Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | De nouveau, le spectre de la guerre
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 6 au 13 décembre 2006, numéro 639

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Soudan . La flambée de violence qui a resurgi dans le sud du pays illustre la fragilité de l’accord de paix signé il y a deux ans et fait craindre qu’il ne vole en éclats.

De nouveau, le spectre de la guerre

La tension au Darfour et la régionalisation de cette crise, voire son internationalisation, ont fait oublier que la paix au Sud-Soudan reste encore bien fragile. Après environ deux ans de calme précaire dans la région du Sud-Soudan, la violence a refait gravement surface, cette semaine, entre l’armée soudanaise et les ex-rebelles du sud du pays, l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), dans la ville de Malakal à quelque 700 km au sud de Khartoum. Cette vague de violence, qui a fait périr des centaines de personnes dans les plus violents combats depuis la conclusion d’un accord de paix en janvier 2005 entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles de cette région riche en pétrole, pose toute une série de questions quant à la réussite de l’accord de paix entre le nord et le sud et au contrôle des milices héritées de la guerre civile.

Censé mettre fin à un conflit de 20 ans entre le nord et le sud faisant deux millions de morts et quatre millions de déplacés, l’accord de Naivasha a créé des armées séparées pour le nord et le sud avec des unités conjointes dans les principales villes, ainsi qu’un gouvernement autonome pour la partie méridionale du pays. Il prévoit également un partage plus juste des pouvoirs et des richesses avec des promesses de développement du sud dans une période de transition qui s’étale sur 5 ans. Après cette période, les Sudistes décideront entre la séparation du nord et le droit à l’autodétermination. « Les Sudistes ont toujours souffert d’une certaine discrimination car les Nordistes ont accaparé tous les pouvoirs et toutes les richesses. Ils aspiraient donc à une répartition plus juste des ressources du pays surtout qu’une bonne partie de ces richesses se concentrent dans le sud. Ce sentiment d’injustice a fait naître, avec le temps, dans l’esprit des Sudistes, une certaine tendance vers la séparation », analyse le Dr Mohamad Abdel-Salam, expert politique, selon lequel ce regain de tension est essentiellement dû au ralentissement de l’application de l’accord de paix à cause des divergences sur des points essentiels, tels que le tracé des frontières et le contrôle des gisements pétroliers du sud. « Voilà que deux ans sont passés et le sud n’a témoigné d’aucun développement comme l’a stipulé l’accord de Naivasha. Les Sudistes se sont donc sentis trahis », estime le Dr Abdel-Salam. Aussi, certains responsables du Sud-Soudan ont-ils déclaré, vendredi, leur détermination à canaliser les revenus de leur pétrole en direction de l’agriculture et du développement des infrastructures. « Si la région est empoisonnée par les guerres et le sous-développement, elle a aussi un grand potentiel agricole et des ressources énormes surtout que nous produisons plus de 330 000 barils de pétrole brut par jour », a défié Barnaba Benjamin, ministre de la Coopération régionale du gouvernement du Sud-Soudan.

Selon le Dr Hicham Ahmad, professeur à la faculté des sciences politiques et économiques, à l’Université du Caire, ces derniers incidents illustrent également la fragilité du processus de paix et tout particulièrement les difficultés à faire cohabiter une armée du nord avec une deuxième armée sudiste, surtout que d’aucuns expliquaient que ces hostilités étaient motivées par la présence d’une milice pas totalement intégrée dans les forces régulières nordistes.

Samedi, le gouvernement de Khartoum est allé jusqu’à prétendre que ces incidents sont dus à des conflits entre les Sudistes eux-mêmes, avec lesquels il n’a rien à voir. « Cette accusation n’est pas complètement dénuée de crédibilité car il y a au sud un bon nombre de tribus qui sont en conflit permanent avec la principale tribu de John Garang, qui s’appelle Donka. Certaines de ces tribus étaient même contre la conclusion de l’accord de Naivasha et par suite contre l’intégration des forces du nord dans l’armée sudiste », explique le Dr Abdel-Salam.

Autre facteur ayant animé cette flambée de violence, l’intervention de certaines forces régionales comme l’Ouganda et l’Ethiopie, soucieux de garder la guerre au Soudan toujours enflammée pour se garantir un marché florissant pour la vente de leurs armes. Outre la question des richesses et des pouvoirs, le conflit au Sud-Soudan comportait aussi une dimension religieuse entre un sud majoritairement animiste ou chrétien et un nord plutôt musulman.

Si les choses continuent de la sorte, le Soudan se trouvera, après trois ans, face à une fatalité qui menacera son unité, à savoir la séparation du sud. « Cette hypothèse est toujours possible si le bilan des 5 ans de transition n’est pas satisfaisant pour les Sudistes. Ils pourraient bien à cette heure choisir la séparation et ils l’obtiendront », prévoit le Dr Hicham Ahmad.

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.