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Paroles d'un diplomate. Ahmad Maher Abass, ambassadeur d'Egypte en Algérie, exprime son point de vue sur les moyens d'approfondir les relations entre les deux pays.

Au service de l'amitié égypto-algériennees

Alger, De notre envoyée spéciale

Diplomate de grand style, Ahmad Maher Abbass, ambassadeur d'Egypte en Algérie, possède un savoir-faire accumulé au fil des générations. Etant lui-même fils de diplomate, il a pu assimiler les règles subtiles de ce métier depuis son enfance. « C'est un travail dans lequel je baigne depuis toujours ». Sa carrière, elle, reflète son image dans la mesure où on le voit passer d'une latitude à une autre. « Mon premier poste a été à Genève où j'ai travaillé à la mission permanente de l'Egypte aux Nations-Unies, puis de retour au Caire, j'ai travaillé au cabinet du ministre des Affaires étrangères. Ensuite, ce fut l'Argentine, puis lors de mon retour en Egypte, je retourne encore une fois au cabinet du ministre. Puis je suis parti à Beyrouth où j'ai été numéro deux de l'ambassade d'Egypte. Ensuite au Caire j'ai exercé les fonctions de vice-assistant du ministre pour les Affaires de l'Orient et chef de cabinet de la ministre d'Etat pour la coopération internationale, et ceci avant mon poste actuel », raconte le diplomate. Pour Abbass, le travail diplomatique repose sur la capacité de relever les défis et de concrétiser des projets importants en faveur des intérêts de l'Egypte. « L'Algérie a commencé à connaître la voie de la pacification depuis 1999 lorsque Bouteflika est devenu président de la République. Au cours des dernières années, ce peuple commence à connaître la sécurité et la stabilité, et c'est ainsi que le terrain est devenu propice à la promotion de la coopération bilatérale dans tous les domaines », explique l'ambassadeur. Le champ des relations culturelles entre les deux pays est particulièrement important car les Algériens voient l'Egypte comme étant le « porte-parole » de l'arabisme. « Dans ce cadre, la semaine culturelle égyptienne en Algérie était un élément vital pour les relations entre les deux peuples. Et ceci dans la mesure où, après les années sombres où ce pays n'a connu que la terreur, les Algériens sont assoiffés d'arts et de culture », explique le diplomate, en ajoutant : « Aujourd'hui, par exemple, l'infrastructure dans ce domaine est quasi inexistante, les salles de cinéma et théâtre sont très peu nombreuses et sont loin de combler les demandes de la population dans ce domaine ». Selon l'ambassadeur, l'Egypte peut également en ce moment exercer un rôle-clef pour la relance de nombreuses institutions liées à la promotion de l'information, l'apprentissage des langues et la formation des journalistes. « Dans les domaines de l'impression, j'entrevois également des possibilités de coopération. Et ceci dans la mesure où les Algériens veulent améliorer la qualité de leurs imprimeries. Et je me demande, qu'étant donné la popularité de la presse égyptienne en Algérie, pourquoi ne pas créer des imprimeries pour les grands journaux égyptiens en Algérie ? » se demande-t-il. Selon lui, vu la popularité de la presse égyptienne, de nombreux journaux et magazines devraient être distribués en Algérie. Les livres égyptiens dans tous les domaines sont également très demandés. « Chaque année, lors de la Foire du livre, le stand égyptien est l'un des plus recherchés, et à l'université, les travaux et les publications des chercheurs égyptiens servent de références ».

Le domaine des services est aussi un terrain très fertile de coopération entre les deux pays, car aujourd'hui il existe une forte demande en main-d'œuvre spécialisée. « Dans le secteur de la santé, par exemple, les Algériens ont besoin aujourd'hui de médecins dans certaines spécialités et qui pourraient venir ici pour des séjours de formation », explique-t-il. Et d’ajouter : « L'Egypte pourrait également travailler conjointement avec l'Algérie pour aider à renouveler les hôpitaux. L'industrie pharmaceutique égyptienne pourrait également avoir un excellent débouché en Algérie, et ceci étant donné la qualité et le prix de ses produits ».

Dans le domaine de l'investissement, les relations entre les deux pays connaissent à l'heure actuelle une véritable expansion. « De nombreuses entreprises égyptiennes dans le domaine des télécommunications, du ciment et de la construction civile ont déjà découvert les possibilités offertes par le marché algérien, et leurs activités dans ce pays ne cessent de s'accroître », explique le diplomate.

Finalement, pour le volet politique, selon l'ambassadeur d'Egypte, les relations entre les deux pays ne peuvent pas être meilleures. « Pour illustrer cela, il faut juste dire que les deux pays mènent des consultations politiques permanentes et au plus haut niveau », conclut l'ambassadeur.

Randa Achmawi

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