Constat d’échec
Fin 2005, le président George W. Bush prédisait aux
Américains de nouveaux sacrifices pour 2006 en Iraq, mais
il les exhortait à l’optimisme. A l’aube de 2007, l’un des
sacrifices consentis de son propre aveu est celui de
l’optimisme.
« Malgré la violence, les Iraqiens sont optimistes, et cet
optimisme est justifié », disait M. Bush le 18 décembre
2005 dans une allocution adressée à la nation. Un an plus
tard presque jour pour jour et au moment de définir une
nouvelle stratégie, M. Bush a reconnu que l’optimisme
avait été englouti par un déchaînement des violences
préfigurant une guerre civile.
« Nos forces en Iraq sont sur la voie de la victoire, et
c’est cette voie qui les ramènera à la maison », assurait
M. Bush il y a un an alors qu’il était engagé dans une
campagne de défense de la « stratégie pour la victoire »
orientée vers les élections parlementaires qui auraient
lieu un an après. Pour la première fois, il s’est rendu la
semaine dernière à un constat beaucoup plus sombre : «
Nous ne gagnons pas, nous ne perdons pas ».
M. Bush était déjà confronté fin 2005 à la violence en
Iraq et à la contestation de la guerre aux Etats-Unis. «
D’autres épreuves et d’autres sacrifices nous attendent »,
disait-il à l’époque, comme il l’a dit mercredi dernier.
Mais les Iraqiens venaient d’élire leur Parlement. Ces
élections étaient « le début de quelque chose de nouveau :
une démocratie constitutionnelle au cœur du Proche-Orient
». Il pouvait faire aux Américains la promesse du premier
gouvernement démocratiquement élu en Iraq. Depuis, le
dynamitage de l’un des lieux saints, les plus vénérés par
les chiites, le 22 février a enclenché l’engrenage des
assassinats confessionnels. Un gouvernement a
effectivement été installé. Mais l’un des plus proches
conseillers de M. Bush vient d’exprimer dans un document
confidentiel ses doutes sur le premier ministre
Nouri
Al-Maliki. La tactique américaine a été révisée.
Elle a échoué à sécuriser Bagdad.
En un an, M. Bush est revenu sur ses prétentions de faire
de l’Iraq un exemple de la démocratie au Proche-Orient.
Accusé d’aveuglement par ses adversaires, il a renoncé
après plusieurs mois à affirmer que les Etats-Unis
devaient « maintenir le cap » en Iraq. Cela n’a pas
empêché la défaite de ses amis républicains aux élections
parlementaires du 7 novembre. Il s’est alors résigné à un
changement de cap et devrait annoncer une nouvelle
stratégie en janvier.
Fin 2005, M. Bush disait que trois « éléments critiques »
formaient la « stratégie pour la victoire » : le transfert
de la sécurité aux Iraqiens, l’établissement des
institutions d’une démocratie unie et durable, la
reconstruction.
Les trois
objectifs
sont loin d’être atteints