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Néo-Wafd.
En vertu d'une décision
du procureur général, Noamane Gomaa a repris ses fonctions de
président du parti. Les négociations vont désormais bon train
pour éviter l'implosion. |
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C'est
sous la protection des forces de sécurité que le président
remercié du néo-Wafd, Noamane Gomaa, a pu accéder la semaine
dernière au siège du parti. Dès son retour, Gomaa a tenu une
conférence de presse où il a affirmé qu'il serait prêt à négocier
avec ses opposants à condition que son statut de président
soit reconnu par tous. Des négociations qui porteraient notamment
sur l'amendement de la loi interne du parti pour donner plus
de pouvoir au Haut comité du parti dans la prise de décision.
Gomaa, qui refuse catégoriquement de ne céder
à aucune de ses prérogatives, a affirmé que la décision du
Haut comité du parti de tenir une réunion de l'assemblée générale
le 10 février « pour élire un nouveau président » était illégale.
« Le poste de président du parti n'est pas vacant », défie-t-il.
Le conflit entre Gomaa et plusieurs membres
éminents du parti a éclaté au grand jour il y a deux semaines,
quand 33 des 46 membres du Haut comité du parti ont décidé
de le limoger au profit de son adjoint, Mahmoud Abaza, devenu
« président intérimaire ». Le délai pour la présentation des
candidatures a commencé jeudi dernier. Les auteurs de ce «
coup » justifient leur décision en dénonçant l'autoritarisme
de Gomaa qui se réservait le droit de prendre des décisions
unilatérales, au mépris du Haut comité.
Mais Gomaa n'a pas donné l'occasion à ses
rivaux de se réjouir de leur « machination ». Il a déposé
une plainte auprès du procureur général qui a reconnu le droit
de Gomaa d'accéder à son bureau, au siège du parti, pour «
exercer ses fonctions ».
« La décision du procureur général reconnaît
que Gomaa est le président du parti. Par conséquent, toutes
les décisions prises en son absence par le Haut comité sont
nulles et non avenues », s'est réjoui Ahmad Nasser, l'un des
principaux partisans de Gomaa.
Tout en dénonçant la décision « inédite »
d'imposer par la force un président de parti, le président
proclamé, Mahmoud Abaza, a affirmé que le Haut comité du parti
a fait appel de la décision du procureur général, ajoutant
que la décision finale appartenait à la justice. « Gomaa est
accueilli en visiteur », a-t-il souligné.
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Al-Wafd suspendu
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L'organe de presse du parti, le quotidien Al-Wafd,
a subi lui aussi le contrecoup de ces divergences politiques.
Dès son retour au siège du parti, Gomaa a décidé de suspendre
la publication du journal, pour la première fois depuis sa parution,
et le congédiement de son rédacteur en chef, Abbass Al-Tarabili,
et de son directeur de publication, Magdi Sarhane. « A plus
de 70 ans, Tarabili est en âge de partir en retraite, selon
la loi. Il gardait son poste en vertu d'une décision exceptionnelle
de prolonger l'exercice de ses fonctions. Or cette décision
a expiré l'année dernière et ne lui sera pas renouvelée », affirme
Gomaa. Face à cet argument peu convaincant, Tarabili a rappelé
que les rédacteurs en chef des journaux indépendants n'obéissent
pas aux limites d'âge en vigueur dans les journaux publics.
« Sinon j'aurais dû prendre ma retraite depuis onze ans, pourquoi
Gomaa s'en est tout d'un coup rendu compte ? », ironise-t-il.
En fait, dès le début du conflit au sein du
parti, le quotidien a aligné sa ligne éditoriale du côté du
groupe des « réformateurs » hostiles à Gomaa. Celui-ci aurait
décidé de prendre sa revanche. Samedi, les journalistes et les
employés du journal ont organisé un sit-in au siège du parti
pour dénoncer l'implication du journal dans les conflits politiques
des dirigeants du parti. « Nos salaires risquent d'être gelés,
pourquoi plus de 600 familles doivent-elles payer le prix de
ces conflits », se plaint Magdi, un journaliste au Wafd. Les
responsables du journal, qui tiennent à leur rédacteur en chef,
se sont réunis en présence du président du Syndicat des journalistes,
Galal Aref, à qui ils ont demandé de porter leur cause devant
le chef de l'Etat.
Le comité des libertés du Syndicat des journalistes
a par ailleurs condamné dans un communiqué la décision « irréfléchie
et émotionnelle » de Gomaa d'évincer le rédacteur en chef et
le directeur de publication du journal. Une décision prise «
en dehors de toute procédure légale », affirme le communiqué
qui met en garde Gomaa contre toute atteinte aux droits des
journalistes.
Au cœur du tumulte, le secrétaire général du
parti, Al-Sayed Al-Badawi, a proposé aux rivaux une initiative
de rapprochement qui consiste à annuler la décision du Haut
comité de limoger Noamane Gomaa, et la décision antérieure de
celui-ci de démettre de leurs fonctions ses principaux rivaux,
Mahmoud Abaza, Mounir Fakhri Abdel-Nour et Mohamad Sarhane.
Ces derniers devront avoir le droit de présenter leur candidature
face à Gomaa lors des prochaines élections pour choisir le président
du parti. Toujours selon l'initiative de Badawi, la réunion
de l'assemblée générale du parti, annoncée pour le 10 février,
sera remise à une date ultérieure, et Abbass Al-Tarabili gardera
son poste de rédacteur en chef du journal. Gomaa s'est montré
intéressé par ce compromis. Les tractations se poursuivent pour
éviter l'implosion du plus ancien parti libéral d'Egypte.
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Sabah Sabet
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