Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Arts

Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Festival du film européen . La seconde édition se déroule du 1er au 10 février sous les signes de la variété et de la découverte, avec un clin d'œil au cinéma indépendant égyptien.

Menu copieux et varié

Le Festival du film européen est organisé au Petit Théâtre de l'Opéra par l'ambassade de la Grèce en coordination avec l'Opéra du Caire, la Bibliothèque d'Alexandrie et la Fondation égyptienne pour le développement de l'audiovisuel, ainsi que sous le parrainage de la délégation de la Commission européenne en Egypte. Il présente un programme officiel qui regroupe une vingtaine de films européens. Ces films ont, par ailleurs, participé à la dernière compétition de festivals internationaux, comme ils ont été nominés à des prix aussi prestigieux que l'Oscar. On y détecte, entre autres, The Kiss (Le Baiser, 2004), de la cinéaste belge Hilde Van Mieghem, sur une jeune fille douée de 15 ans, qui rêve de devenir ballerine, mais qui tombe dans les filets d'un garçon délinquant qui dissipe son rêve. Up and Down (La Vie en dents de scie, 2004) du cinéaste tchèque Peter Jarchovsky, sur les tribulations d'un couple d'émigrés clandestins en territoire tchèque qui perd son bébé en cours de voyage. Puis le récupère après maints déboires. The 3 Rooms of Melancholia (Les 3 Pièces de la détresse, 2004) du cinéaste finlandais, qui relate l'enfance déchirée de 63 orphelins dont les parents ont été liquidés par les Russes. Ils sont repêchés des ruines de la ville de Grozny par une Tchéchène qui les élève. On trouve également deux films : The Chorus (Le Chœur, 2004) du Français Christophe Barratier et The Keys to the House (Des clés pour la maison, 2005) de l'Italien Gianni Amelio, qui abordent le thème de l'handicap, défiant les allusions qui désignent les enfants handicapés comme des cas désespérés. Et pour compléter ce bouquet de fictions où l'intime se confie dans les méandres, citons le film Guernsey (2005) du Hollandais Nanouk Léopold, sur une jeune chercheuse en irrigation dans les pays en développement, qui lors d'une visite en Egypte découvre le suicide d'une collègue. Elle enquête dans le milieu familial de celle-ci pour saisir les raisons qui l'ont poussée à un tel acte. Ce film a remporté le prestigieux prix du cinéma hollandais, en plus des prix de la meilleure réalisation, de l'interprétation féminine, de la critique, et a participé à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2005.

La manifestation se recadre aussi sur sa mission de jeter une passerelle entre le cinéma européen et le cinéma indépendant égyptien. Pendant qu'elle initie le public à découvrir le cinéma européen, elle amène, en parallèle, producteurs, cinéastes et hommes de médias, présents lors de son déroulement, à apprécier les visions de jeunes cinéastes égyptiens, inscrits dans la lignée du cinéma indépendant, pour envisager une coopération avec eux à l'avenir. Car leurs films prennent place dans un discours sur le réel qui se déplie dans tous les sens, où peuvent se lire le politique et le social loin des avatars du cinéma commercial dominant. On en trouve l'illustration dans une quarantaine de films présentés par le festival, dont on cite, entre autres : The Morning After (Le Lendemain, 2001) de Ahmad Rachwane, 100 Portraits (2001) de Hassan Khan, The Countdown (Le Compte à rebours, 2003) de Waël Omar et Every Thing is Gonna be Alright (Tout ira bien, 2004) de Tamer Ezzat.

A travers une rétrospective intitulée 110 ans de cinéma, le festival envoie aussi un coup de sonde dans les cinématographies européennes anciennes pour en exhumer le souvenir de la manière de faire des images, de nourrir les courants et tendances du cinéma contemporain. On y déniche Les Films Lumière sur l'Egypte (1896), Les Premiers films coloriés (1897-1928), Deux Fois cinquante ans de cinéma Français (1995) de Anne-Marie Mieville et Jean-Luc Godard, et Le Chien andalou (1928) de Luis Bunuel, figure de proue de l'avant-garde du cinéma français. On trouve aussi Olympia (1936) du fameux cinéaste allemand Leni Riefenstahl, qui instaure la technique de filmer les Jeux olympiques, glorifiant le sport au moment de la montée de l'idéologie nazie. On découvre, d'autre part, les débuts du cinéma libre anglais dans le documentaire A Personal Journey with British Cinéma (Un voyage personnel dans le cinéma britannique, 1995) du fameux cinéaste anglais Stephen Frears. L'entrée est gratuite au Petit Théâtre de l'Opéra, et les séances se répartissent comme suit : celle de midi est réservée à la rétrospective 110 ans de cinéma. Celle de 16h au cinéma indépendant égyptien. Et celles de 18h et de 20h30 aux films du programme officiel.

« Le festival joue la carte subtile de la variété et de la découverte pour apprendre au public à rêver d'autres horizons et à discerner d'autres sensibilités et approches, pour qu'un goût du cinéma européen s'esquisse et prenne forme. Au-delà perdurera la volonté de le voir faire chemin vers les salles », affirme Yannis Melachrinoudis, attaché culturel à l'ambassade de Grèce. Le geste est simple, le tout est de l'esquisser en beauté.

Amina Hassan

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631