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Musique . Le festival Perspectives arabes se déroule du 4 au 18 février à l’Opéra du Caire. Il met en avant des créations de plusieurs générations de compositeurs arabes classiques.

Définition d’une identité

Les compositeurs arabes qui veulent écrire de la musique en utilisant les techniques de composition occidentales (harmonie, contrepoint, etc.), tout en lui conservant un caractère « arabe », se heurtent parfois à des incompatibilités difficiles à résoudre.

En effet, plusieurs caractéristiques de la musique arabe (usage du quart de ton, écriture monophonique) semblent inconciliables avec l’écriture occidentale. C’est peut-être pourquoi le monde arabe n’a pas encore produit un compositeur de l’envergure d’un Bartok ou d’un Gershwin qui ont su, eux, (le premier pour le folklore hongrois, le second pour le jazz), allier avec succès deux traditions musicales différentes.

L’autre solution consisterait naturellement à « oublier » qu’on est un compositeur arabe, et à écrire une musique qui ne cherche pas à revendiquer cette identité. C’est pourquoi nous attendons avec curiosité (et espoir) le Festival de musique Perspectives arabes qui se tient à l’Opéra du Caire du 4 au 18 février.

Organisé par Inès Abdel-Dayem, directrice du Conservatoire du Caire, ce festival comprendra des créations arabes de plusieurs générations de compositeurs, originaires de Bahreïn, d’Iraq, du Koweït, du Liban, de Jordanie, du Soudan et d’Egypte. Il sera dédié à la mémoire de Samha Al-Khouli, qui vient de nous quitter. L’ancienne directrice du Conservatoire, ainsi que son époux, le compositeur Gamal Abdel-Réhim, ont formé toute une génération de compositeurs égyptiens.

Parmi les nouveautés figurant au programme, signalons la présence de la compositrice égyptienne Nahla Farouq, qui a fait des études musicales aux Etats-Unis et y a remporté plusieurs prix. Elle donnera deux œuvres pour chorale et orchestre. Mais aussi le jeune compositeur égyptien Mohamad Saad Bacha, avec une œuvre intitulée Masr al-guédida (L’Egypte moderne), tirée de la bande sonore de la récente série télévisée du même nom. On entendra également Gamal Abdel-Réhim avec Malameh masriya (Traits égyptiens), qui reprend quatre chansons folkloriques en leur donnant une riche orchestration.

Ce festival offrira aussi l’occasion à trois jeunes chefs d’orchestre égyptiens — Tareq Mahrane, Yasser Al-Seirafi, qui est aussi violoniste, et Hicham Gabr — de montrer leurs talents en public. En marge du festival, un forum sera tenu à l’Opéra, du 13 au 17 février, sur le thème « Identité et créativité — interaction mondiale ».

Sélim Sednaoui

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Les 4, 11 et 18 février à 20h, dans la Grande salle de l’Opéra. Les 12, 13, 14, 15 et 16, à 20h, Petite salle de l’Opéra. Terrain de l’Opéra, Guézira.

Tél. : 737 05 87.

 

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