Les
amendements que l’Egypte aspire apporter à la Constitution
actuelle promulguée en 1971 relèvent d’une importance capitale.
En effet, les conjonctures internationales témoignent de
profondes mutations comme la mondialisation, la révolution
technologique, les changements sociaux, la détérioration de
l’environnement ainsi que la volonté accrue des peuples de vivre
en paix et en sécurité. La réforme constitutionnelle touchera
ainsi de nombreux aspects du régime politique. Il s’agit tout
d’abord de revoir les prérogatives du président de la République
et de réglementer leur pratique afin de déterminer la relation
entre les trois pouvoirs de l’Etat. Sans oublier la nécessité de
mettre en vigueur l’article 82 de la Constitution relatif à la
nomination d’un vice-président. Il faudra par ailleurs garantir
l’équilibre entre les trois pouvoirs, législatif, exécutif et
judiciaire, et transformer le régime politique en un régime
parlementaire. Ce système se doit de déterminer la
responsabilité des ministres devant l’Assemblée du peuple et de
garantir le droit de retirer la confiance au gouvernement.
Il s’agit de même d’adopter le système des
élections parlementaires par liste afin de rendre plus actifs
les différents partis et courants politiques.
Dans ce contexte, les amendements
constitutionnels devront assurer l’indépendance totale de la
justice et garantir sa supervision des élections libres et
honnêtes. Ils devront également garantir une protection réelle
des libertés fondamentales et des droits de l’homme tout en
confirmant la liberté d’expression et d’organisation et aussi
consolider les organisations de la société civile.
Dans ce cadre, il se présente indispensable
de garantir la liberté de la presse et de revoir la possession
par l’Etat de la presse et des médias. Par la suite, il faudra
renforcer la décentralisation et le pouvoir local tout en
adoptant le système des élections démocratiques à tous les
niveaux, y compris l’élection des gouverneurs et des recteurs
des universités.
Enfin, ces mêmes amendements constitutionnels
devront développer le Conseil consultatif, afin qu’il ne soit
pas une réplique de l’Assemblée du peuple, mais le représentant
réel des forces de la société civile comme les syndicats et les
ONG.
En guise de conclusion, nous devons prendre
en considération que les amendements constitutionnels prévus
placeront encore plus l’Egypte sur la voie du développement. Ils
formeront un nouveau contrat social, un document de
planification stratégique. De cette manière, les nouveaux
amendements constitutionnels contribueront à établir un Etat
civil basé sur le dialogue social, le contrat social et la
répartition du pouvoir .