Corée du Nord .
Les pourparlers de Pékin se sont achevés sans réussir à
convaincre Pyongyang de renoncer à son arsenal nucléaire.
Washington et Tokyo pourraient alourdir leurs sanctions
économiques et financières contre le pays.
Toujours pas d’atomes crochus
Les négociations à six, qui avaient repris le 18 décembre
après treize mois d’interruption, se sont conclues vendredi
dernier sur un fiasco. Les parties ont promis de se revoir «
au plus tôt », à défaut de parvenir à fixer une date.
L’obtention d’avancées concrètes était conditionnée par un
revirement radical, soit du côté américain, soit du côté
nord-coréen. Sans surprise, les deux parties ont campé sur
leurs positions. « C’est comme parler à un mur », résumait un
diplomate au lendemain de cinq jours de discussions inutiles
pour décrire l’attitude de la Corée du Nord. Selon certains
négociateurs, la délégation de Pyongyang aurait en effet eu la
consigne absolue de rejeter toute discussion sur l’arme
atomique sans levée des sanctions financières américaines.
Dialogue de sourds : la secrétaire d’Etat américaine a
rétorqué qu’il n’y avait aucun lien entre ces sanctions et les
négociations nucléaires. « Ce sont deux affaires distinctes »,
a tranché Condoleezza Rice. Le négociateur américain en chef,
Christopher Hill, s’est dit « un peu déçu ». « Je doute que
quelqu’un ait pu croire sérieusement que tous les problèmes
seraient réglés », a reconnu pour sa part le chef de la
diplomatie russe Sergueï Lavrov. Pour beaucoup, ces
pourparlers qui réunissent les deux Corées, la Chine, les
Etats-Unis, le Japon et la Russie ne sont guère plus qu’une
diplomatie de façade. Et l’échec de la semaine dernière entame
un peu plus leur crédibilité. « A ce stade, il n’existe pas de
meilleur format », s’est défendu le ministre japonais des
Affaires étrangères, Taro Aso.
En attendant que la méthode douce prouve son efficacité, les
Etats-Unis et le Japon pourraient alourdir leurs sanctions
économiques et financières. « Les sanctions continuent de
mettre la pression d’une façon graduelle mais ferme », a
pronostiqué M. Aso. 24 millions de dollars détenus par la
Corée du Nord sur un compte de la banque Banco Delta Asia (BDA),
basée à Macao, ont déjà été gelés depuis 2005 par le Trésor
américain.
« Si les Etats-Unis continuent à renforcer leurs sanctions,
nous réagirons à ce geste par des actions plus fermes », a
menacé le chef d’Etat-major des forces armées de la Corée du
Nord, Kim Young-chun. A commencer, peut-être, par un second
essai nucléaire. Il pourrait avoir lieu dans le même tunnel
que celui du 9 octobre, près du Mont Mantap, à 350 km au
nord-est de Pyongyang. « Depuis le début de ce mois, il y a eu
beaucoup d’activités dans ce tunnel », a indiqué un député
sud-coréen, sans citer ses sources. Le premier essai de
l’histoire de la Corée du Nord avait provoqué une tempête de
protestations internationales et l’adoption de sanctions par
le Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Camille
Sayart