade. Voilà, c’est le thème
favori de la photographe, Eva Bertram, qui travaille surtout
sur la banlieue afin de montrer tout ce qui sépare : une main
floue, une grille, des barbelés, l’arrière-train d’un chien-loup
…
Andreas Rost et
Ulrich Wüst sont les seuls à exposer en noir et blanc. Le premier,
très sensible aux ombres et lumières, montre un homme maussade
prenant le train après une longue journée de travail. Il a le
geste très expressif. Si Rost saisit le mouvement d’une manifestation
ou celui d’une dame en train de faire du lèche-vitrines, Ulrich
Wüst laisse les murs parler. Il photographie des bâtiments berlinois
vers le début des années 1970, évoquant les habitants qui en
sont absents. Tombeau, plaque commémorative et travaux de construction,
est-ce vraiment paradoxal ?
Ce sont des séquences
qui se suivent. La réponse est donnée par Maria Sewcz, sans
en avoir l’intention. Avec elle, c’est toujours l’acte et sa
répétition. Un train-train qui n’est pas sans exprimer la fuite
du temps. C’est encore une autre vision oppressive de la cité
des rêves comme le dit l’œuvre de Marx Ernst, prêtant à l’exposition
son titre : Die ganze stadt ou La Ville entière.
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Dalia Chams
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| Die ganze stadt ou La Ville entière
: Exposition de 6 photographes allemands, jusqu’au 19 février,
au Centre Saqqiet Al-Sawi, organisée en marge de la Foire du livre,
fin rue du 26 Juillet, Zamalek. Tél. : 736 61 78 |
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