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Infrastructures.
Initié par une ONG égyptienne, un
projet peu coûteux et innovant d’évacuation des eaux usées est
sur le point d’être achevé dans un village du gouvernorat de
Béni-Souef. Un exemple à suivre.
Comment s’offrir un réseau d’égouts
Sur
les 4 000 villages égyptiens dépourvus de système d’évacuation
des eaux usées, certains refusent d’accepter leur sort et
prennent la situation en main. Gaafar, petit village dépendant
du gouvernorat de Béni-Souef, situé à 130 km au sud du Caire,
figure parmi eux, grâce à l’Association du développement de la
société du village de Gaafar. L’initiative de celle-ci part d’un
constat : les quelque 5 000 habitants ont longtemps été obligés
de se débarrasser de leurs eaux usées dans les canaux
d’irrigation avoisinants, ou tout simplement à même le sol,
devant leur logement. Ces eaux usées contenaient plusieurs
sortes de polluants, outre des matières chimiques, comme celles
utilisées pour laver le linge. Ces polluants déversés dans les
canaux d’irrigation se dirigeaient directement vers les terrains
agricoles, contaminant ainsi les différentes cultures de fruits
et légumes. Elles atteignaient également la nappe phréatique,
réservoir d’eau stratégique en cas de sécheresse.
C’est avec le temps que les villageois ont
commencé à ressentir les problèmes que cette situation causait
sur leur santé, avec, entre autres, les apparitions de plus en
plus fréquentes de maladies rénales. Selon les rapports de
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il existe une
relation de cause à effet entre la propagation croissante de
l’insuffisance rénale et l’augmentation des divers polluants
dans l’eau et de son taux de salinité. Les chiffres ont, de
plus, démontré que l’insuffisance rénale en Egypte, dont le taux
était de 10 cas pour un million en 1974, est arrivée à 225 cas
pour un million en 2004. Et la division de recherches médicales,
dépendante du Centre national de recherches scientifiques,
effectue en ce moment des investigations sur les divers
problèmes de santé provoqués par la pollution de l’eau, à la
demande du ministère de la Santé. Le problème est donc grave,
surtout si l’on sait que près de 20 % de la mortalité des
enfants de moins de 5 ans a pour cause la pollution de l’eau.
L’homme n’est pas le seul à souffrir de la
pollution de l’eau, les cultures sont également concernées. «
Nous avons rencontré un grand problème dans la culture du
poivron. Avant qu’ils ne soient mûrs, on les retrouvait secs
dans les champs. Ce n’est que plus tard que l’on a découvert que
le mélange des eaux usées à celles de l’irrigation en était la
cause », explique Sami Mahrous, directeur des projets à
l’Association du développement de la société du village de
Gaafar, association responsable de l’exécution du projet. Un
problème dû, d’une part, au fait que l’Etat n’a pas rempli sa
mission d’installation de réseaux d’égouts dans les villages
égyptiens. Et, d’autre part, au fait que les Egyptiens eux-mêmes
sont très peu instruits en ce qui concerne l’hygiène et
l’environnement. « Nous avons déversé nos eaux usées sauvagement
pendant des années. Mais je n’avais aucune idée qu’agir de la
sorte compromettait l’environnement et notre santé », avoue
Samia, une jeune habitante du village.
Concept nouveau
Selon les études des experts, c’est surtout
pour des raisons financières que l’Etat égyptien ne pourra pas
installer de réseaux d’égouts dans tous les villages du
territoire avant 50 ans. C’est ainsi que Sameh Seif, un jeune
militant et activiste environnemental de la Haute-Egypte, a
pensé à ce projet de drainage sanitaire et de traitement des
eaux ménagères usées. Il est aussi un compagnon d’Ashoka,
fondation internationale qui offre une assistance technique et
financière aux porteurs de projets de développement social. «
J’ai pensé à ce projet car je suis un des villageois d’Egypte,
je vis avec eux leurs douleurs. J’ai refusé de rester immobile
alors que plusieurs institutions internationales financent des
projets d’environnement et de développement durable, comme par
exemple le programme des microcrédits du Fonds pour
l’environnement Mondial connu sous le nom de GEF-SGP (Global
Environment Facilities-Small Grants Programme) », souligne Sameh
Seif. Selon lui, le projet en question vise à appliquer un
système d’évacuation et de traitement des eaux usées afin de
réduire la pollution du Nil. La méthode de traitement proposée
est l’une des moins coûteuses. « Le projet consiste à installer
des réservoirs souterrains prêts à recevoir les eaux usées. Ces
réservoirs sont reliés par des tuyaux souterrains à un grand
réservoir principal contenant des cailloux qui servent de filtre
organique de l’eau. Cela débarrasse l’eau des principaux
polluants avant qu’elle ne soit versée à nouveau dans les canaux
qui les mènent vers les terrains agricoles ou vers le Nil »,
explique Seif.
L’exécution du projet, qui a commencé dans le
village de Gaafar fin 2005, sera achevée dans un mois, mais des
résultats positifs apparaissent déjà. « Les échantillons
prélevés par le Dr Ahmad Hossam, de l’Université d’Alexandrie,
ont montré que les eaux sortant du réservoir principal de
traitement sont dépourvues des principaux polluants et n’est
plus dangereuse pour le Nil, notre source principale d’eau
potable », remarque Sami Mahrous, de l’Association du
développement de la société du village de Gaafar.
L’installation du projet, qui a duré un an, a
coûté 200 000 L.E. Somme modeste comparée au système d’égouts
gouvernementaux, qui coûtent entre 2 et 3 millions de L.E. par
village. Des campagnes de sensibilisation ont aussi été menées
pour sensibiliser les villageois à l’environnement et à
l’hygiène et pour garantir la durabilité du projet,
l’exploitation et l’entretien du système. « Le projet a formé
des habitants du village à l’entretien du système. Les activités
ont inclus des femmes parce qu’elles jouent un rôle principal
dans la gestion de l’eau dans les foyers », assure Seif. Pour
lui, le concept de gestion décentralisée de l’eau usée et le
fait d’impliquer les ONG pour résoudre le problème des égouts et
du traitement des eaux sont nouveaux en Egypte.
Le village de Gaafar n’est pas le seul a
bénéficier d’un tel projet puisque Zawiyet Sultane et Menbale,
deux villages du gouvernorat de Minya, ont, eux aussi, entamé
l’exécution de ce projet-pilote. Mais la liste des villages
dépourvus de telles installions reste longue et la prise de
conscience générale des problèmes liés à l’eau tarde à venir.
Dalia Abdel-Salam |
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En bref
Déchets toxiques
Durant une réunion internationale de la
Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements
transfrontaliers des déchets dangereux et de leur élimination,
qui a eu lieu fin novembre en Côte-d’Ivoire, le secrétaire
général adjoint des Nations-Unies et directeur exécutif du
Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), Achim
Steiner, a lancé un appel d’aide financière internationale qui
doit être mobilisée dans les plus brefs délais pour assurer le
nettoyage et la réhabilitation de sites en Côte-d’Ivoire
contaminés lors d’un déversement de déchets toxiques aux
alentours du port d’Abidjan. Les autorités ivoiriennes ont
estimé que la facture finale, majorée des coûts liés à la
réhabilitation des sites contaminés aux moyen et long termes,
s’élèvera à près de 30 millions de dollars
La réunion s’est penchée essentiellement sur
la question des déchets électroniques, un problème de plus en
plus inquiétant étant donné la croissance du commerce
international de produits obsolètes comme les ordinateurs et les
téléphones portables. Mais la question du transport illicite de
déchets dangereux vers des pays vulnérables par des opérateurs
peu scrupuleux a été également une des grandes préoccupations
des délégués, du fait qu’un affréteur en provenance d’Europe ait
déversé, en août dernier, des déchets.
CEDARE
Le Centre de l’environnement et de
développement de la région arabe et de l’Europe (Cedare) a tenu,
la semaine dernière au Caire, son 10e conseil d’administration
et la réunion de son comité exécutif sous la présidence de Sa
Majesté le prince Torki bin Nasser bin Abdel-Aziz, président du
conseil d’administration, président de l’Organisme général de la
météo et de la défense de l’environnement saoudiens et président
du bureau exécutif du Conseil des ministres arabes de
l’Environnement. Durant cette réunion, le prince a signé avec le
Dr Nadia Makram Ebeid, directrice exécutive du Cedare, un accord
de contribution aux activités du Centre d’un montant de deux
millions de dollars sous forme de donation faite par l’Organisme
général de la météo et de la défense de l’environnement
saoudiens. Pour la première fois, deux pays européens,
l’Allemagne et l’Espagne, ont figuré comme membres du conseil
d’administration du Cedare. « Nous voulons consolider la
coopération avec les pays européens et élargir la surface
géographique où œuvre le Cedare », a affirmé Mme Ebeid. L’équipe
du Cedare a présenté les efforts déployés en 2006, qui ont
abouti à le choisir pour accueillir le secrétariat technique du
Conseil arabe de l’eau, à mettre en œuvre le programme de
gestion intégrée des ressources hydrauliques dans la région
arabe et à participer à la publication du premier rapport sur la
situation de l’eau dans la région arabe. Le Cedare a de même été
choisi par le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE)
et la Ligue arabe pour diriger le processus de publication du
premier rapport sur la situation de l’environnement dans la
région arabe.
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