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Industrie musicale . Producteurs et artistes, soucieux de leurs droits et de mettre un terme au chaos qui règne actuellement sur le marché des cassettes, veulent créer un organe de protection.

Mobilisation contre le pillage

« Ce projet est l’un des grands rêves de ma vie », déclare le président de l’Association des producteurs de cassettes, Mohsen Gaber. Et d’expliquer : « J’ai toujours eu la volonté de participer au sauvetage de l’industrie de la musique et des cassettes en Egypte. Cela, à travers la création d’un organisme à même de régler les problèmes relatifs à cette production. Un tel projet aurait dû voir le jour depuis fort longtemps. Il aurait pu nous faire éviter le chaos régnant malheureusement sur le marché de la musique ».

L’idée de créer une Chambre pour l’industrie des cassettes a vu le jour lorsque Sameh Al-Minyawi, conseiller juridique de l’Association des producteurs, a invité le Syndicat des musiciens à participer à la fondation en Egypte d’une Chambre pour les cassettes, à l’instar par exemple de la Chambre de l’industrie du cinéma. Une première réunion a donc eu lieu, il y a quelques jours, en présence des différentes parties concernées. Ces dernières ont élaboré une liste d’objectifs ainsi que les règles et lois devant régir cette nouvelle chambre. Dirigée par un conseil d’administration regroupant les plus grands producteurs de cassettes, elle a pour objectif de « protéger cette industrie, actuellement sous le joug des pirateurs de cassettes, et de prendre des mesures concrètes contre ces pratiques via Internet ou autres », indique Sameh Al-Minyawi, soulignant que cet état des lieux provoque de grosses pertes pour les maisons de disques.

D’après les statistiques de l’Association des producteurs, les sociétés égyptiennes productrices de cassettes perdent chaque année plus de 400 000 L.E. à cause de la sortie illégale des chansons dans des albums « cocktail », du téléchargement fait à travers les sites Internet et de la diffusion des chansons par les nouvelles chaînes de radio. « Cela constitue une violation des droits de l’auteur et du producteur, dont les œuvres sont audacieusement volées », s’insurge Al-Minyawi.

« L’un des buts essentiels de notre chambre est de faire face également au mépris de la diversité musicale en Egypte. Ce, en encourageant les gens de l’industrie à produire des cassettes de qualité, variant les genres musicaux et les générations d’interprètes. Il ne faut pas se plier tout le temps aux exigences commerciales, en produisant des cassettes vides de tout sens », souligne le compositeur Hassan Aboul-Séoud, également président du Syndicat des musiciens. Et de poursuivre : « Ainsi, pourrons-nous découvrir de nouveaux talents et leur donner la chance d’émerger parmi une foule de chanteurs dont la carrière est loin de dépendre de leurs dons ou qualités artistiques ».

Cherchant l’appui et l’expérience des grands artistes, cette nouvelle Chambre de l’industrie des cassettes accorde à ces derniers une place de choix. « Des compositeurs, comme Mohamad Sultan, Helmi Bakr ou Salah Al-Charnoubi, vont certainement guider notre démarche, aidant les producteurs à sauver notre industrie », explique Gaber.

Les responsables de cette corporation naissante ont par ailleurs pris contact avec le ministère égyptien de la Culture afin de discuter des possibilités de colmater les brèches du système actuel régissant la scène musicale. Un système qui autorise à quiconque de produire des cassettes dès obtention de l’autorisation du ministère de la Culture, lequel n’a même pas le droit de sanctionner ultérieurement les contrevenants. « La chambre est donc notre dernier espoir. Il faut s’entraider pour mener à bien notre initiative, sinon cette industrie perdra au fur et à mesure tous ses investisseurs », conclut Gaber.

Yasser Moheb
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