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Kiosques. L’écrasante victoire du mouvement Hamas aux législatives palestiniennes fait la une de la presse arabe cette semaine.

De l’euphorie découlent les incertitudes

Cette semaine, les titres de la presse reflètent assez bien le bonheur faisant suite à la victoire du Hamas : « Victoire de la démocratie en Palestine », « Le Hamas à l’épreuve du pouvoir », « Un séisme politique : le Hamas rafle la majorité des sièges du Conseil législatif palestinien », « Un séisme politique secoue la région », « La victoire de l’option de la résistance, et l’échec de celle des accords d’Oslo », « Hamas face au test d’Oslo », « La victoire du Hamas provoque un séisme politique en Palestine », « La victoire du Hamas est une révolution dans la révolution palestinienne qui va marquer les années à venir », « Le réel vainqueur est le peuple palestinien ».

En effet, malgré les pressions internationales, « Les Palestiniens ont choisi le Hamas », titre en une et en rouge le quotidien Al-Gomhouriya. « Abbass soutient l’idée que le Fatah soit en dehors de tout gouvernement qui soit formé par le mouvement », affirme le journal.

Il est clair que le mouvement Hamas devra faire face à beaucoup d’épreuves. D’ailleurs, Azmi Bichara signale dans le quotidien indépendant Nahdet Misr que « le mouvement Hamas doit comprendre que la règle du jeu démocratique qui lui a permis de remporter la majorité absolue se réfère aussi à des valeurs telles que les libertés personnelles, les droits des individus, et les droits de citoyenneté ».

Faisant référence à la politique de la lutte armée du Hamas, Mohamad Chebh affirme dans le même organe que « même si l’option de la guerre était possible, sur quel front se battra le Hamas, sur le front du Fatah ou d’Israël ? ».

« La victoire du Hamas l’a fait passer de la révolution à l’Etat », souligne l’écrivain libanais Sélim Nassar, dans Al-Hayat. Pour l’éditorialiste de l’hebdomadaire Al-Arabi, Abdallah Al-Sennawi, « Hamas est dans une véritable impasse politique et stratégique ».

« Le Hamas a obtenu une victoire qui va au-delà de ses espérances, mais qui le met à l’épreuve d’une cohabitation difficile, de la gestion publique des territoires palestiniens et du système de sécurité jusque-là contrôlé par le Fatah », écrit pour sa part le journal libanais Al-Safir. Alors que pour le quotidien libéral An-Nahar, ces élections « ont renforcé la démocratie palestinienne ».

Et la victoire du Hamas n’est pas sans conséquence pour l’Egypte. Sur un ton inquiétant, l’éditorialiste du magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef, Abdallah Kamal, n’hésite pas à avancer que « le mouvement Hamas doit mettre les points sur les i sur sa relation avec l’Egypte d’une part, et son appartenance à l’organisation internationale des Frères musulmans, d’autre part ». « Les Américains, les Israéliens et les Européens récoltent le fruit de leur encouragement à l’extrémisme, tout en méconnaissant tout appui aux modérés », ajoute Kamal.

Sur un ton plus pessimiste, le quotidien libanais L’Orient-Le Jour souligne que « la déferlante islamiste en Palestine plonge le Proche-Orient dans l’incertitude, car cette victoire paraît anéantir toute perspective de relance du processus de paix ».

Et Al-Hayat d’ajouter que « l’aspect le plus dangereux de cette victoire est le fait qu’elle soit née du discours du nouvel ordre mondial, qui considère les urnes comme le seul arbitre de la représentation légitime ». Al-Hayat se demande par ailleurs comment le Hamas va-t-il « gérer sa victoire », soulignant qu’il devra répondre à plusieurs questions qu’il avait évitées dans le passé.

Quoi qu’il en soit, si le Hamas ne tourne pas le dos à l’action armée une fois arrivé au pouvoir, les conséquences pourraient être effrayantes. C’est dans ce contexte que Qadri Saïd affirme dans Nahdet Misr que « la première et pressante mission du Hamas est l’avenir du conflit avec Israël. Beaucoup de ceux qui ont voté pour Hamas l’ont fait parce qu’ils souhaitent une nouvelle vie différente et loin de la corruption du Fatah ». Et Ibrahim Issa d’ajouter dans l’hebdomadaire Sawt Al-Oumma : « Les résultats des élections palestiniennes affirment qu’un pouvoir totalitaire et corrompu ne peut rester éternellement ». « Hamas : un drame ou une chance ? », conclut Abdel-Rahmane Al-Rached dans son éditorial dans Al-Charq Al-Awssat.

Hoda Ghali
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Le procès

Assassinat de deux avocats, incidents de séance, caprices des accusés, démission d’un juge : le procès de Saddam Hussein et de ses lieutenants perd progressivement de sa crédibilité, après avoir connu seulement sept audiences en trois mois.

La décision de commencer à juger Saddam Hussein et sept de ses acolytes pour un crime largement ignoré, la mort de 148 villageois chiites dans la répression menée après une attaque contre le convoi présidentiel en 1982, avait suscité des critiques avant même le début du procès. C’est ensuite le choix de Bagdad pour accueillir les audiences qui a été critiqué, posant la question d’un procès équitable dans une ville en proie à la violence quotidienne des attentats, particulièrement suite à l’assassinat de deux avocats de la défense, après l’ouverture du procès, le 19 octobre 2005.

Le déroulement du procès n’est jusqu’à présent guère convaincant à prouver que les accusés sont bien responsables des atrocités décrites. Quatorze témoins, dont certains ont déposé de manière anonyme, ont raconté la férocité de la répression avec des détails parfois insoutenables, mais la participation directe des accusés n’a pas été mise en évidence.

Le rythme très lent du procès fait courir le risque d’irriter de plus en plus d’Iraqiens soit qu’ils considèrent que la culpabilité des accusés n’est pas fondée, soit qu’ils enragent en constatant que Saddam Hussein et ses lieutenants transforment la cour en tribune politique.

Quelques jours après la séance du 22 décembre 2005, le juge kurde Rizkar Amine, qui dirigeait les débats depuis le début du procès, avait été sévèrement critiqué par plusieurs responsables politiques pour son manque de fermeté supposé à l’égard des accusés et la liberté de parole qu’il leur permettait. Le juge avait alors remis sa démission. Le nom d’un autre juge, le chiite Saïd Al-Hamachi, avait alors été avancé pour le remplacer. Mais le tribunal a dû faire marche arrière après des accusations selon lesquelles Hamachi avait été un membre du parti Baas. Un nouveau juge kurde, Raouf Abdel-Rahmane, a alors été désigné la semaine dernière. Mais nouveau coup de théâtre, le procès, qui devait reprendre le 24 janvier, a été ajourné à dimanche dernier, officiellement « en raison de l’impossibilité pour certains témoins d’être présents à l’audience », mais réellement parce que le juge n’a pas apprécié d’être l’objet d’une « fouille vigoureuse » par les Américains .

 

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