Opéra .
Amahl and Night Visitors (Amahl et les visiteurs de la nuit),
de Gian Carlo Menotti, célèbre Noël dans une version comique
et légère signée Hicham Al-Talli.
La nativité revisitée par des guignols
Dans
la petite salle de l’Opéra du Caire, la scène est réduite à
cinq mètres de largeur. Neuf personnages, ou plutôt neuf
guignols, profitent de la profondeur du théâtre pour bouger et
se déplacer en interprétant l’opéra de Gian Carlo Menotti
Amahl and the Night Visitors (Amahl et les visiteurs de la
nuit). Il s’agit de l’histoire d’Amahl, un petit enfant
boiteux et de sa mère, qui vivent dans la pauvreté. Un jour,
trois rois aux pouvoirs magiques leur rendent visite. Ces rois
étaient en voyage à Bethléem pour célébrer la naissance du
Christ, portant avec eux un trésor de grande valeur. La mère
est arrêtée en essayant de voler une partie du trésor pour
aider son fils, mais les rois lui pardonnent. Avec gratitude,
elle rend l’or volé et Amahl offre sa béquille aux rois. Et
par miracle, il est guéri. La mise en scène est signée Hicham
Al-Talli.
Amahl and the Night Visitors, composé en 1951 et écrit en
anglais, fait partie des opéras classiques en un acte
célébrant Noël de par le monde. « L’œuvre de Menotti évoque
l’ambiance de Noël et de la fête. L’histoire est simple et
peut être présentée aux enfants », estime le metteur en scène.
Partant de cette idée, Al-Talli a donc proposé de donner
l’œuvre de Menotti sous forme d’un spectacle de guignol en 45
minutes. Une nouvelle expérience qui comporte un grand défi
pour le metteur en scène. « Il y a trois ans, une compagnie
italienne est venue présenter une adaptation de l’opéra d’Aïda
en marionnettes. J’ai remarqué que les marionnettistes, en
étendant leurs bras durant tout le spectacle, se fatiguent
vite. Le visage de la marionnette garde toujours une
expression figée. J’ai donc choisi de travailler avec les
guignols parce qu’ils sont beaucoup plus maniables que les
marionnettes », explique-t-il à propos de son choix. Pour ce
spectacle, les visages des guignols sont fabriqués en
silicone. « Cette matière un peu élastique sert à créer un
visage plus expressif, facile à animer par les doigts de
l’opérateur », ajoute-t-il.
Tout en respectant l’œuvre originale et en ayant recours au
play-back, le metteur en scène se sert de quelques gestuels,
accessoires et mouvements contradictoires pour faire baigner
le spectacle dans l’humour. « La musique de Menotti permet de
créer des scènes comiques et légères qui servent à attirer les
spectateurs, surtout les enfants. Aujourd’hui, nous devons
nous adresser aux enfants pour créer ensuite, à l’avenir, de
vrais admirateurs de l’art de l’opéra », souligne Al-Talli qui
tâche d’offrir à son public une musique classique, un opéra
original et un spectacle de guignol dans un style plus
attrayant.
May Sélim