| En
battant la Côte-d’Ivoire 3-1, samedi soir au Stade du Caire,
à l’occasion de la troisième journée du premier tour de la CAN,
la sélection égyptienne a décroché la tête du groupe A et a
évité un choc avec le Cameroun en quarts de finale. Les Pharaons
ont présenté une bonne performance contre les Eléphants ivoiriens,
surtout pour un joueur comme Emad Metaab qui a quitté le banc
de touche (remplaçant lors des deux dernières rencontres) pour
marquer un doublé (9 et 69es minutes) et un excellent but de
Mohamad Abou-Treika (61e), contre un but de consolation d’Aruna
Koné à la 43e minute. En marge de ces buts, le public a largement
apprécié la contribution du vétéran Hossam Hassan (39 ans) qui
a pris la place d’Ahmad Hossam, Mido, blessé à la 25e minute,
pour mener ses coéquipiers dans cette rencontre serrée et surtout
offrir, d’une excellente passe, le second but à Abou-Treika.
« Je suis heureux de cette victoire et je pourrai avoir une
autre contribution avec mes coéquipiers et essayer de les mener
au titre », a ajouté le capitaine des Pharaons, qui jouait son
premier match de la compétition. Mais c’est en fait sa 6e CAN
après celles de 1986, 1988, 1998, 2000, 2002 et 2006.
Le sélectionneur
de la Côte-d’Ivoire, Henri Michel, a payé cher sa sous-estimation
des capacités de l’Egypte en ayant laissé se reposer plusieurs
de ses vedettes tels Didier Drogba, Didier Zokora, Artur Boka,
Kanga Akale et Kolo Touré. « J’ai 23 joueurs dans mon effectif
et je voulais les essayer tous avant le second tour. De plus,
il y a plusieurs de ces joueurs qui avaient déjà écopé d’un
carton jaune et je ne voulais pas qu’ils en prennent un autre
afin de ne pas les perdre en match de quarts de finale », avait
déclaré Michel.
Leaders du groupe
A avec 7 points, les hommes de Hassan Chéhata ont bouleversé
les pronostics qui favorisaient la Côte-d’Ivoire et qui pensaient
que le deuxième ticket serait apparemment disputé entre l’Egypte
et le Maroc. Mais en décrochant la tête de ce groupe A très
difficile, les Pharaons ont confirmé leur statut avec une performance
qui a surpris les observateurs. « Nous visons le titre et pour
cela, nous devons battre les grandes équipes. Cependant, nous
voulions terminer en tête du groupe, pas par crainte du Cameroun,
mais parce que cela nous apporterait une très grande confiance
et confirmerait notre statut », avait déclaré le sélectionneur
national.
Ainsi, les Pharaons
passeront par la voie facile en quarts de finale, qui est de
jouer contre la RD Congo, perçue comme la plus faible équipe
de ce stade de la compétition. Mais cela n’implique pas que
les Simbas seront une proie facile. Car c’est une formation
qui possède de jeunes talents et de grandes vedettes telles
que Lomana Lualua (Portsmouth, Ang), l’un des meilleurs joueurs
de la compétition jusqu’à présent. L’équipe a battu le Togo
2-0, l’un des mondialistes africains, outre le fait qu’elle
a pu tenir en échec l’Angola, un autre mondialiste, 0-0, alors
qu’elle s’est retrouvée avec seulement 10 joueurs sur le terrain
pendant plus de 75 minutes. |
| Lorsque l’entraîneur
adjoint Chawqi Gharib a déclaré que les Pharaons progresseraient
de match en match, il a dit vrai. En effet, leur performance
semble sur une pente ascendante depuis le début de la CAN et
on remarque la nette amélioration du niveau de jeu, notamment
durant les épreuves difficiles face au Maroc et à la Côte-d’Ivoire.
Le jeu était assez rapide, la défense devenue de plus en plus
cohérente et imperméable, surtout avec un très solide Waël Gomaa,
et derrière lui un excellent gardien, Essam Al-Hadari, l’action
dans le compartiment offensif est devenue plus efficace, surtout
en ce qui concerne le déplacement des attaquants. Désormais,
les joueurs ont aussi acquis la confiance nécessaire qui manquait
avant la compétition. « Je salue le public qui nous a largement
supportés dans toutes les rencontres et a rempli les gradins
de les matchs pour nous donner un grand coup de pouce », a déclaré
Mido. Par contre, certaines lacunes semblent être permanentes
: il n’y a pas eu de constance de jeu lors des matchs et les
joueurs ont perdu rythme et concentration à certains moments.
Lors des trois matchs, la défense s’est trouvée très menacée,
et face à la Côte-d’Ivoire, cela lui a coûté un but. Par ailleurs,
le milieu de terrain semble souvent souffrir du manque de coordination
et ne remplit pas toujours bien son rôle de relayeur. Cela sera
un casse-tête pour Chéhata lors du prochain match, d’autant
plus que son meneur, Mohamad Abou-Treika, sera suspendu face
à la RD Congo en raison des deux cartons jaunes écopés au premier
tour.
Malgré toutes les
difficultés rencontrées au premier tour, il faut avouer que
ce n’est que le début. La prochaine étape comprendra plus de
pressions et nécessitera une plus grande concentration de la
part du staff et des joueurs, afin de s’approcher un peu plus
du rêve d’un cinquième titre. |