Al-Ahram Hebdo, Voyages | Une cité balnéaire typique
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 Semaine du 20 au 29 décembre 2006, numéro 641

 

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Voyages

Patrimoine. La ville antique de Taposiris Magna constitue l’un des meilleurs exemples de l’évolution des bains de l’Antiquité jusqu’à l’époque islamique.  

Une cité balnéaire typique 

Etirée sur le long bras rocheux qui sépare la Méditerranée et le lac Mariot à 45 km à l’ouest d’Alexandrie, Taposiris Magna fut dans l’Antiquité une de ses riches bourgades de la Maréotide dont la géographie antique de Strabon (Ier siècle av. Jésus-Christ) vantait la vitalité économique. Fondée sur le versant lacustre au début de l’époque hellénique (au troisième siècle av. Jésus-Christ), occupée continuellement jusqu’à la fin du septième siècle de notre ère, elle conserve des vestiges impressionnants relativement épargnés par l’urbanisation récente : des fouilles y ont été conduites ponctuellement dans la première moitié du XXe siècle, mais aucune étude d’ensemble sur la ville et son environnement antique n’avait été entreprise. C’est l’un des objectifs que s’est fixé la Mission française des fouilles de Taposiris Magna depuis 1998.

Sous la direction de Marie-Françoise Boussac, chercheur à la Maison de l’Orient (Lyon), une équipe d’archéologues et d’architectes ont démêlé la complexité d’un urbanisme qui semble avoir agrégé différents pôles d’activités préexistants : religieux et funéraire sur la crête dominée par le temple d’Osiris qui a donné son nom à la localité (actuellement fouillée par le Conseil Suprême des Antiquités) résidentiel et portuaire sur les berges du lac. Un des monuments de Taposiris mérite une attention toute particulière : un établissement de bain collectif creusé à flanc de colline, au plus tard au cours du IIe siècle av. Jésus-Christ. Tout dans son engagement initial répond au goût et aux usages grecs, introduit en Egypte par les immigrants et vite communiqués à la population égyptienne : les deux salles d’eau en rotonde et la forme des cuves plates où les habitués s’asseyaient pour procéder à leurs ablutions. Alignées côte à côte le long de la paroi, les cuves, profilées en pente douce, étaient dotées dans le fond d’une cupule pour réveiller les eaux de l’aspersion et dans le mur arrière d’une niche individuelle où l’on déposait ses affaires. Cet établissement ne répondait peut-être pas uniquement aux besoins sanitaires d’une population soucieuse de propreté. Pour Thibaud Fournet et Bérangère Redon, qui étudient le monument, la proximité du temple d’Osiris suggère que, à l’instar des seuls bains souterrains connus pour cette époque, à Cyrène et au Priée, ceux de Taposiris pourraient avoir une fonction religieuse. En tout cas, pendant les longues années d’utilisation, peut-être jusqu’à la fin de l’époque hellénique, voire au début de l’époque impériale, l’établissement s’est adapté en partie à l’évolution du thermalisme. Les principales transformations de l’édifice ont modifié les dispositifs du chauffage et d’aération de l’édifice, ainsi que la circulation intérieure en reliant les deux rotondes. Ces transformations ne touchent pas les cuves plates, qui pourtant disparaissent dans les bains d’Occident et de Grèce dès la fin du deuxième siècle av. Jésus-Christ.

Peu à peu se détache un modèle égyptien original jusqu’ici mal documenté malgré les nombreux édifices mis au jour dans la région. La durée de vie et l’état de conservation exceptionnel de cet établissement permettront de suivre l’évolution des pratiques et contribuent à faire de Taposiris Magna un jalon incontournable de l’histoire thermale de l’Egypte antique .

Gisèle Boulad

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A Maréa, c’est Byzance !

La mission archéologique polonaise opérant dans le gouvernorat d’Alexandrie, a découvertdes établissements de l’époque byzantine.

Durant les sept saisons de fouilles sur le site de Maréa, à 45 kilomètres au sud-ouest d’Alexandrie, s’étendait sur une superficie de près de 344 m, et à environ 360 m au sud-est du bord du lac Mariot, la mission archéologique polonaise a découvert des établissements byzantins renfermant un ensemble de bains publics avec une saqieh, une chapelle funéraire et une grande basilique.

« Ce bain byzantin est construit en briques cuites, et divisé pqr une paroi : la partie sud consacrée au public masculin tandis que la partie nord (plus petite) consacrée au public féminin, chacune de ses deux parties a une entrée indépendante », a expliqué Hanna Szymanska, directrice des fouilles de Maréa, durant la Conférence des bains collectifs en Egypte, qui s’est déroulée du 1er au 4 décembre à la Bibliothèque d’Alexandrie.

L’entrée destinée aux hommes se trouvait à l’ouest du bâtiment, menant directement à l’apodyterium (le vestiaire). Le coin nord-est de la salle comportait un labrum (lavabo), dont il ne reste aujourd’hui que le support de basalte posé sur un chapiteau de marbre d’une colonne ionique, qui est réutilisé dans cet édifice. L’eau chaude fournie au lavabo venait par un tuyau d’argile passant dans le mur nord de la salle relié à une chaudière fixée sur le four.

Du côté sud, l’on arrivait à une cave voûtée, bâtie en briques, parfaitement bien conservée, en passant par une vaste pièce de service, qui servait de dépôt de combustible et de matériel de toute sorte, ce dont témoignent trois niches servant à abriter les lampes pour le personnel de service.

De l’apodyterium (le vestiaire), on passait directement au tepidarium (salle de bains chauffée). L’on y a découvert des fragments de crépis peints portant de sublimes motifs végétaux aux couleurs vives. Le mur ouest était muni dans son épaisseur de tubes d’argile où circulait l’air chaud pour chauffer la pièce. Le tepidarium destiné aux bains chauds était équipé de trois bassins. Ils sont de formes très variées (semi-circulaire, rectangulaire et circulaire) et étaient munis de hauts gradins sur lesquels s’asseyaient les clients qui prenaient le bain.

Quant à l’entrée destinée aux femmes, elle se trouvait du côté est des bains et elle était précédée d’une cour comportant des colonnes de marbre. Cette superficie était plus petite que celle destinée au public masculin. A environ 4,75 m au nord de l’établissement de bains, un puits desservi par une saqieh a été mis au jour. Le puits même, de 5 m de profondeur et de forme rectangulaire, était construit en blocs de pierres et ses parois étaient renforcées au moyen d’entretoises horizontales. Dans la paroi nord du puits se trouvait un orifice rectangulaire constituant la bouche du canal qui conduisait à une citerne voûtée en briques. Le puits était situé dans la partie occidentale d’un cercle de blocs de pierres liés au mortier. La construction était renforcée par des contreforts de pierre. Dans la partie méridionale de celle-ci, au niveau de la bordure du puits, il subsiste un fond de bassin en briques cuites liées au mortier imperméable. Le bassin qui recevait l’eau du puits était renforcé dans sa partie méridionale par quelques couches de blocs de pierre .

Imane Fathallah

 

 




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