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Le Caire joue actuellement et plus que jamais un rôle incontournable
dans la région ». Cet avis partagé par différents politiques
est devenu plus clair après que l’Egypte eut commencé sa médiation
entre le Liban et la Syrie. Les relations entre les deux pays
s’étaient en effet détériorées depuis l’assassinat de l’ancien
premier ministre libanais Rafiq Hariri en février 2005. Depuis,
le chef de l’Etat avait exprimé son inquiétude face à cette
situation. Il a donc rencontré jeudi dernier le premier ministre
libanais, Fouad Siniora. Et il s’agit de leur deuxième rencontre
au mois de janvier. Le président Moubarak a également rencontré
son homologue syrien Bachar Al-Assad il y a deux semaines, en
Egypte. De même, le chef de l’Etat s’est déplacé au début de
cette année à Riyad et à Paris pour les mêmes raisons. Enfin,
le chef des renseignements égyptiens Omar Soliman doit prochainement
effectuer une médiation entre la Syrie et le Liban.
« Le Caire est
très inquiet des menaces américaines contre la Syrie. Lorsque
le président Moubarak intensifie ses discussions avec des dirigeants
régionaux et internationaux, cela veut dire que la situation
est grave », a déclaré une source diplomatique qui a requis
l’anonymat. Selon la même source, l’Egypte ne veut pas que la
crise se développe et que les Américains frappent la Syrie ou
exercent plus de menaces économiques et politiques sur Damas.
« La pression et les menaces sur la Syrie vont l’affaiblir et
ceci aura des répercussions négatives sur tous les pays de la
région y compris l’Egypte », a expliqué la même source. Selon
lui, si les Américains frappent Damas, des foyers de crise apparaîtront
dans la région, comme c’est le cas en Iraq et dans les territoires
palestiniens. « Il ne faut pas oublier qu’il existe à Damas
des bureaux du Hamas et du Djihad dépendant de l’Autorité palestinienne
et ils peuvent déclencher des actes de violence au cas où Damas
serait menacé », a expliqué la même source.
Au Caire, Siniora
a déclaré après sa rencontre avec le président Moubarak que
Omar Soliman doit effectuer une médiation entre la Syrie et
le Liban au sujet notamment des armes dans les camps palestiniens.
« Le Liban attend une visite de M. Soliman après sa visite en
Syrie. Le Liban considère les Palestiniens comme des frères
et des invités. Mais ils doivent respecter les lois libanaises
(...). Les armes palestiniennes dans les camps de réfugiés doivent
être contrôlées et ne doivent pas en sortir », a-t-il déclaré.
Et d’ajouter : « Le Liban s’attend à voir M. Soliman jouer un
rôle dans la résolution de ce problème entre Damas et Beyrouth,
qui sera l’une des questions abordées ».
Trois attaques
menées contre les forces de l’ordre libanaises en janvier ont
été revendiquées par des groupes palestiniens, dont certains
pro-syriens.
Par ailleurs, Le
Caire appelle Damas à appliquer toutes les résolutions de l’Onu
relatives à l’enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre
libanais Rafiq Hariri, et à coopérer avec la commission internationale.
« Damas doit coopérer avec cette commission, sinon tous les
efforts déployés par l’Egypte pour désamorcer la crise des relations
libano-syriennes seront gaspillés », a ajouté la source diplomatique.
Et le premier ministre
libanais a rejoint son homologue et appelé de nouveau Damas
à coopérer avec la commission d’enquête internationale. « Le
Liban veut de bonnes relations avec la Syrie, mais les Syriens
doivent comprendre que le Liban est un pays indépendant et souverain
», a-t-il déclaré. Siniora a en outre révélé que les discussions
avec les responsables égyptiens ont porté sur le soutien de
l’Egypte au Liban, ainsi que sur la sécurité et la stabilité
du pays. Après sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères,
Ahmad Aboul-Gheit, et le chef des services des renseignements,
Omar Soliman, le premier ministre libanais a tenu à remercier
également l’Arabie saoudite pour ses efforts, tout en indiquant
que les demandes libanaises devaient être prises en compte .
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