Al-Ahram Hebdo, Voyages | Mettre au monde en Egypte pharaonique
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 Semaine du 27 décembre 2006 au 2 janvier 2007, numéro 642

 

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Mettre au monde en Egypte pharaonique

 

Des Anciens Egyptiens on ne connaît parfois que leurs réalisations pharaoniques. Leur quotidien reste souvent connu des spécialistes. Aujourd’hui renaît un débat suscité par la présence de sièges dits d’accouchement et dont des archéologues récusent la fonction. De plus, l’accouchement n’est pas décrit dans les papyrus médicaux. Le papyrus Ebers donne cependant quelques indications. Le paragraphe 797 mentionne que la femme, nue, doit s’accroupir sur une sorte de natte. Un récit du papyrus Westekar, du Musée de Berlin, qui fut rédigé vers la XIIe dynastie nous raconte la naissance des trois premiers rois de la Ve dynastie. Il mentionne que la reine accouche accroupie sur le sol. Un bas-relief d’époque ptolémaïque décorant l’une des parois de la maison avec la naissance d’un des derniers Ptolémées. La scène est dessinée par des artistes français (dans La Description de l’Egypte 1809), ainsi que des artistes qui accompagnèrent en Egypte Champollion et Lepsuis. La femme est accroupie dans la même position que prennent les paysannes de la Haute-Egypte.

Différents textes mentionnent la pierre ou brique de mise au monde. C’est l’ancêtre de siège obstétrical des Hébreux et du fauteuil obstétrical encore employé en Orient. Un fameux passage de la Bible où le pharaon dit aux sages-femmes : « Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux et que vous le verrez sur le siège, etc. ».

Sous la VIe dynastie, le hiéroglyphe qui exprime l’idée d’enfanter représente le siège formé de trois pierres quadrangulaires formant un siège sur lequel la femme peut s’asseoir ou s’agenouiller. Elle s’appuie avec les mains sur les cuisses, elle s’incline vers le devant, tout en ayant un vide au-dessous et devant elle. La femme garde une position mi-accroupie et mi-agenouillée qui est encore fréquente parmi les femmes de l’Afrique du Nord.

Mais, avec la XVIIIe dynastie, nous voyons que le hiéroglyphe exprimant l’idée d’enfanter est différent : les pierres disparaissent et sont remplacées par la tête et les bras d’un enfant figurés entre les jambes de la femme. La brique de mise au monde aurait été supprimée pour laisser voir l’enfant et rendre le signe hiéroglyphique plus facilement compréhensible.

Un siège trouvé dans la tombe de Khenmose n’est probablement pas un siège d’accouchement car il a une ouverture plus étroite que la tête du bébé. C’est possible que le siège d’accouchement était employé par les reines et les princesses dans le palais royal .

Abir Tantaoui

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