Al-Ahram Hebdo, Opinion | Al-Sayed Eleiwa,  La Constitution du siècle et l’Etat civil
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 Semaine du 6 au 13 décembre 2006, numéro 639

 

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Opinion

 La Constitution du siècle et l’Etat civil

Al-Sayed Eleiwa

Professeur de sciences politiques à l’Université de Hélouan

Les amendements que l’Egypte aspire apporter à la Constitution actuelle promulguée en 1971 relèvent d’une importance capitale. En effet, les conjonctures internationales témoignent de profondes mutations comme la mondialisation, la révolution technologique, les changements sociaux, la détérioration de l’environnement ainsi que la volonté accrue des peuples de vivre en paix et en sécurité. La réforme constitutionnelle touchera ainsi de nombreux aspects du régime politique. Il s’agit tout d’abord de revoir les prérogatives du président de la République et de réglementer leur pratique afin de déterminer la relation entre les trois pouvoirs de l’Etat. Sans oublier la nécessité de mettre en vigueur l’article 82 de la Constitution relatif à la nomination d’un vice-président. Il faudra par ailleurs garantir l’équilibre entre les trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, et transformer le régime politique en un régime parlementaire. Ce système se doit de déterminer la responsabilité des ministres devant l’Assemblée du peuple et de garantir le droit de retirer la confiance au gouvernement.

Il s’agit de même d’adopter le système des élections parlementaires par liste afin de rendre plus actifs les différents partis et courants politiques.

Dans ce contexte, les amendements constitutionnels devront assurer l’indépendance totale de la justice et garantir sa supervision des élections libres et honnêtes. Ils devront également garantir une protection réelle des libertés fondamentales et des droits de l’homme tout en confirmant la liberté d’expression et d’organisation et aussi consolider les organisations de la société civile.

Dans ce cadre, il se présente indispensable de garantir la liberté de la presse et de revoir la possession par l’Etat de la presse et des médias. Par la suite, il faudra renforcer la décentralisation et le pouvoir local tout en adoptant le système des élections démocratiques à tous les niveaux, y compris l’élection des gouverneurs et des recteurs des universités.

Enfin, ces mêmes amendements constitutionnels devront développer le Conseil consultatif, afin qu’il ne soit pas une réplique de l’Assemblée du peuple, mais le représentant réel des forces de la société civile comme les syndicats et les ONG.

En guise de conclusion, nous devons prendre en considération que les amendements constitutionnels prévus placeront encore plus l’Egypte sur la voie du développement. Ils formeront un nouveau contrat social, un document de planification stratégique. De cette manière, les nouveaux amendements constitutionnels contribueront à établir un Etat civil basé sur le dialogue social, le contrat social et la répartition du pouvoir .

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