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Après une longue
période de statu quo et de blocage diplomatique, l’Onu se penche
une nouvelle fois sur le dossier chypriote, un conflit vieux
de plus de 30 ans et toujours dans l’impasse. Selon un porte-parole
du gouvernement chypriote-grec, George Lillikas, le secrétaire
général de l’Onu, Kofi Annan, a déclaré vouloir relancer des
négociations sur l’avenir de l’île divisée après les élections
législatives prévues en mai dans le Sud chypriote-grec.
Le président
chypriote-grec, Tassos Papadopoulos, dont le pays est le seul
reconnu internationalement, et le dirigeant chypriote-turc Mehmet
Ali Talat, ont récemment tous deux reçu une lettre de M. Annan
à ce sujet. Une lettre selon laquelle le secrétaire général
de l’Onu entend nommer un émissaire après les élections législatives
du 21 mai.
Côté turc, on se
déclare également favorable à un règlement de la crise. Le chef
de la diplomatie turque, Abdullah Gul, avait auparavant annoncé
un « plan d’action » destiné à parvenir à un règlement « global
et durable » en 2006 de l’affaire chypriote. Le plan d’Ankara,
en dix points, prévoit l’ouverture des ports et aéroports turcs
aux navires et avions chypriotes- grecs, exigée par l’Union
Européenne (UE), en échange de l’allégement des sanctions économiques
pesant sur la République turque de Chypre Nord, promis par le
bloc européen mais non appliqué. Aussi, il envisage une levée
réciproque des restrictions aux échanges économiques. Gul a
également souhaité l’organisation, d’ici à mai ou juin, d’une
réunion de responsables turcs, grecs et des deux communautés
de Chypre, sous les auspices de l’Onu, pour déterminer un calendrier
afin de mettre en œuvre son plan.
Cependant, les
Grecs et les Chypriotes-grecs ont vivement critiqué les propositions
turques. « Cette idée n’est pas appropriée », a estimé le ministre
grec des Affaires étrangères, Pétros Molyviatis, car « la question
chypriote n’est pas un problème bilatéral mais international
qui se discute aux Nations-Unies ».
Une position qui
tranche avec celle de la communauté internationale. Ainsi, l’Onu,
les Etats-Unis, la Commission européenne et la Grande-Bretagne
(l’ancienne puissance coloniale à Chypre et un de ses trois
Etats garants, avec la Turquie et la Grèce) ont salué la proposition
turque, jugeant qu’il fallait l’étudier en détail. Quant aux
Etats-Unis, ils se sont déclarés favorables aux propositions
formulées par la Turquie et ont appelé toutes les parties à
trouver des idées créatives pour sortir de l’impasse.
Pour le chef de
la diplomatie britannique, en tournée en Grèce, en Turquie et
à Chypre le week-end dernier, « il n’est dans l’intérêt de personne
à Chypre que l’île demeure divisée au détriment des deux communautés
». Au cours de sa visite à Chypre, Straw a traversé la ligne
de démarcation séparant les secteurs turc et grec pour se rendre
dans le nord occupé de Nicosie, où il a rencontré le dirigeant
de la République Turque de Chypre Nord (RTCN, autoproclamée),
Mehmet Ali Talat. En revanche, le président de la République
de Chypre, Tassos Papadopoulos, a refusé de rencontrer M. Straw
en signe de protestation contre sa visite au président de la
RTCN perçue comme une forme de reconnaissance de l’entité unilatéralement
proclamée. Une fermeté qui n’augure rien de bon pour le nouveau
plan de paix qui risque de rester, comme les précédents, lettre
morte. |