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Le
Festival du film européen est organisé au Petit Théâtre de l'Opéra
par l'ambassade de la Grèce en coordination avec l'Opéra du
Caire, la Bibliothèque d'Alexandrie et la Fondation égyptienne
pour le développement de l'audiovisuel, ainsi que sous le parrainage
de la délégation de la Commission européenne en Egypte. Il présente
un programme officiel qui regroupe une vingtaine de films européens.
Ces films ont, par ailleurs, participé à la dernière compétition
de festivals internationaux, comme ils ont été nominés à des
prix aussi prestigieux que l'Oscar. On y détecte, entre autres,
The Kiss (Le Baiser, 2004), de la cinéaste belge Hilde Van Mieghem,
sur une jeune fille douée de 15 ans, qui rêve de devenir ballerine,
mais qui tombe dans les filets d'un garçon délinquant qui dissipe
son rêve. Up and Down (La Vie en dents de scie, 2004) du cinéaste
tchèque Peter Jarchovsky, sur les tribulations d'un couple d'émigrés
clandestins en territoire tchèque qui perd son bébé en cours
de voyage. Puis le récupère après maints déboires. The 3 Rooms
of Melancholia (Les 3 Pièces de la détresse, 2004) du cinéaste
finlandais, qui relate l'enfance déchirée de 63 orphelins dont
les parents ont été liquidés par les Russes. Ils sont repêchés
des ruines de la ville de Grozny par une Tchéchène qui les élève.
On trouve également deux films : The Chorus (Le Chœur, 2004)
du Français Christophe Barratier et The Keys to the House (Des
clés pour la maison, 2005) de l'Italien Gianni Amelio, qui abordent
le thème de l'handicap, défiant les allusions qui désignent
les enfants handicapés comme des cas désespérés. Et pour compléter
ce bouquet de fictions où l'intime se confie dans les méandres,
citons le film Guernsey (2005) du Hollandais Nanouk Léopold,
sur une jeune chercheuse en irrigation dans les pays en développement,
qui lors d'une visite en Egypte découvre le suicide d'une collègue.
Elle enquête dans le milieu familial de celle-ci pour saisir
les raisons qui l'ont poussée à un tel acte. Ce film a remporté
le prestigieux prix du cinéma hollandais, en plus des prix de
la meilleure réalisation, de l'interprétation féminine, de la
critique, et a participé à la Quinzaine des réalisateurs de
Cannes 2005.
La manifestation
se recadre aussi sur sa mission de jeter une passerelle entre
le cinéma européen et le cinéma indépendant égyptien. Pendant
qu'elle initie le public à découvrir le cinéma européen, elle
amène, en parallèle, producteurs, cinéastes et hommes de médias,
présents lors de son déroulement, à apprécier les visions de
jeunes cinéastes égyptiens, inscrits dans la lignée du cinéma
indépendant, pour envisager une coopération avec eux à l'avenir.
Car leurs films prennent place dans un discours sur le réel
qui se déplie dans tous les sens, où peuvent se lire le politique
et le social loin des avatars du cinéma commercial dominant.
On en trouve l'illustration dans une quarantaine de films présentés
par le festival, dont on cite, entre autres : The Morning After
(Le Lendemain, 2001) de Ahmad Rachwane, 100 Portraits (2001)
de Hassan Khan, The Countdown (Le Compte à rebours, 2003) de
Waël Omar et Every Thing is Gonna be Alright (Tout ira bien,
2004) de Tamer Ezzat.
A travers une rétrospective
intitulée 110 ans de cinéma, le festival envoie aussi un coup
de sonde dans les cinématographies européennes anciennes pour
en exhumer le souvenir de la manière de faire des images, de
nourrir les courants et tendances du cinéma contemporain. On
y déniche Les Films Lumière sur l'Egypte (1896), Les Premiers
films coloriés (1897-1928), Deux Fois cinquante ans de cinéma
Français (1995) de Anne-Marie Mieville et Jean-Luc Godard, et
Le Chien andalou (1928) de Luis Bunuel, figure de proue de l'avant-garde
du cinéma français. On trouve aussi Olympia (1936) du fameux
cinéaste allemand Leni Riefenstahl, qui instaure la technique
de filmer les Jeux olympiques, glorifiant le sport au moment
de la montée de l'idéologie nazie. On découvre, d'autre part,
les débuts du cinéma libre anglais dans le documentaire A Personal
Journey with British Cinéma (Un voyage personnel dans le cinéma
britannique, 1995) du fameux cinéaste anglais Stephen Frears.
L'entrée est gratuite au Petit Théâtre de l'Opéra, et les séances
se répartissent comme suit : celle de midi est réservée à la
rétrospective 110 ans de cinéma. Celle de 16h au cinéma indépendant
égyptien. Et celles de 18h et de 20h30 aux films du programme
officiel.
« Le festival joue
la carte subtile de la variété et de la découverte pour apprendre
au public à rêver d'autres horizons et à discerner d'autres
sensibilités et approches, pour qu'un goût du cinéma européen
s'esquisse et prenne forme. Au-delà perdurera la volonté de
le voir faire chemin vers les salles », affirme Yannis Melachrinoudis,
attaché culturel à l'ambassade de Grèce. Le geste est simple,
le tout est de l'esquisser en beauté.
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