Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Corniche du Nil. Le projet contesté de son réaménagement, consistant à remblayer une partie des berges, a été annulé par le nouveau ministre de l’Habitat.

L'élargissement n'aura pas lieu

« Le projet de réaménagement de la Corniche a été annulé, car il aura des conséquences néfastes sur les berges du Nil », a déclaré Ahmad Al-Maghrabi, le nouveau ministre de l’Habitat, lors de la réunion du Conseil des ministres tenue la semaine dernière pour discuter de ce projet. Et le ministre a formé une commission de spécialistes afin d’étudier un nouveau projet visant à protéger les berges du Nil sans remblayage. Une décision qui a beaucoup soulagé l'opinion publique.

L'ancien projet de protection du Nil, dont l'idée remonte à 2002, était en effet très controversé. L’initiative était à l'époque du ministre de l’Habitat, Mohamad Ibrahim Soliman, et le projet avait été approuvé par le Conseil des ministres en 2004. Il s'agissait de créer de nouveaux axes routiers pour résoudre les problèmes d’embouteillage dont souffre le quartier de Maspero, d'autant plus que cette région est d’une grande importance touristique, car elle est parsemée d’hôtels, de centres commerciaux, de banques et de ministères. Les chiffres de l’administration de la circulation sur le taux d’embouteillage de cette région furent à l'époque le déclencheur de ce projet. Selon ces chiffres, 500 000 véhicules sillonnent quotidiennement la Corniche du Nil qui avait pourtant été conçue pour en accueillir 200 000. Plus encore, cette région n’a pas été réaménagée depuis 40 ans, alors que le nombre de véhicules, lui, est en constante augmentation. Autre objectif déclaré de l'ancien projet était celui de résoudre par extension le problème d’embouteillage dans d’autres parties de la ville, notamment la place Tahrir, Qasr Al-Aïni et Ramsès qui souffrent inévitablement de l’asphyxie des environs de Maspero.

Mais ce projet fut à l'origine d'une vaste polémique dans les milieux politiques et écologiques. Il fut refusé par les ministères de l’Irrigation, de l’Environnement, du Transport et du Développement local, ce qui a suspendu sa mise en œuvre.

La polémique concernait essentiellement la première phase du projet, qui s’étend sur 3,8 km de corniche entre la région de Maspero et Magra Al-Oyoune, et qui devait être remblayé afin d’élargir la rue. « L'ancien projet était suspendu, car le remblayage d’une partie du Nil a été considéré par les urbanistes comme une agression cruelle contre les berges du Nil, la principale source de vie de l’Egypte », explique Maher Bayoumi, responsable au ministère de l’Habitat. Il ajoute que le nouveau ministère a annulé cette phase du projet sur demande du Centre national des recherches sur l’eau, ainsi que de l’Institut des recherches du Nil, et le Centre des recherches hydrauliques qui ont précisé que toute intervention externe touchant les berges du fleuve pourrait avoir des conséquences graves du point de vue écologique et géographique. « L’éboulement d’une rive de la berge du Nil pourrait augmenter le niveau de l’eau, ce qui engendrerait des problèmes inattendus tels que l’érosion et la sédimentation des terres sur l'autre rive », a précisé le rapport présenté par l’Institut des recherches du Nil.

Les urbanistes, qui avaient eux aussi témoigné de fortes restrictions à l’égard de l'ancien projet, ont donc favorablement accueilli la décision du nouveau ministre de l'Habitat. Milad Hanna, urbaniste, explique que le gouvernement devait absolument finir par annuler ce projet qui contredit les principes annoncés du ministère de l'Habitat. « En 1997, le gouvernement n'arrêtait pas de déclarer que la protection des berges du Nil figurait parmi ses principaux objectifs. C'est pour cette raison qu'il avait établi un calendrier pour démolir les établissements construits sans autorisation sur les berges du fleuve. L'ancien projet qui s’attaquait directement aux rives du Nil faisait donc fausse note avec ces déclarations », lâche Hanna. Il affirme que la mise en œuvre de ce projet aurait empêché la vue d’une grande partie du Nil, ce qui défigurerait le paysage de cette zone touristique. « De même, l’élargissement de la rue, qui était l'objectif essentiel de ce projet, aurait augmenté le taux de circulation. Et la conséquence normale aurait été l'augmentation du taux de pollution », ajoute Milad Hanna.

La commission du ministère de l’Habitat chargée de cette affaire et formée d'un groupe d'écologistes, de géographes et de chercheurs à l’Institut des études urbaines tient actuellement des réunions afin de peaufiner le nouveau projet de réaménagement de la Corniche du Nil qui s’étend de Choubra à Hélouan. L’objectif de ce projet, selon les déclarations du ministère, sera de transformer la Corniche en un site touristique. Cette commission doit donc élaborer un projet de loi qui sera présenté au Conseil des ministres puis au Parlement pour être examiné et adopté. Rendez-vous donc avril 2006.

Marianne Youssef

Retour au Sommaire

 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631