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 Semaine du 27 décembre 2006 au 2 janvier 2007, numéro 642

 

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Corée du Nord . Les pourparlers de Pékin se sont achevés sans réussir à convaincre Pyongyang de renoncer à son arsenal nucléaire. Washington et Tokyo pourraient alourdir leurs sanctions économiques et financières contre le pays.  

Toujours pas d’atomes crochus 

Les négociations à six, qui avaient repris le 18 décembre après treize mois d’interruption, se sont conclues vendredi dernier sur un fiasco. Les parties ont promis de se revoir « au plus tôt », à défaut de parvenir à fixer une date.

L’obtention d’avancées concrètes était conditionnée par un revirement radical, soit du côté américain, soit du côté nord-coréen. Sans surprise, les deux parties ont campé sur leurs positions. « C’est comme parler à un mur », résumait un diplomate au lendemain de cinq jours de discussions inutiles pour décrire l’attitude de la Corée du Nord. Selon certains négociateurs, la délégation de Pyongyang aurait en effet eu la consigne absolue de rejeter toute discussion sur l’arme atomique sans levée des sanctions financières américaines. Dialogue de sourds : la secrétaire d’Etat américaine a rétorqué qu’il n’y avait aucun lien entre ces sanctions et les négociations nucléaires. « Ce sont deux affaires distinctes », a tranché Condoleezza Rice. Le négociateur américain en chef, Christopher Hill, s’est dit « un peu déçu ». « Je doute que quelqu’un ait pu croire sérieusement que tous les problèmes seraient réglés », a reconnu pour sa part le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Pour beaucoup, ces pourparlers qui réunissent les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie ne sont guère plus qu’une diplomatie de façade. Et l’échec de la semaine dernière entame un peu plus leur crédibilité. « A ce stade, il n’existe pas de meilleur format », s’est défendu le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Aso.

En attendant que la méthode douce prouve son efficacité, les Etats-Unis et le Japon pourraient alourdir leurs sanctions économiques et financières. « Les sanctions continuent de mettre la pression d’une façon graduelle mais ferme », a pronostiqué M. Aso. 24 millions de dollars détenus par la Corée du Nord sur un compte de la banque Banco Delta Asia (BDA), basée à Macao, ont déjà été gelés depuis 2005 par le Trésor américain.

« Si les Etats-Unis continuent à renforcer leurs sanctions, nous réagirons à ce geste par des actions plus fermes », a menacé le chef d’Etat-major des forces armées de la Corée du Nord, Kim Young-chun. A commencer, peut-être, par un second essai nucléaire. Il pourrait avoir lieu dans le même tunnel que celui du 9 octobre, près du Mont Mantap, à 350 km au nord-est de Pyongyang. « Depuis le début de ce mois, il y a eu beaucoup d’activités dans ce tunnel », a indiqué un député sud-coréen, sans citer ses sources. Le premier essai de l’histoire de la Corée du Nord avait provoqué une tempête de protestations internationales et l’adoption de sanctions par le Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Camille Sayart

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