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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Voyages

Exposition . Fermant ses portes le 24 décembre, l’exposition de pièces pharaoniques La Caravane du Caire, qui s’est tenue a Liège pendant trois mois, a attiré plus de 13 000 visiteurs.  

L’Egypte, passion belge 

Liège,De notre correspondante —

Liège, à 90 km à l’est de Bruxelles, est à l’heure égyptienne, grâce à la « Caravane du Caire ». Celle-ci est le titre de l’exposition pharaonique qui a lieu au Musée de l’art wallon à Liège. Le titre de cette exposition est inspiré d’un opéra-ballet du Liégeois André Modeste Crétry (1741-1813), composé en 1783. Cet opéra a été bien été accueilli par le public français en 1784, l’œuvre fut présentée plus de 500 fois de 1784 à 1829. Les scènes de foules, de combat, de patriotisme et les scènes comiques sont imprimées dans la mémoire des responsables de la culture à la ville du Liège et ils ont trouvé que La Caravane du Caire est un titre idéal pour mettre en relief des pièces et des statues égyptiennes qui sont conservées au Musée de Curtius à Liège depuis une centaine d’années. Deux cents pièces authentiques, qui datent des XIVe et XVIe dynasties, sont distribuées dans les différentes parties de la salle Saint-Georges au Musée de l’art wallon. 90 % des pièces exposées viennent du Musée de Curtius et d’autres pièces sont complétées par des œuvres de musées étrangers : Paris (musée d’Orsay), Rouen (Musée des beaux-arts), Turin (Museo Egizio), Genève (Fondation Martin Bodmer), Cologne, Berlin, Bruxelles (Musées des arts royaux et d’Histoire-collection Hagemans), Strasbourg, Amsterdam et de collections privées de la région liégeoise. « L’objectif de cette exposition est de renforcer l’image culturelle et muséale internationale de Liège en démontrant des liens incontestables de son histoire avec une des plus grandes et des plus riches civilisations du monde », souligne Eugène Warmenbol, le commissaire de l’exposition La Caravane du Caire et professeur d’égyptologie à l’Université Libre de Bruxelles (ULB).

A l’accueil de l’exposition, l’architecte scénographe Jean Christophe Hubert a réalisé sa vision artistique de l’Egypte orientale, historique et fascinante.

Dès l’entrée de la salle Saint-Georges où commence l’exposition, le visiteur se sent tout à fait détaché de l’extérieur. Le lever du soleil de couleur orange est une spécialité remarquable à l’entrée, ainsi que le bruit du vent, celui des voyageurs traversant le désert à dos de dromadaire, la voix du muezzin et même l’évocation de la présence de palmiers et des Pyramides. Après quelques pas dans ce paysage admirable, on débouche dans une petite ruelle où l’on entend la clameur des passants, des marchands ambulants et de la musique orientale. Tous ces détails sont rendus grâce à un décor créé à travers l’imagination du scénographe Hubert. Des escaliers en bois, des plafonds en palmiers, un chariot en bois, des vendeurs de camelotte et des sacs en jute de produits alimentaires complètent ce tableau. Cette entrée fait que le visiteur s’accroche au quotidien des Egyptiens. Il reste des heures à contempler les pièces qui viennent de sortir de l’oubli après un travail délicat de restauration. « Depuis 1909, ces vestiges égyptiens ont été ignorés dans les réserves du Musée de Curtius à cause des idées nationalistes de l’époque », indique Warmenbol, le commissaire de l’exposition.

Selon lui, Liège veut à présent montrer qu’il existe des anciens échanges entre les deux cultures.

A la première salle, un tableau peint à l’huile 131x76,8 cm par Jean-Léon Gérôme (1824-1904), surnommé la Plaine de Thèbes en Haute-Egypte. La première salle a été consacrée au thème d’Isis et les Gallo-Romains. De nombreuses statuettes d’Isis en bronze ont été trouvées partout en Europe. Le culte de cette déesse pharaonique avait gagné l’Europe à l’époque romaine. « On a trouvé dans les plaines Gallo-Romaines ces statuettes. Le culte d’Isis était important », explique Warmenbol, tout en se déplaçant vers la deuxième salle qui a regroupé les travaux de Lambert Lombard (1505-1566). Ce grand peintre liégeois à la Renaissance a été parfaitement inspiré dans ces chefs-d’œuvre par la civilisation égyptienne. Par exemple l’écriture hiéroglyfique en ajoutant soleil, œil ou lion dans ses dessins typiquement belges. Il a encore redessiné les pyramides au milieu des maisonnettes liégeoises. De même, Lombard a redessiné à l’encre les hiéroglyphes séparément dans le Canopus de l’Album d’Arenberg. Toujours pendant la Renaissance, il y avait une relecture du hiéroglyphe dans le manuscrit de Piero Valeriano sous le titre de Hieroglyphica. Le 3e thème de cette exposition porte sur l’Expédition d’Egypte et Henri-Joseph Redouté, un dessinateur belge qui a accompagné Bonaparte pendant sa campagne en Egypte. Fasciné par le pays des pharaons, il a reproduit un moulage de la pierre de Rosette. Il s’est focalisé aussi sur les thèmes suivants : Esné, Thèbes et Louqsor. Il a touché de près l’authenticité égyptienne dans sa propre collection de vases en terre cuite. Il reste à mentionner les deux plus importantes salles, celles des deux plus célèbres collectionneurs au XIXe siècle : Albert d’Otreppe de Bouvette et Gustave Hagemans.

 

Au diapason des grands pays

Les premiers cours d’égyptologie en Belgique ont eu lieu en 1903. La Belgique a voulu se mettre au diapason de grands pays comme la France et l’Allemagne, dont la tradition d’égyptologie est plus ancienne. Actuellement, l’égyptologie est enseignée dans trois universités : La Libre de Bruxelles, Liège et Leuven. En outre, des fouilles archéologiques se font sous la surveillance du Conseil Suprême des Antiquités (CSA) ainsi qu’avec la participation de l’Université de Liège aux travaux franco-égyptiens au Karnak. D’autres fouilles ont été effectuées à Gouna, Al Cap et à Barcha, une ville proche de Minya, et à Louqsor.

Warmenbol a participé à presque toutes ces fouilles. « Les outils les plus techniques viennent de la Belgique et les ouvriers qui se trouvent sur les sites sont des Egyptiens », dit-il en soulignant son admiration pour les ouvriers égyptiens, surtout ceux qui coopèrent dans les fouilles de Louqsor, en disant qu’ils ont une expérience extraordinaire. « Ces gens-là vivent dans un quotidien riche de patrimoine et savent profondément comment traiter ces monuments pour ne pas les abîmer », conclut-il .

Dina Ibrahim

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Aïda 1871 en photos

60 photos documentaires et des clichés français sont exposés à partir du 21 décembre au 28 décembre au Palais Taz, avec comme thème le célèbre opéra de Verdi, Aïda. Une manifestation avec beaucoup de partenaires et célébrant des événements en rapport avec l’inauguration du canal de Suez. Tout d’abord, il s’agit de la remise des archives de la Compagnie du canal de Suez à la Bibliotheca Alexandrina. L’événement est parrainé par l’Association des amis du canal de Suez en coopération avec les Centres culturels français et italien et l’Opéra du Caire. La date fêtée est 1869, une année difficile à être oubliée par l’Egypte, la France et l’Italie. C’est l’inauguration du canal de Suez, et à cette occasion une grande cérémonie a été organisée, l’Italie a répondu aux désirs du khédive Ismaïl en présentant une œuvre lyrique de Verdi. Il s’agissait au départ de Aïda. Mais cet opéra n’était pas encore prêt. Il fut remplacé par Rigoletto toujours de Verdi. Et c’est deux ans plus tard que Aïda a servi à l’inauguration de l’Opéra du Caire. Le livret de cette œuvre lyrique, étant l’œuvre de l’égyptologue Auguste Mariette, fondateur et premier directeur du Musée égyptien. Et comme le sujet de l’opéra l’exige, les costumes et les décors sont de l’époque pharaonique. Dans ce contexte, on peut admirer de belles photos, ainsi que des copies de photos, de costumes et de décors de la première représentation et dont les originaux sont conservés à l’Opéra de Paris . 

Doaa Elhami

 




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