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| Multiculturalisme.
Le comédien Raso Ouedraogo,
fondateur de la Coalition burkinabé pour la diversité culturelle,
plaide pour une ratification rapide de la Convention de l’Unesco
sur la diversité culturelle.
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Pour éliminer le débat sur la culture à l’OMC,
il faut ratifier la convention »
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Al-Ahram
Hebdo : Etes-vous favorable à la formation d’un lobbying pour
accélérer la ratification de la Convention de l’Unesco sur la
diversité culturelle ?
Raso Ouedraogo :
Nous devons nous organiser au niveau national, régional et international
pour amener les gouvernements à ratifier la Convention de l’Unesco.
Nous vivons dans un monde d’entités et de communautés. Il est
donc nécessaire de faire pression horizontalement sur les structures
nationales et au niveau vertical sur les Etats et les institutions
les représentant, pour fédérer les efforts vers une position
commune, qui peut peser dans les définitions des intérêts et
des formules à adopter dans les négociations des traités commerciaux.
De façon à ne pas inclure la culture dans la libéralisation
des biens et services. Aujourd’hui, pour éliminer le débat sur
la culture à l’OMC, il faut ratifier la convention pour la faire
fonctionner comme instrument supranational, ayant un statut
juridique capable de faire contrepoids aux accords de l’OMC.
— Quel est le rôle que les artistes comme vous sont appelés
à jouer dans cette perspective ?
— Je pense qu’il faut mettre en
avant les artistes et les créateurs pour vulgariser les idées
sur la diversité culturelle et aller avec aux négociations avec
les gouvernements. Lorsque le président Chirac a serré la main
au cinéaste Bertrand Tavernier, qui défend la diversité culturelle,
cela a fait la une des journaux. Médiatiser des événements semblables
sert nos idées et appuie nos arguments et nos dossiers. La Convention
de l’Unesco prévoit que la société civile peut et doit être
consultée. Nous devons donc dégager des orientations vers des
étapes futures pour sensibiliser les gouvernements afin d’accélérer
la ratification de la convention, comme nous devons poursuivre
notre action pour protéger la diversité culturelle en confrontant
nos expériences dans ce domaine.
— Pourquoi avez-vous choisi d’intervenir dans l’action pour
la diversité culturelle ?
— Je suis comédien et activiste
dans le milieu culturel depuis 30 ans. Je me suis engagé avec
d’autres pour défendre ma propre culture qui est agressée par
des cultures qui s’y sont greffées depuis la colonisation. L’espace
cinématographique burkinabé est envahi par les films étrangers.
Les anciens occupants ont liquidé un grand nombre de la population,
détruit nos fétiches et nos lieux de culte pour imposer des
religions comme le christianisme et l’islam. Nous militons donc
pour restituer nos expressions culturelles diluées, pour la
renaissance de l’Afrique. Non par mimétisme, mais en restant
nous-mêmes et consommant ce que nous produisons. C’est dans
cet esprit que j’ai fondé la Coalition burkinabé pour la diversité
culturelle. D’autre part, nous nous sommes engagés dans un long
processus avec les autres coalitions, le Réseau international
pour la diversité culturelle et le Réseau des ministres pour
la politique culturelle, afin d’élaborer le modèle de la Convention
de l’Unesco pour la protection et la promotion de la diversité
culturelle, qui a abouti à son adoption à l’unanimité par les
Etats membres de l’Unesco en octobre dernier.
— Vous rêvez aussi de bâtir une industrie nationale du cinéma
...
— Au Burkina-Faso, nous n’avons
pas une politique de subventions ou d’aides au cinéma. Cela
constitue un handicap à la production. Nos films s’exportent
bien mais sont fragiles en raison de leur nombre limité. Il
n’y a pas de cadre juridique pour réglementer le métier cinématographique.
Nous avons hérité cette situation de l’administration coloniale.
Je pense que les Etats africains doivent se fédérer sur le plan
régional pour jeter les bases d’une industrie cinématographique
solide et créer des fonds de soutien pour favoriser une production
consistante en quantité et en qualité. Nous, les artistes, nous
espérons qu’un tel objectif pourra se concrétiser .
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| Propos
recueillis par Amina Hassan
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