Al-Ahram Hebdo, Afrique | Une paix en demi-teinte
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 Semaine du 27 décembre 2006 au 2 janvier 2007, numéro 642

 

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Afrique

Tchad . Le gouvernement et la rébellion du FUC ont signé un accord de paix d’ores et déjà compromis par la détermination d’autres mouvements rebelles de poursuivre le combat. 

Une paix en demi-teinte 

« Un grand pas vers la paix au Tchad ». C’est ainsi que le président libyen Moammar Kadhafi a qualifié l’accord de paix, signé sous son parrainage dimanche soir entre le président tchadien et le plus puissant groupe de rebelles. Arrivés samedi soir à Tripoli, Idriss Deby et le général dissident Mahamat Nour Abdelkerim, chef des FUC (Front Uni pour le Changement), se sont quittés avec une satisfaction mutuelle. Le premier s’est enthousiasmé de ce « jour grandiose » et d’un « grand cadeau pour le peuple tchadien ». Le second, qui avait lancé en avril une offensive éclair audacieuse contre la capitale N’Djamena, a « remercié Dieu pour ce cadeau de fin d’année ».

Son attaque en avril avait tué 350 personnes, soldats, rebelles ou civils. Personne n’aurait parié à l’époque sur une réconciliation des ennemis jurés. Aujourd’hui, les deux parties promettent d’honorer leurs engagements : respect du cessez-le-feu, libération des prisonniers des deux côtés, grâce à tous les membres du FUC, retour des réfugiés ... L’accord devrait être appliqué d’ici trois mois et les autres groupes rebelles disposent d’un mois pour s’y rallier. L’enjeu principal reste le partage du pouvoir, surtout depuis que le pays a commencé à exporter du pétrole en 2004. Sur ce point, le Front des rebelles s’est vu promettre une participation au gouvernement. Autant de bonnes paroles qui devraient être suivies par un comité, mis en place avec l’aide de la Libye, à condition que le FUC s’engage à ne pas utiliser les armes pour arriver au pouvoir.

Reste à évaluer sur le terrain l’efficacité du processus de paix. Car d’autres mouvements rebelles, tels que le Rassemblement National pour la Démocratie (RND), ont juré de poursuivre leur combat. « Les armes doivent être dirigées contre le colonialisme. Le colonialisme est fini en Afrique. Il faut œuvrer pour le développement. L’ennemi agit contre nous et notre volonté doit être plus grande que la volonté de l’ennemi », a proclamé Moammar Kadhafi en exhortant « les rebelles du Tchad et du Darfour (ouest du Soudan) à suivre l’exemple » des accords signés dimanche. Selon les Nations-Unies, 300 personnes ont été tuées depuis début novembre dans des attaques contre plus de 70 villages.

Certains observateurs voient dans ces violences une conséquence du conflit qui déchire la région soudanaise du Darfour et s’étend comme une tache d’huile au Tchad et à la République centrafricaine, deux pays voisins. Le colonel Kadhafi avait déjà réuni en novembre à Tripoli un mini-sommet africain pour désamorcer les tensions entre le Tchad et le Soudan, qui s’accusent mutuellement de tentatives de déstabilisation.

Camille Sayart

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